Palais de justice: le déménagement du bureau des constables inquiète

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Ce qui reste de l'ancien local des constables spéciaux au rez-de-chaussée du palais de justice de Granby.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Le déménagement du bureau des constables spéciaux au palais de justice de Granby, du rez-de-chaussée au fond d'un couloir au 1er étage, est maintenant chose faite. Mais les inquiétudes persistent au sujet de la sécurité. Les avocats, des employés et le député de Granby dénoncent cette décision qu'ils jugent malavisée et dangereuse.

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La nouvelle bâtonnière du Barreau de Bedford, Me Vanessa Gravel.

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«C'est complètement ridicule de ne pas avoir un constable qui assure une vigie constante et qui peut voir les entrées et sorties au palais de justice», affirme le député François Bonnardel.

Une personne mal intentionnée peut maintenant facilement entrer et sortir du bâtiment gouvernemental, dit le caquiste. «Si le constable est au 1er ou au 2e étage à ce moment-là, je ne veux pas penser à ce qui pourrait arriver.»

Vol et menaces

Or, depuis le déplacement du local, en début d'année, le rez-de-chaussée de l'édifice Roger-Paré a été le théâtre d'un vol d'ordinateur au Centre d'emploi et d'au moins une querelle avec menaces, a appris La Voix de l'Est. Les juges ont d'ailleurs exigé que les responsables de la sécurité patrouillent à cet endroit lorsque c'est possible.

«Je suis persuadé que quand on entre au palais de justice de Montréal, on voit tout de suite un agent de sécurité», dit M. Bonnardel. Celui de Granby est plus petit, «mais il y a des procès tous les jours quand même, des présumés criminels, des gens qui ont malheureusement des casiers qui sont parfois lourds, d'autres qui peuvent être affectés en santé mentale, etc.»

«C'est la logique même d'avoir un constable qui peut minimalement se sortir la tête et vérifier les allées et venues, ajoute le député. C'est au rez-de-chaussée que ça se passe. Et c'est sympathique, utilitaire, d'entrer et de voir un constable spécial. Un palais de justice, on ne va pas là tous les jours.»

Sous le couvert de l'anonymat, plusieurs employés de l'édifice disent aussi être préoccupés par cette situation. Le local de la sécurité au rez-de-chaussée, qui servait aussi de poste de contrôle et d'information, était jadis bien visible et occupé en quasi-permanence.

Repère tranquille

Le Barreau de Bedford est aussi mécontent de cette décision. «C'est un enjeu de sécurité», dit la nouvelle bâtonnière, Me Vanessa Gravel. Le Barreau avait exprimé le même avis lorsque le projet de déménagement avait été connu, en 2014.

«Au palais de justice, il peut se passer toutes sortes de choses, dit Me Gravel. Il y a des procès criminels et civils. On voulait un constable spécial qui soit là tout le temps durant les heures d'ouverture, et la magistrature aussi. C'est important de les avoir proches des portes d'entrée. Dans les autres palais de justice, comme à Montréal, on renforce la sécurité. Je m'explique mal cette décision.»

L'agent au rez-de-chaussée servait aussi de repère pour les victimes qui venaient témoigner contre leurs agresseurs, ainsi que pour les juges et avocats qui peuvent être interpellés, rappelle la bâtonnière.

François Bonnardel souligne que «la Sécurité publique est restée bornée à une idée administrative qui n'est pas au bénéfice de la sécurité de tous les citoyens qui pénètrent dans le palais de justice».

«C'est une décision absurde du gouvernement.»

Le local était «désuet et mal adapté», dit la Sécurité publique

Le rôle d'un constable spécial n'est pas «statique, derrière un bureau» et les agents doivent se déplacer sur l'ensemble des étages et non rester au rez-de-chaussée, explique-t-on au ministère de la Sécurité publique. Le palais de justice est situé au 1er et au 2e étage seulement.

«C'est notamment en demeurant à l'écoute, disponibles, visibles et vigilants que les constables spéciaux peuvent exercer pleinement leur rôle de prévention et intervenir au besoin, comme l'exige leur rôle d'agent de la paix», indique la relationniste Louise Quintin.

L'ancien local était «désuet et mal adapté», dit-elle. Le nouveau bureau est «plus spacieux» et répond davantage aux besoins du Ministère et «à ses préoccupations de sécurité». Le déménagement a coûté 89 605$.

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