Coup de frein dans les dépenses des villes

La municipalité prévoit tellement de projets dont ceux... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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La municipalité prévoit tellement de projets dont ceux de voirie, d'aqueduc et d'égout ces prochaines années qu'elle ouvre 28 postes permanents au Service de l'ingénierie.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Après plusieurs années de fortes augmentations de dépenses, les municipalités du Québec semblent être finalement parvenues à rattacher les cordons de leur bourse. D'après le dernier Palmarès des municipalités du Québec, leurs dépenses n'ont crû que de 0,9 % en 2014, «un résultat surprenant considérant celui des années précédentes».

De 2010 à 2013, en effet, ce même palmarès avait trouvé que les villes et villages de la Belle Province accroissaient très rapidement leurs dépenses, au rythme moyen de 6 % par année - soit deux fois plus vite que les dépenses du gouvernement provincial, et trois fois plus vite que l'inflation.

C'est l'équipe de Robert Gagné, professeur aux Hautes études commerciales et directeur du Centre sur la productivité et la prospérité, qui publie chaque année ce palmarès à partir de données que les municipalités elles-mêmes envoient au ministère des Affaires municipales. Et la dernière mouture, dont les journaux du Groupe Capitales Médias et La Presse ont obtenu copie, montre que les villes ont clairement donné un coup de frein dans leurs dépenses, ramenant leur croissance (0,9 %) sous l'inflation de 1,9 %, mais toujours au-dessus du provincial (0,2 %).

M. Gagné voit dans ce ralentissement un effet, entre autres choses, de la transparence accrue qu'a amenée la publication de son palmarès.

Prise de conscience

«Je pense qu'il y a eu une prise de conscience, dit-il. Pendant longtemps, les municipalités ont été un niveau de gouvernement dont on s'occupait moins parce que ça ne coûtait pas très cher. Mais là, on commence à trouver que oui, ça coûte plus cher. Et ce n'est certainement pas juste un effet de notre palmarès, mais il reste que cet exercice-là ne se faisait pas, avant. Les données existaient, mais elles n'étaient pas faciles d'accès ou à consulter. On les a rendues accessibles. Et il y a des maires qui se sont fait poser des questions.»

De fait, du temps qu'il était aux Affaires municipales, le libéral Pierre Moreau (maintenant ministre délégué aux Finances) a plusieurs fois qualifié d'«anormales» ces hausses de dépenses et plaidé pour un meilleur contrôle - mais c'était en 2014 et en 2015, soit trop tard pour expliquer le coup de frein.

Dans les villes de plus de 100 000 habitants, c'est carrément un recul des dépenses, de 1,3 %, que M. Gagné et son équipe ont constaté pour l'année 2014. Et Québec est du nombre, avec une réduction de 1 %. En tenant compte de la croissance de la population, la Ville a fait passer ses dépenses de 2204 $ par habitant en 2013 à 2182 $/hab. l'année suivante. Ce sont d'abord les investissements dans la catégorie Hygiène du milieu, soit tout ce qui touche à l'eau, aux égouts et à l'environnement, qui ont été réduits, de même que les dépenses en urbanisme qui ont écopé.

À Lévis, les dépenses ont toutefois crû de 2,2 % au total en 2014 - au pro rata, la ville de la rive-sud a dépensé 1696 $/hab., soit 36 $ de plus que l'année précédente.

En chiffres

+ 0,9 %

Croissance des dépenses des municipalités en 2014, comparativement à un rythme moyen de 6 % par année de 2010 à 2013

- 1 %

Baisse des dépenses à Québec en 2014

+ 2,2 %

Hausse des dépenses à Lévis en 2014

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