Factures de 10 000$: des Granbyens en colère se font entendre

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Séance du conseil municipal houleuse lundi soir à Granby. Une cinquantaine de citoyens de la rue Saint-Hubert ont exprimé leur colère d'avoir une facture moyenne de 10 000$ chacun à assumer pour la réfection de leur rue et l'aménagement d'une piste multifonctionnelle. Et, contre toute attente, ils ont réussi à faire reculer les élus.

Ces derniers ont pris cette décision après avoir ajourné la séance durant une quinzaine de minutes - situation plutôt rare - avant qu'un point à l'ordre du jour traitant du projet de la rue Saint-Hubert soit abordé.

«C'est bien évident que vous vous êtes fait entendre. Le projet est annulé pour 2016 et il sera réévalué pour 2017», a laissé tomber le maire Pascal Bonin au retour des élus dans la salle du conseil, bondée de citoyens. Les propos du maire ont été accueillis par des applaudissements enthousiastes.

Mais l'humeur des citoyens n'était pas la même au début de la séance du conseil. Ils ont accaparé la première période de questions, l'étirant même durant 45 minutes. Les réactions étaient très virulentes, voire agressives par moment.

«On n'en veut pas»

Les résidants n'ont appris par lettre qu'à la fin de la semaine dernière qu'ils devaient participer financièrement aux travaux de réfection d'une portion de la rue Saint-Hubert, soit celle s'étendant du boulevard David-Bouchard à l'école Joseph-Poitevin. En plus de les convier à une rencontre d'information ce jeudi sur les travaux, la Ville a acheminé aux résidants la facture approximative que chacun aurait à assumer. Une façon plutôt cavalière de procéder, ont fait remarquer les citoyens, d'autant plus que le règlement d'emprunt du projet, dont les coûts totaux sont estimés à 3,3 millions$, devait être adopté lundi soir.

Le maire Bonin a reconnu avoir commis une erreur. La séance de consultation aurait dû être tenue avant l'adoption du règlement d'emprunt. Selon lui, la part du projet assumée par les citoyens était par ailleurs, à l'origine, plus élevée. Selon le dernier scénario retenu, les citoyens assumaient 18% de la facture globale. Dans le détail, la Ville acquittait la totalité des coûts de voirie, mais les riverains payaient une part de la canalisation des fossés, de même que de l'ajout d'une piste multifonctionnelle, semblable à celle aménagée rue Drummond, près de la rue de l'Estrie.

Mais pourquoi les citoyens de la rue Saint-Hubert devraient-ils payer pour un lien cyclable qui sera utilisé par l'ensemble des résidants de la Ville? , ont toutefois dénoncé les citoyens. «On n'en veut pas», ont crié plusieurs sans prendre la peine de se lever pour s'exprimer au micro. «On est pognés à la gorge», a renchéri un autre. Une citoyenne a même affirmé qu'elle songeait à installer un poste de péage pour faire payer les usagers de la piste, tandis qu'une autre s'est dite prête à envisager un recours collectif.

Fossés fermés

Les travaux de canalisation des fossés pour l'égout pluvial prévus dans le projet n'ont pas davantage fait l'unanimité. La majorité des fossés ont été «fermés» et il n'y a eu de refoulements nulle part, a fait remarquer une résidante de la rue Saint-Hubert, Jocelyne Ménard. Celle-ci a passé plusieurs heures au cours des derniers jours à faire circuler une pétition qui a été remise aux élus.

Le conseiller municipal du district, Stéphane Giard, s'est senti interpellé. «Lorsque j'ai fait mon porte-à-porte (en campagne électorale), plusieurs personnes m'ont parlé d'un projet de piste cyclable. Mais je ne connaissais pas les coûts. Quand je les ai vus, j'ai été abasourdi. Je vous ai défendus là-dessus», a-t-il affirmé.

Au terme de la séance du conseil municipal, plusieurs citoyens ont à nouveau pris la parole pour manifester leur désir d'être consultés. Oui, a convenu le maire. Mais les détails financiers d'un tel projet ne sont jamais connus un an d'avance, a-t-il prévenu.

«À moment donné, il faut savoir mettre les freins», a commenté Pascal Bonin aux médias en fin de soirée. Mais la situation n'était pas exceptionnelle, dit-il. Les résidants d'autres rues ont aussi eu à assumer une partie de la facture pour certains travaux par le passé. La rue Saint-Hubert restera donc cette année dans le même état qu'elle est actuellement, soit cahoteuse. La Ville se retrouve avec une somme inutilisée de 3,3 millions$ en 2016. Sera-t-elle allouée à d'autres projets? Ce n'est pas impossible, a dit le maire.

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