«Ça fait longtemps que j'agite le drapeau rouge»

Selon le directeur général de l'aéroport Roland-Désourdy, Robert... (archives La Voix de l'Est)

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Selon le directeur général de l'aéroport Roland-Désourdy, Robert Blais, Hydro-Québec n'a pas tenu compte de ses nombreux signaux d'alarme.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Le directeur général de l'aéroport Roland-Désourdy, Robert Blais, est d'avis qu'Hydro-Québec a erré dans l'étude du dossier de la ligne à 120 kV de Bromont. Au point où, dit-il, la certification de l'aéroport par Transport Canada aurait pu être en péril.

Robert Blais affirme avoir tiré la sonnette d'alarme dès la première rencontre à l'hôtel de ville, en juin 2013, concernant le circuit choisi pour la nouvelle ligne d'alimentation. «Quand j'ai vu le tracé, j'ai constaté qu'il passe très près de l'aéroport. J'ai mentionné qu'il fallait s'assurer qu'il n'y ait pas d'impact sur la certification de l'aéroport et des approches [manoeuvres d'avions avant l'atterrissage]. Ça fait donc longtemps que j'agite le drapeau rouge. Mais Hydro-Québec n'a pas pris en compte mes signaux d'alerte», a-t-il clamé.

Selon M. Blais, des gens chez Transport Canada lui avaient suggéré de suivre de près le dossier, soulignant que des pylônes «pourraient percer la surface de limitation d'obstacles.» «C'est comme un bol inversé au-dessus de l'aéroport. Si tu ne respectes pas ça, tu peux avoir de sérieux problèmes. La certification peut être en jeu. C'en est venu jusqu'à ça», a-t-il indiqué, précisant que Transport Canada a récemment donné une «exemption temporaire» à l'aéroport, le temps de statuer dans le dossier. Entre autres en ce qui concerne les balises lumineuses installées sur les pylônes par Hydro-Québec. Huit d'entre eux seraient dans l'axe d'approche de la piste 23.

«Tempête dans un verre d'eau»

En septembre 2013, craignant qu'Hydro-Québec ne pousse pas l'analyse du dossier assez loin, le dg de l'aéroport a entrepris des démarches de son côté. Des membres d'une firme spécialisée dans l'industrie aéronautique, rencontrés lors d'un congrès, lui ont notamment proposé de «numériser une série de données dans un système servant à l'urbanisme pour évaluer les obstacles potentiels pour l'aéroport». L'idée a été bien reçue par la Ville, a mentionné M. Blais. «Mais les gens d'Hydro-Québec ont dit à la municipalité de ne pas payer pour ça parce qu'ils allaient faire ces analyses et leur donner les résultats. On n'a jamais eu ces données», a-t-il renchéri.

M. Blais affirme être revenu à la charge à de nombreuses reprises auprès de la société d'État, réclamant davantage de transparence au sujet des répercussions de la ligne d'alimentation sur les activités de l'aéroport. «Toutes les fois, les gens d'Hydro-Québec me disaient que je faisais une tempête dans un verre d'eau. Je n'étais clairement pas pris au sérieux.»

En mai 2015, une étude réalisée par la firme SIGNAV (services d'information géographique au service de la navigation aérienne), spécialisée dans l'«analyse d'impacts de l'implantation de nouveaux obstacles sur les procédures d'approche existantes ou futures» a confirmé les craintes de Robert Blais: des pylônes pénètrent dans cette zone critique, a-t-il soutenu.

Balisage

Selon Robert Blais, Hydro-Québec n'était pas au fait des règles de balisage. «Quand tu ériges un obstacle très haut près d'un aéroport, ce n'est pas six mois après que tu installes une lumière au sommet. Dans le cas d'Hydro-Québec, j'ai dû aviser Transport Canada qu'il y en avait environ six de montés [dans cette zone] et aucun n'était éclairé. Comme directeur d'aéroport, c'était mon devoir de le faire. J'ai finalement appris qu'ils [HQ] pensaient qu'ils avaient près de 18 mois pour installer des balises», a-t-il mentionné.

La société d'État a donc installé des panneaux solaires temporaires au sol pour alimenter ces équipements lumineux. «Selon moi, Hydro-Québec a l'impression que ses [effectifs] sont plus expérimentés qu'ils le sont en réalité avec la réglementation [aérienne], qui est très technique et pointue, a fait valoir M. Blais. Je crois qu'ils auraient intérêt, à l'avenir, à s'associer avec des spécialistes en aviation pour éviter que des situations problématiques comme on vit ici surviennent à nouveau.»

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