Une sexagénaire sauvée in extremis

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Un violent incendie a détruit vendredi une maison de l'avenue du Lac Est à Roxton Pond.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Roxton Pond) La hardiesse de deux hommes a permis vendredi de secourir une femme âgée de sa maison en flammes à Roxton Pond.

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Jeannine Lamontagne se trouvait dans son logement au sous-sol lorsque l'incendie s'est déclaré. Elle a reçu des soins et du réconfort de voisins, d'automobilistes et des premiers répondants. 

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Roxton Pond

Alain Plourde et William Châtelain ont fait preuve d'un grand sang-froid en entrant dans la maison en feu pour en ressortir avec Jeannine Lamontagne, une sexagénaire se déplaçant à l'aide d'une marchette. Confuse, cette dernière ignorait qu'un incendie consumait sa maison.

M. Plourde revenait du dépanneur au village lorsqu'il a vu des flammes qui enveloppaient la maison de l'avenue du lac Est. «Tout le devant de la maison brûlait. De grosses flammes. J'ai tout de suite appelé le 911», raconte l'homme qui habite un peu plus loin. «Ça brûlait pas mal.»

C'est alors que M. Châtelain est arrivé. Le jeune homme de 19 ans a vu les flammes de la terrasse de la maison familiale. «Je pensais qu'ils brûlaient des déchets. Mais il y avait tellement de fumée que j'ai regardé de plus près. La maison était en feu», a-t-il expliqué en entrevue à La Voix de l'Est. Il a demandé à ses parents d'appeler les pompiers alors qu'il se précipitait vers le lieu du sinistre.

Les deux hommes ont convenu de s'assurer que personne ne se trouvait à l'intérieur de la maison. Ils ont fait le tour remarquant au passage un réservoir de propane sur le côté du plain pied. Ils ont gravi les quelques escaliers menant à la galerie derrière la maison et ont regardé à l'intérieur. «C'était difficile de voir parce qu'il y avait tellement de fumée. C'était noir», a dit M. Plourde. La porte était verrouillée.

Ils sont ensuite descendus au niveau de la porte-fenêtre du sous-sol. En regardant à l'intérieur, ils ont aperçu Mme Lamontagne. «Elle était sur son sofa. Elle semblait confuse. On a cogné dans la vitre et elle nous a vus. Elle est venue ouvrir la porte-patio; elle marchait très lentement avec sa marchette. Quand on a ouvert la porte-patio, elle nous a demandé ce qu'il y avait. On l'a aidée à sortir», se souvient M. Châtelain.

Le jeune homme est retourné dans le sous-sol à la recherche des escaliers menant au rez-de-chaussée pour s'assurer qu'aucun autre occupant ne se trouvait dans la maison. Mais la fumée envahissait déjà toute la cage d'escalier lorsqu'il a ouvert la porte y menant. «Ça aurait été stupide pour moi de monter. Je ne pouvais rien faire d'autre», a-t-il indiqué. Il a quand même pu récupérer le fauteuil roulant de la femme en sortant.

Soins et réconfort

Le duo a aidé Mme Lamontagne à traverser le petit bois menant au terrain des voisins. Là, assise dans son fauteuil roulant, elle a reçu des soins et du réconfort de voisins et d'automobilistes qui s'étaient arrêtés, dont Audrey Roy et Roger Laforest. «Elle est sous le choc», a dit la jeune femme. «Une chance qu'ils ont eu le temps de la sortir de là», a renchéri M. Laforest. «Ils lui ont sauvé la vie.»

Les premiers répondants du service des incendies de Roxton Pond - Sainte-Cécile-de-Milton se sont ensuite occupés de la femme. Elle a été transportée à l'hôpital de Granby par mesure de précaution.

Les pompiers de Roxton Pond et de Sainte-Cécile-de-Milton ont reçu l'aide de leurs collègues de Granby et de Shefford pour venir à bout des flammes.

Au moment du passage de La Voix de l'Est, la cause de l'incendie demeurait inconnue.

«Je devais y aller. Pour voir ce que... (Janick Marois, La Voix de l'Est) - image 2.0

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«Je devais y aller. Pour voir ce que je pouvais faire», affirme William Châtelain.

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«L'adrénaline est au fond»

Alain Plourde s'attendait à passer une petite journée tranquille à s'occuper de sa grande propriété alors que William Châtelain se préparait en vue de son examen de mécanique automobile en début d'après-midi au Centre régional intégré de formation de Granby. En apercevant les flammes, les deux ont écouté leur instinct et plongé dans l'action.

«Dans une situation comme ça, c'est sûr que l'adrénaline est dans le fond. Tu n'as pas vraiment le temps de penser; tu fonces», illustre M. Plourde.

«Je devais y aller. Pour voir ce que je pouvais faire», explique de son côté M. Châtelain d'un ton calme.

Aucun des deux hommes ne se considère comme un héros. «Pas du tout. J'étais là. Il fallait que je fasse quelque chose, que j'aide, que je fasse de mon mieux», souligne M. Plourde. «Je ne suis pas un héros», soutient aussi M. Châtelain.

Une fois Mme Lamontagne en lieu sûr, les deux hommes ont quitté les lieux du sinistre. «Il fallait que je décompresse. J'ai passé le fouet (taille-bordure). Ensuite j'ai tondu mon gazon», raconte Alain Plourde.

Pour le jeune Châtelain, le retour à un rythme normal s'est fait dans une salle de classe. Et malgré les sensations fortes vécues deux heures plus tôt, l'examen s'est bien passé, assure le futur mécanicien.

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