Auberge Sous Mon Toit: au-delà de l'hébergement

Manuella Tremblay et Kim Doré font partie de... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Manuella Tremblay et Kim Doré font partie de l'équipe clinique de l'Auberge Sous Mon Toit, qui vise une réinsertion sociale adaptée pour les hommes de 18 à 35 ans.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Ressource unique à Granby, l'Auberge Sous Mon Toit offre bien plus que l'hébergement et trois repas par jour aux hommes de 18 à 35 ans. Ses services de relation d'aide ont pour objectif une réinsertion sociale adaptée à chacun. L'institution organisait une journée porte ouverte, mardi.

«C'est la première fois que je vois autant de filles sur l'étage!» lance un résident, alors qu'un groupe d'intervenantes sociales et autres actrices du milieu sillonnent les corridors de l'Auberge Sous Mon Toit (ASMT). Ils sont une centaine comme Alexandre à passer ici chaque année. Âgés de 30 ans en moyenne, ces hommes qui vivent des difficultés de tout acabit trouvent à l'ASMT l'écoute et les outils nécessaires pour réintégrer le marché du travail. Une équipe d'intervenants cliniques, certains spécialisés en toxicomanie, d'autres en criminologie, les soutient dans leurs démarches.

L'Auberge Sous Mon Toit se distingue des autres ressources à Granby puisque ses services comprennent l'élaboration d'un plan d'intégration personnalisé à chaque résident. «Une semaine après son arrivée, il s'assoit avec une intervenante pour déterminer la ligne directrice de son séjour. On lui demande ce qu'il a le goût de réaliser à l'Auberge, ce qu'il veut apporter comme changements et ce qu'il est prêt à faire aussi», explique Kim Doré, intervenante clinique.

Pour Alexandre, qui s'apprête à partir après un séjour de deux semaines, ça a déjà fait une différence. «C'est chaleureux, c'est accueillant, c'est comme une famille», dit-il. Lorsqu'il a obtenu sa libération conditionnelle du pénitencier de Drummondville, l'homme a dû trouver une maison de transition pour l'accueillir avant son transfert à Québec. Le plan d'intégration conçu pour lui aura été bénéfique. «Je garde mon temps libre structuré», dit-il, précisant qu'auparavant, il avait du mal à départager loisirs et responsabilités.

Les services d'hébergement de l'établissement sont ouverts 7 jours sur 7, ce qui signifie qu'un homme peut téléphoner ou se présenter sur place et obtenir une chambre pour la nuit. «À moins qu'il n'y ait plus de lits vacants», précise la superviseure clinique de l'établissement, Manuella Tremblay. C'est que le contrat de l'Auberge prévoit un nombre précis de lits pour les résidents non judiciarisés. Ces lits ne peuvent être occupés par les résidents judiciarisés (NDLR: relevant du ministère de la Sécurité publique ou du Service correctionnel du Canada), et vice-versa. Dotée de 20 chambres individuelles, l'Auberge doit alors référer ces personnes à une autre ressource.

«Les ressources manquent à Granby», soutient Manuella Tremblay. Elle en nomme trois: Le Passant, la Maison Arc-En-Ciel et Le Joins-Toi.

Ceux qui parviennent à réserver leur place à l'Auberge Sous Mon Toit peuvent y rester jusqu'à un an, maximum. «C'est sûr que c'est un milieu facilitant», prévient Kim Doré. «C'est moins cher qu'un logement, ils n'ont pas à prévoir faire l'épicerie ou aller à la buanderie.» Pour éviter qu'un résident mûr ne prenne la place d'autres hommes dans le besoin, l'équipe clinique se réunit toutes les semaines et évalue la situation de chacun.

L'accompagnement à la recherche d'emploi et au retour aux études fait partie des services offerts. Pour y avoir droit, les résidents doivent respecter le code de vie de l'établissement, par exemple en participant aux ateliers obligatoires et en exécutant des tâches ménagères. Un système de points a également été mis en place. «Un résident qui ne fait pas ses tâches pendant huit semaines, par exemple, va perdre des points. Mais s'il se reprend en main et qu'il les fait pendant deux semaines consécutives, il va regagner des points. Ils se valorisent là-dedans», fait remarquer Kim Doré.

Le directeur général de l'ASMT, Derek Tremblay, appuie son taux de réussite de 99,9% sur ces petites victoires. «On a déjà eu un gars qui a été 10 ans dans la rue, raconte-t-il. Son objectif à lui, c'était juste de dormir sur un matelas.»

Pour en connaître davantage sur la ressource, visitez le www.aubergesousmontoit.com

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