Un match de dek hockey pour contrer l'homophobie

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Pour souligner la Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie, l'organisme Divers-Gens a organisé un match amical de dek hockey entre des joueurs des Titans de l'école secondaire du Verbe Divin et des Inouk du Cégep de Granby.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Il y a les garçons, il y a les filles, et tout ce qu'il y a entre les deux. Et puis il y a l'amour, qui n'a ni sexe, ni âge, ni frontières. Pour souligner la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, Divers-Gens, un organisme sans but lucratif et un réseau d'entraide pour les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres (LGBT) de la Haute-Yamaska, a organisé un match amical de dek hockey entre des joueurs des Titans de l'école secondaire du Verbe Divin et des Inouk du Cégep de Granby.

Divers-Gens a profité de l'activité pour poursuivre sa... (Janick Marois, La Voix de l'Est) - image 1.0

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Divers-Gens a profité de l'activité pour poursuivre sa distribution de bracelets aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole par excellence de la communauté LGBT. 

Janick Marois, La Voix de l'Est

Selon la coordonnatrice Catherine Masse, le milieu du sport en est un où l'homophobie persiste, malgré l'ouverture des esprits. C'est pourquoi l'activité revêtait un caractère hautement symbolique. «C'est un milieu encore très masculin, qui ne laisse pas encore de place à l'homosexualité. À l'inverse, une fille qui performe dans certaines disciplines peut se faire traiter de lesbienne. On touche à des notions d'hétérosexisme: il y a les choses pour les gars, les choses pour les filles, et ce qu'il y a entre les deux n'existe pas», déplore l'intervenante.

«Chez Divers-Gens, on croit que tout le monde a le droit d'aimer qui il veut sans égard à son orientation, son identité ou son expression sexuelle», ajoute-t-elle.

Mieux connaître pour comprendre

Heureusement, l'homosexualité et la notion de transidentité, c'est-à-dire quand un individu ne s'associe pas à son sexe de naissance, sont de plus en plus acceptées par la population en général comme étant des réalités courantes, et ce, en grande partie grâce à la médiatisation de cas vécus. «Plus on en parle, plus on veut en parler et plus ça semble normal, dit Mme Masse. Et puis, dans le cas des transgenres, par exemple, il y a des personnalités comme Michelle Blanc et Marie-Marcelle Godbout qui ont aidé à faire connaître cette réalité-là. Ça fait en sorte que de plus en plus de parents sont sensibilisés. Ça se passe tellement mieux quand l'enfant est entouré d'amour.»

C'est aussi ce que croit Jean-Sébastien Sauvé, doctorant spécialisé dans le droit des personnes trans, et chargé de cours à la faculté de droit de l'Université de Montréal. «Je pense que plus on en parle, plus c'est accepté, constate-t-il. Les médias diffusent de plus en plus de cas, et ce sont de belles victoires qui sont présentées dans bon nombre de cas. Pour quelqu'un de transgenre qui voit ça, c'est plus encourageant d'entreprendre des démarches en sachant qu'il n'est pas seul dans son cas.»

Le pouvoir des mots

Au-delà de la démystification et de la sensibilisation aux diverses orientations et identités sexuelles, il y a beaucoup de travail à faire sur le terrain pour faire prendre conscience aux gens du poids des mots qu'ils choisissent pour s'exprimer, note-t-on.

«Une gang de gars ensemble qui se traitent de "fifs", pour eux c'est drôle, mais ils ne réalisent pas que c'est un terme qui est offensant pour les homosexuels, illustre Mme Masse. Jamais ils ne penseraient traiter un homosexuel de fif, mais le jeune à côté qui se questionne et qui entend ça, ça lui enlève peut-être le goût de s'ouvrir...»

«Le sens de ces mots-là n'est pas nécessairement le même qu'avant. Mais il y a toujours un lien entre la faiblesse de quelqu'un et le mot qu'on choisit, et ça peut faire mal. Il ne faut pas utiliser une différence pour discriminer ou pour diminuer quelqu'un d'autre», poursuit-elle.

Jean-Sébastien Sauvé estime pour sa part que l'éducation a un grand rôle à jouer dans le choix des mots. «Il y a encore beaucoup de commentaires grossiers à l'endroit des personnes gaies ou trans, particulièrement sur les médias sociaux. Ça montre qu'il demeure une certaine mécompréhension du phénomène. Il y a encore beaucoup de travail à faire pour l'acceptation, mais on s'en va dans la bonne direction», croit-il.

Divers-Gens a profité de l'activité pour poursuivre sa distribution de bracelets aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT. Depuis le 4 mai, l'organisme en a remis plus de 1500 à des gens de Granby et de la région.

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