Bière pour apporter

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Le projet de loi 88 a fait des heureux à la microbrasserie Le Brouemont.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Outre les vignerons, l'adoption du projet de loi 88, jeudi, a également fait des heureux chez les producteurs de bière artisanale. En effet, la nouvelle législation permettra aux acheteurs de consommer ces produits en dehors des lieux de fabrication.

«Un projet de loi comme ça, c'est une très bonne nouvelle pour nous. Ça peut paraître banal, mais ça pourrait faire une grosse différence pour une entreprise comme la nôtre», a indiqué en entrevue Kathleen Dunnigan, de la microbrasserie Le Brouemont, à Bromont.

En fait, cette nouvelle règle favorise surtout les plus petits joueurs de l'industrie brassicole, car ceux dont les produits sont déjà distribués à plus large échelle, à la Société des alcools du Québec (SAQ) par exemple, ne sont pas concernés.

De son côté, Kathleen Dunnigan y voit une opportunité de développer un nouveau marché. «On le sait, les bières de microbrasseries sont en forte croissance au Québec, dans le reste du Canada et aux États-Unis. On va certainement pouvoir aller chercher une nouvelle clientèle d'amateurs avec cette loi.»

Pour l'instant toutefois, il n'est pas question d'accroître trop rapidement le volume de production. «On a déjà une quinzaine de bières en fût ici. On va attendre de voir si la demande augmente. Si c'est le cas, on a amplement la capacité de s'ajuster», a mentionné Kathleen Dunnigan.

Bémol

Jasen Gaouette, copropriétaire du IGA Gaouette de Granby, estime que Québec aurait pu être plus proactive en s'inspirant notamment de l'Ontario et de nos voisins du Sud, où l'on permet la vente de bière artisanale en fût en épicerie.

D'ailleurs, il avait lui-même fait cette recommandation dans le cadre de la commission sur le projet de loi 88, alors qu'il accompagnait les représentants de l'Association des détaillants alimentaires du Québec. «J'ai poussé pour que ça se fasse, mais c'était peut-être trop innovateur pour le gouvernement. Pourtant, ça permet d'offrir des produits spécifiques qui ne se retrouvent pas en bouteille parce qu'ils sont brassés en plus petite quantité, a clamé l'homme d'affaires. Mais ça fait partie des nombreux combats qu'on va continuer de mener.»

Les microdistilleries laissées de côté

Les microdistilleries d'ici espèrent depuis longtemps que Québec leur permette de vendre leurs produits sur les tablettes des supermarchés. Or, le projet de loi 88 ne leur donnera pas satisfaction.

Bien qu'il se réjouisse pour les gains des vignerons concernant la nouvelle législation entérinée jeudi, le député de Granby, François Bonnardel, estime que le ministre des Finances, Carlos Leitao, aurait pu faire preuve de plus d'ouverture envers les mircodistilleries. «Est-ce qu'on aurait pu aller plus loin avec le projet de loi? Je crois que oui. On parle de l'eldorado que sont les microbrasseries au Québec. Et c'est tant mieux!, a-t-il indiqué en entrevue à La Voix de l'Est. Mais il y a aussi les microdistilleries qui sont en plein essor ici et qui, je l'espère, pourront aussi vendre directement [aux épiciers] et s'ouvrir à l'international.»

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) s'est aussi dite «déçue» que les microdistilleries ne fassent pas partie du projet de loi. «Un nombre grandissant d'entreprises produisent des spiritueux de grande qualité qui mériteraient également d'être plus accessibles aux consommateurs québécois. Il pourrait donc être opportun de créer un groupe de travail afin de cibler les mesures réglementaires, législatives et budgétaires à mettre en place pour permettre à cette industrie de poursuivre son essor», a indiqué par voie de communiqué la vice-présidente de la FCEI, Martine Hébert.

De son côté, François Bonnardel n'a pas l'intention de baisser les bras. Il compte talonner les libéraux, a-t-il dit, pour que les joueurs québécois de cette «industrie en effervescence» aient de meilleures conditions pour rivaliser avec les ténors mondiaux dans leur créneau.

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