Projet de loi 70: la pétition du GASP déposée

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Nicolas Luppens, coordonnateur du GASP, François Bonnardel, député provincial de Granby et Carole Turcotte, coordonnatrice d'Alpha Haute-Yamaska.

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(Granby) Le député de Granby François Bonnardel a déposé jeudi matin à l'Assemblée nationale la pétition comptant 1296 noms du Groupe actions solutions pauvreté (GASP) visant le retrait du projet de loi 70 sur l'aide sociale.

Advenant l'adoption de ce projet de loi, les assistés sociaux qui refuseraient un emploi «convenable» ou qui manqueraient aux obligations du programme Objectif emploi recevraient des pénalités financières importantes.

Le 27 avril dernier, le Journal de Québec écrivait qu'«au premier manquement, une diminution de l'allocation additionnelle (serait) appliquée proportionnellement au nombre de jours manqués. En cas de récidive, à cela (s'ajouterait) une pénalité de 56 $, qui (augmenterait) à 112 $ au troisième manquement, puis à 224 $ au quatrième» sur la prestation de dernier recours.

Le GASP estime que ce projet de loi porte atteinte à l'article 45 de la Charte des droits et libertés du Québec sur le revenu décent et «discriminerait davantage les personnes plus marginalisées», affirme son coordonnateur Nicolas Luppens.

«Quand on sait que l'aide sociale est déjà insuffisante pour assurer ses besoins de base, cette mesure risque carrément de jeter les gens à la rue et d'augmenter le nombre d'itinérants. Une personne seule apte au travail reçoit présentement 623 $. Comment une personne pourra survivre avec un chèque de 399 $ par mois?», lance M. Luppens, dépité.

Nicolas Luppens est convaincu que cette «approche punitive n'aurait pas d'effets positifs sur les personnes fragilisées par la société» puisqu'ils pourraient devenir plus méfiants face au système gouvernemental.

De son côté, François Bonnardel indique que la CAQ est favorable à l'esprit de la loi, mais qu'il reste des détails à mettre au clair pour que son parti vote en faveur, notamment sur la définition du mot «convenable». «On doit absolument définir ce que veut dire un emploi "convenable" dans ce cas-ci, car ça me semble flou et ça peut être un point tournant lorsque la loi sera étudiée article par article», croit-il, ajoutant que ça peut devenir «du cas par cas» selon la situation de chaque individu.

Lorsque le projet de loi 70 a été présenté à l'automne 2015, une mesure forçait un prestataire à déménager pour accepter un emploi a fait grincer des dents plus d'un intervenant dans le milieu social. Elle a depuis été jetée aux oubliettes et le député de Granby estime que cet abandon est une bonne chose pour les prestataires.

François Bonnardel ne croit pas que ce projet de loi sera adopté d'ici la fin de la session parlementaire, à moins que le gouvernement Couillard fasse usage du bâillon.

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