Procès d'une éducatrice accusée d'avoir maltraité un bébé

Véronique Lalonde est accusée de voies de fait... (La Voix de l'Est)

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Véronique Lalonde est accusée de voies de fait graves envers un enfant d'un an.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) C'est avec émotion que la mère d'un bébé présumément maltraité par sa gardienne a donné sa version des faits, lundi, au palais de justice de Granby.

«J'entre à la garderie, je le vois, il est comme mou...», a expliqué la mère de Sainte-Cécile-de-Milton en sanglotant. «Il a les yeux qui virent à l'envers et la tête qui tombe sur le côté.»

La propriétaire de la garderie privée, Véronique Lalonde, tenait l'enfant dans ses bras et le rafraîchissait avec une débarbouillette humide. «Elle a dit: je ne sais pas ce qui est arrivé, j'ai passé proche d'appeler l'ambulance, a déclaré la mère. J'ai répondu: c'est ça qu'on va faire.»

Le bébé d'un an, qu'une ordonnance de non-publication interdit d'identifier ainsi que sa mère, avait aussi des bleus sur la tête et une marque en «v» au front. Après un court passage au Centre hospitalier de Granby, il a été transféré d'urgence à l'hôpital pour enfants Sainte-Justine, à Montréal. Il y est resté en observation pendant plusieurs semaines en 2012.

«Je trouvais ça dur de le voir plogué de partout», a dit sa mère en répondant aux questions de la Couronne, représentée par Me Marie-Line Ducharme. «Y'avait tellement de fils... On a passé une panoplie d'examens.»

Aujourd'hui âgé de cinq ans, l'enfant doit subir d'autres tests, notamment en orthophonie et en psychologie, mais selon sa mère il est «en pleine forme». Mme Lalonde doit de son côté répondre d'une accusation de voies de fait graves, pour laquelle le procès a commencé lundi. La femme de 28 ans, qui est sans antécédent judiciaire, a plaidé non coupable.

La mère de la présumée victime a rencontré l'accusée en cherchant une garderie sur internet. Elles avaient toutes deux un enfant du même âge et leurs conjoints respectifs se connaissaient. «Je m'entendais bien avec Véronique, c'était à côté de chez moi, on ne pouvait pas demander mieux», a-t-elle dit.

Marques étranges

Petit à petit, elle remarque des marques étranges sur son bébé: des rougeurs derrière un bras, des marques rouges dans l'oreille, puis le visage bleuté et la lèvre supérieure enflée. Selon sa gardienne, il était tombé sur un jouet.

«Il était vraiment amoché, a dit sa mère à la cour. Mais ça a disparu quand même assez vite.» L'enfant faisait aussi de fréquentes fièvres à l'époque. Ses parents ne s'inquiètent pas outre mesure. Tout a changé le 2 avril 2012, quand ils ont reçu l'appel fatidique.

En contre-interrogatoire, Me Roger Paquin a souligné que l'enfant avait tendance à se blesser tout seul en entrant en collision avec des objets, ce que la plaignante n'avait pas mentionné aux policiers. Il semblait aussi toujours heureux d'aller chez sa gardienne, qui était d'une nature douce et calme.

Le procès de Véronique Lalonde, pour lequel cinq jours ont été prévus devant le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, se poursuit mardi. Deux médecins doivent aussi témoigner pour la Couronne. Quant à la défense, comme c'est son droit, elle n'a pas encore annoncé ses intentions.

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