Démission de Pierre Karl Péladeau: onde de choc chez les militants

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Richard Leclerc

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) La démission de Pierre Karl Péladeau a créé toute une onde de choc chez les militants de la région.

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Raôul Duguay

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Partisan de la première heure de M. Péladeau, Richard Leclerc a été touché par les propos de son chef.

«En voyant le point de presse et l'émotion, je me suis dit qu'il y a quelque chose d'important dans sa vie, raconte-t-il. Il était presque en larmes. C'est un gars très combatif, un homme d'affaires qui a perpétué l'empire de son père et là, tout à coup, j'ai senti un homme plus fragile, plus humain.»

Même si l'ancien candidat péquiste dans Brome-Missisquoi est ébranlé par la démission de M. Péladeau, il peut comprendre le choix auquel il devait faire face: la famille ou le parti. Il était loin, toutefois, de s'attendre à ce genre de nouvelle, d'autant plus qu'il a été élu chef du PQ il y a moins d'un an.

«Il faut se relever les manches et recommencer», estime maintenant Richard Leclerc, espérant une course à la chefferie «courte et avec pas autant de monde que la dernière fois».

Déjà, il a l'intuition que Jean-Martin Aussant reviendra et se portera candidat.

«C'est un péquiste qui est parti parce qu'il ne s'entendait peut-être plus avec la façon que ça fonctionnait à l'interne. Je le verrais très bien revenir. C'est sûr que j'aime bien Alexandre Cloutier, mais je ne dirais pas non à Jean-Martin Aussant. Il faut surprendre, étonner, illustre le publicitaire. On a besoin d'un grand coup.»

«Catastrophique»

«Je trouve ça assez catastrophique, commente pour sa part Raôul Duguay, qui a porté les couleurs du parti dans Brome-Missisquoi aux élections de 1998. Moi, ça me désole. Malgré ses défauts, Pierre Karl Péladeau était une personne crédible et qui aurait permis de rêver d'arriver [à faire du Québec un pays].»

Le chanteur et poète, à qui La Voix de l'Est a appris la nouvelle, voit difficilement qui pourra remplacer M. Péladeau et rallier les mouvements indépendantistes. Il faudrait, selon lui, que le parti trouve quelqu'un qui estprès du peuple et en est aimé.

L'entrevue accordée par Julie Snyder à l'émission Tout le monde en parle, diffusée à Radio-Canada dimanche, pourrait avoir joué un rôle dans la défcision du chef du PQ, croit-il par ailleurs.

 «L'intervention de Julie était puissante. Elle a dit des choses vraiment très importantes et, en même temps, elle a été très respectueuse de M. Péladeau, analyse M. Duguay. C'était vraiment très délicat. Elle m'a étonné par sa diplomatie et son humanisme. On sentait qu'elle a de la peine. Quand elle a dit qu'elle avait gagné quand son enfant lui a dit "je t'aime", ça a peut-être été l'argument.»

Retour en arrière: pendant l'entrevue, Mme Snyder a raconté avoir eu une discussion avec ses enfants sur l'importance ou non de gagner des prix. Discussion qui a eu lieu dans le cadre du gala Artis, où elle était en lice pour un prix. «Quand t'es en couple, tu fais des choix pour ta famille et moi j'avais besoin d'être présente pour les enfants, a-t-elle affirmé à Guy A. Lepage. Dimanche dernier (24 avril), pendant la pause, juste avant la remise du prix, Romy m'a appelée et elle m'a dit "maman, maman, je t'aime". J'ai raccroché et je me suis dit: "j'ai déjà gagné".»

Julie Snyder a également dit souhaiter être un exemple pour ses enfants pendant la médiation avec M. Péladeau, de qui elle divorce. Un propos auquel Pierre Karl Péladeau a fait écho dans son discours de départ en affirmant qu'il prenait cette décision «pour le bien» de ses enfants. «Je dois pour eux demeurer un exemple», a-t-il lancé.

«C'est brusque, ce changement de la part de Pierre Karl Péladeau, remarque M. Duguay. Il a dû se poser la question. Il a la faculté d'être un politicien, mais choisir entre ses enfants et un pays, c'est une grosse question.»

Richard Leclerc a aussi vu, durant l'entrevue à Tout le monde en parle, une déclaration d'amour de Julie Snyder envers son mari.

François Bonnardel: «Que dire d'autre que la vie... (archives La Voix de l'Est) - image 2.0

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François Bonnardel: «Que dire d'autre que la vie politique est extrêmement difficile?»

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Politique et famille: une difficile conciliation

François Bonnardel et Paul Sarrazin sont à même de comprendre la difficile réalité d'un politicien qui doit concilier travail et vie familiale. Tous deux ont été étonnés lundi par l'annonce de Pierre Karl Péladeau.

«C'est une onde de choc. Que dire d'autre que la vie politique est extrêmement difficile? lance en entrevue François Bonnardel, député de Granby et leader parlementaire de la CAQ. Ça prend du courage pour se présenter, pour être candidat et pour être chef de parti, et choisir aujourd'hui de repartir chez lui et mettre de côté son rêve, qui était de faire du Québec un pays. C'est complètement fou comme annonce. Mais c'est la vie avant tout.»

«Il a dû voir jusqu'à quel point c'est difficile, ajoute-t-il. Je le sais, je le vis, je le vois tous les jours comment ça peut être difficile de trouver un équilibre dans cette vie, et encore plus comme chef de parti. Je peux juste saluer aujourd'hui le travail qu'il a fait depuis un an et d'avoir fait progresser comme il pouvait son idée et son parti politique. C'est immensément triste quelque part de regarder ça et de voir jusqu'à quel point ça peut faire mal, la politique.»

M. Bonnardel s'est entretenu avec le chef péquiste jeudi dernier, avant de quitter l'Assemblée nationale pour la journée. Tout lui a semblé normal. «Jamais je n'aurais pu m'imaginer que, quatre jours plus tard, il aurait pris cette décision.»

Le député a préféré ne pas spéculer sur l'existence d'un lien entre l'entrevue de Julie Snyder à TLMP et la décision de Pierre Karl Péladeau, ni revenir sur les propos plus acerbes qu'il a lui-même tenus lorsque M. Péladeau a été élu chef du PQ.

Le maire de Sainte-Cécile-de-Milton et président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin, qui est également militant péquiste, avoue aussi avoir été surpris de la décision de M. Péladeau.

«Il a fait un choix, a-t-il réagi. La politique va y survivre, mais l'homme ou la femme qui fait de la politique et qui se donne à fond et à coeur là dedans, ça laisse parfois des traces dans son entourage qui peuvent être très importantes.»

Paul Sarrazin ne peut que respecter sa décision.

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