Palais de justice: les juges s'opposent au déplacement de la sécurité

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Le bureau de la sécurité au palais de justice de Granby.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) La décision de déplacer hors de vue le bureau de la sécurité au palais de justice de Granby a été prise sans l'aval de la magistrature, qui tente maintenant de la faire annuler.

«On n'était pas d'accord avec cette idée-là, affirme Conrad Chapdelaine, juge coordonnateur à la Cour du Québec pour les districts judiciaires de la région de l'Estrie. C'est une très simple question de sécurité.»

La Voix de l'Est révélait mardi que le déménagement du bureau des responsables de la sécurité du palais - appelés constables spéciaux - du rez-de-chaussée au fond d'un couloir au 1er étage soulevait plusieurs inquiétudes. Le Barreau de Bedford et le député de Granby se sont prononcés contre cette mesure qui, estiment-ils, est dangereuse.

Depuis cette modification en début d'année, au coût de 89 605$, un vol d'ordinateur et au moins une querelle avec menaces ont eu lieu près des entrées.

Joint à son bureau, le juge Chapdelaine ne décolère pas. «Avec un agent à l'entrée du palais, ça permet un premier tamisage des situations qui pourraient mettre en cause la sécurité, dit-il. Il y a beaucoup de circulation dans ce palais, pour toutes sortes de questions, toutes sortes de problèmes. Et le nouveau bureau des agents de sécurité, on ne sait pas où il est.»

À Montréal et à Sherbrooke, des responsables de la sécurité sont postés en permanence près des entrées, fait-il remarquer, comme c'était le cas avant à Granby.

Particularité

Dans la ville du zoo, le palais de justice n'est situé qu'au 1er et 2e étage de l'édifice Roger-Paré, rue Principale. Le rez-de-chaussée abrite des bureaux gouvernementaux comme Emploi-Québec. Les constables spéciaux, qui sont rémunérés par la Sécurité publique, sont donc davantage appelés à patrouiller aux étages. Les juge ont demandé à ce que leur présence se fasse aussi sentir au rez-de-chaussée.

«Il n'y a pas uniquement à l'intérieur des salles d'audience où il y a nécessité de sécurité, ou aux étages, dit M. Chapdelaine. En bout de ligne, la personne qui paie et qui doit être protégée, c'est le citoyen. Faudrait toujours se rappeler de ça.»

Le juge coordonnateur dit faire pression pour qu'on revoie cette décision. Du côté de la Sécurité publique, on explique que l'ancien local était devenu désuet et que le rôle des constables spéciaux «n'est pas statique, derrière un bureau».

Un agent d'information pourrait à tout le moins prendre la place du local désormais vacant au rez-de-chaussée, soutient Conrad Chapdelaine. «Qu'il y ait une personne dédiée, appelons ça un poste d'accueil, qui permet le dépistage de gens qui entrent dans le palais et qui peuvent paraître dangereux. Le gros du flot à cet édifice-là, ce sont les activités judiciaires.»

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