Défaut de paiement de 400 000$ pour la SACS

«Je ne blâme pas M. Messier pour [les... (Archives La Voix de l'Est)

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«Je ne blâme pas M. Messier pour [les démarches légales]. Il a posé le geste correct pour un homme d'affaires de sa qualité», a indiqué le président de la SACS, Marcel Bundock.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) La relation d'affaires entre la Société d'agriculture du comté de Shefford (SACS), l'organisation qui gère les infrastructures du site où doivent se dérouler les Jeux équestres mondiaux, et le promoteur Denis Messier s'est récemment dégradée. Au point où le créancier exige que la SACS rembourse la totalité du prêt de 400 000$ qu'il lui a consenti pour l'achat de trois terrains.

Au cours des six dernières années, la SACS a contracté des hypothèques totalisant plus de 2,5 M$, rapportait La Voix de l'Est en mars. Celles-ci concernent le terrain et les infrastructures du site équestre olympique, sis au 450, chemin de Gaspé à Bromont, ainsi que trois autres lots en bordure du chemin du lac Gale. Pour acquérir ces terrains, l'organisme sans but lucratif (OSBL) a emprunté 400 000$, le8 février. Le créancier est Habitations d'Angoulème, présidé par Denis Messier. Or, la SACS n'aurait pas respecté les obligations stipulées dans le contrat de prêt ratifié par les deux parties, notamment le paiement d'intérêts.

M. Messier a donc entamé des recours légaux pour recouvrer l'ensemble du capital. «Ils [la SACS] ont beau me chanter les chansons qu'ils veulent, je veux mon argent, point !», a lancé en entrevue l'homme d'affaires. Un huissier a été mandaté, lundi, de signifier à l'organisation qu'elle a 60 jours pour acquitter la totalité de sa dette, a indiqué M. Messier. «Si je ne suis pas remboursé [dans ce délai], je vais saisir les terrains et tout ce qu'il y a dans la société», a-t-il fait valoir.

Trop cher ?

Le président de la SACS, Marcel Bundock, a mentionné en entrevue que les trois lots serviront à l'entraînement équestre. L'un d'eux (4 377 856) appartenait à deux particuliers, qui avaient acheté le terrain quelques années auparavant à l'entreprise immobilière 9152-2318, dont Roger Deslauriers est le principal actionnaire. La transaction a été conclue pour 165 000$, alors que l'évaluation municipale du terrain était de 120 000$. La SACS a donné un acompte de 120 000$. Selon l'acte de vente, l'OSBL a jusqu'au 1er juillet pour acquitter la balance de la somme. Au moment de l'entente, M. Deslauriers était également administrateur à la SACS. Son mandat aurait pris fin le 11 mai. L'organisation ne l'aurait pas renouvelé «pour éviter tout conflit d'intérêts» de sa part, a mentionné M. Bundock.

Les deux autres terrains (lots 4 377 857 et 4 998 783) ont été vendus à la SACS par la compagnie à numéro de M. Deslauriers pour 320 000$. Leur «valeur marchande» globale a été estimée à 244 700$, selon le rôle foncier. Un montant de 230 000$ a été avancé lors de la transaction, le 19 février. La somme restante doit également être remboursée d'ici le 1er juillet.

Selon Denis Messier, le prix déboursé pour ces terrains est beaucoup trop élevé. «Le terrain de 165 000$ qui appartenait à des particuliers, ça faisait des mois qu'il était sur le marché [au prix que la SACS a payé]. Normalement, quand ça fait aussi longtemps que c'est à vendre, tu négocies un peu, a déploré le promoteur. (...) À Bromont, les terrains se vendent habituellement à l'évaluation municipale ou même en bas. Comme par hasard, ceux-là ont pris de la valeur.»

Des propos que réfute le président de la SACS. «On a payé le prix normal (...) Quand un vendeur a un morceau de terrain qui peut valoir sept dollars (du pied carré) normalement, mais qu'il est stratégique, il peut se vendre neuf dollars», a-t-il indiqué. Afin de payer la juste valeur marchande pour ces lots, la SACS a fait appel à la firme d'évaluateurs agréés Sylvestre Leblond&Associés, «avec laquelle M. Deslauriers ne travaille pas», a souligné M. Bundock.

Tensions

Denis Messier connaît de longue date Marcel Bundock et Roger Deslauriers. Le président d'Habitations d'Angoulème a néanmoins souligné les relations d'affaires difficiles avec M. Deslauriers. «Roger, je l'ai dépanné bien des fois depuis des années. Il me doit même 70 000$ pour un prêt et il ne me rembourse pas. C'est un gars qui a toujours de bonnes excuses. C'est toujours de la faute des autres. Je suis très patient, mais là, j'en ai mon truck», a-t-il imagé. «Marcel [Bundock] vient de s'apercevoir que Deslauriers l'a embarqué dans tout un bateau», a-t-il renchéri.

De son côté, Roger Deslauriers rejette du revers de la main les propos de M. Messier. «Tout est en bonne et due forme [avec le prêt personnel]. Les intérêts sont payés à date», a-t-il clamé.

En ce qui concerne le défaut de paiement des intérêts sur le prêt de 400 000$, M. Bundock fait son mea culpa. «On s'attendait d'avoir de l'argent. Les fonds n'ont pas été débloqués comme on s'attendait. (...) Je ne blâme pas M. Messier pour [les démarches légales]. Il a posé le geste correct pour un homme d'affaires de sa qualité.»

M. Bundock a également concédé que Roger Deslauriers n'est pas un gestionnaire de premier plan. «Moi, je n'ai pas de problème avec M. Deslauriers parce qu'on n'a jamais eu de transaction ensemble. Je connais beaucoup de gens qui ont eu des transactions [avec lui] et qui n'ont peut-être pas eu satisfaction. Mais ça, ce n'est pas mon problème.»

«Je n'ai jamais eu de problème avec mes affaires», a commenté Roger Deslauriers au sujet de ses qualités de gestionnaire.

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