Faux appels au 911: un fléau !

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Les appels non fondés au 911 représentent entre 20 % et 40 % des appels logés à Granby et à Bromont.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

Composer accidentellement un appel d'urgence sur votre cellulaire. Votre enfant qui fait le 911 en jouant avec le téléphone. De mauvais plaisantins qui appellent au 911 à partir d'une cabine téléphonique. Les faux appels logés au 911 sont problématiques pour l'ensemble des services de police du Canada. Et ils sont monnaie courante. Pour les policiers de Granby et de Bromont, ils comptent pour 20 à 40% des appels.

«C'est beaucoup», affirme sans hésiter l'inspecteur Marc Tremblay, du service de police de Bromont.

Les faux appels au 911 logés sur leur territoire - et qui sont répartis via la Centre de répartition des appels de Lévis - représentent bon an, mal an, un appel sur cinq. Parmi les 2116 appels reçus en 2013, 503 n'étaient pas fondés, soit un pourcentage 23%.

La situation ne s'est pas améliorée l'année suivante: sur 2021 appels, 528 n'avaient pas de raison d'être, soit plus de 26%. Une diminution a été constatée l'an dernier alors que 446 faux appels ont été répertoriés parmi les 2052 reçus, ce qui avoisine 21%.

Du côté du service de police de Granby, la proportion est encore plus élevée en raison de la façon dont les faux appels au 911 sont comptabilisés. Lorsqu'un événement majeur survient - un incendie par exemple -, seul le premier appel d'alerte est considéré comme fondé. Les suivants sont répertoriés dans la catégorie des faux appels, explique Guy Rousseau, porte-parole du corps policier.

Un appel sur quatre est non fondé à sa Centrale des télécommunications. En 2014, on en recensait 6976 parmi les 16 712 reçus, ce qui présente 41,74%.

La situation s'est améliorée l'année dernière alors que les répartiteurs ont répondu à 6098 appels non fondés parmi les 16 097 reçus.

Impacts

Plusieurs situations sont à l'origine de ces faux appels, indique l'inspecteur Tremblay. Un pourcentage élevé provient de la composition involontaire via un cellulaire.

Les policiers se déplacent aussi lorsque les appels sont logés au 911 et qu'il n'y a personne au bout du fil. Souvent, il s'agit d'enfant qui a composé le numéro. Parfois, ce sont des voyous qui s'amusent dans une cabine téléphonique.

«Chaque fois, le policier se déplace en mode urgence lorsqu'il s'agit d'un appel au 911», fait savoir M. Tremblay.

 Ils arrive parfois que les répartiteurs reçoivent des appels qui n'auraient jamais dû être acheminés à leur centrale, par exemple d'un citoyen qui veut connaître le jour de la collecte des ordures...

Quelqu'un qui téléphonerait à outrance sans fondement au 911 pourrait recevoir un constat d'infraction, indique l'inspecteur Tremblay, en précisant que les policiers sensibilisent davantage les citoyens à la question.

Pas un cas isolé

Les policiers de la région ne sont pas les seuls à être aux prises avec ce problème. Dans un article publié récemment par La Presse Canadienne, le service de police d'Edmonton déplorait que 39% des appels qu'elle avait reçus en 2015 étaient non fondés (152 320 sur les 388 736). Pour tenter de remédier à la situation, le service a décidé de lancer une campagne de sensibilisation sur les médias sociaux.

En fait, le problème a pris de telles proportions que l'Association canadienne des chefs de police s'est récemment plainte auprès du gouvernement fédéral des cellulaires avec lesquels on peut composer le 911 en appuyant sur un simple bouton, rapporte le même article. L'industrie de la téléphonie mobile s'est faite rassurante en précisant que ce modèle n'est plus en vente et que les appareils qui demeurent encore dans les mains des consommateurs seront graduellement remplacés.

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