Rien ne va plus aux Jeux équestres mondiaux

«Dans le mur». C'est là que se dirigent les Jeux équestres mondiaux, prévus en... (123RF)

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) «Dans le mur». C'est là que se dirigent les Jeux équestres mondiaux, prévus en 2018 à Bromont, si rien n'est fait pour corriger le tir, a indiqué à La Voix de l'Est le président-directeur général du comité organisateur de l'événement, Luc Fournier, qui vient de remettre sa démission. L'onde de choc s'est amplifiée, car le président du conseil d'administration, François Duffar, ainsi que trois autres de ses membres ont fait de même.

«Ça prend un électrochoc. On s'en va dans le mur avec les Jeux équestres mondiaux. Cette semaine, je suis arrivé au constat que je ne serai pas capable de livrer un produit de qualité. Dans les conditions actuelles, je n'y crois plus. Alors, je n'avais pas d'autre option que de démissionner. Je l'ai fait il y a deux jours (mercredi). Ce sera un nouveau changement de garde au sein de l'organisation. Ça va prendre quelqu'un de mieux outillé que moi pour le faire», a confié le chevronné PDG du COJEM, vendredi. En raison des clauses de son contrat, il doit toutefois donner un préavis de trois mois. Outre lui et M. Duffar, Julie Payette, Linda Heathcott et René Perreault ont quitté le navire.

Selon Luc Fournier, la tension avec la Fédération équestre internationale (FEI) était devenue insoutenable. «On a demandé à la FEI à plusieurs reprises d'assouplir ses clauses de financement. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. On leur donne de l'argent, mais de leur côté, ils n'ont aucune responsabilité. On leur crie "Aidez-nous! " Puis à date, il n'y a pas de réponse. En novembre, j'étais en train de mourir de faim, a illustré celui qui compte plus de 30 ans d'expérience dans le monde événementiel. C'est finalement le gouvernement du Québec qui nous a sauvés in extremis en injectant des fonds.»

«On t'attache les pattes et on te dit de courir, a-t-il imagé. On ne peut pas continuer à avancer sur la corde raide comme ça. En tout cas, pas moi.»

Budget

Rappelons que le budget de l'événement est estimé à 72 M$ pour les opérations. Une somme de 20 M$ est prévue en immobilisations, entre autres pour la construction d'un manège équestre. «Avec une partie d'imprévus, ça devrait tourner autour de 95 M$», avait mentionné M. Fournier. Du côté des bailleurs de fonds privés de premier plan, seul l'horloger suisse Longines, commanditaire de la FEI, a accordé 3 M$.

De même, le fait que le fédéral ne se soit pas encore avancé pour soutenir financièrement les Jeux est lourd de conséquences, a concédé le PDG. Les dirigeants du COJEM s'étaient entretenus avec la ministre du Sport et des Personnes handicapées, Carla Qualtrough, en mars à Ottawa. L'organisation souhaitait avoir la confirmation que le fédéral contribue «au minimum» à la hauteur de Québec aux Jeux, soit 8 750 000$. Une réponse à ce sujet était envisagée au début avril. Or, le statu quo perdure.

«Quand j'arrive à l'international pour demander des commandites et que le gouvernement du pays qui reçoit les Jeux ne s'est pas commis, tout le monde reste sur ses gardes», a indiqué Luc Fournier.

Sans montrer Bromont du doigt, Luc Fournier souligne que les conditions d'aide financière de la municipalité ne sont pas «facilitantes». «Dans la plupart des événements internationaux, il y a un bailleur de fonds qui garantit les déficits. Dans le cas présent, la Ville a dit qu'elle allait mettre 2 M$ en argent et en services, pas une cenne de plus. Alors, qui sera responsable s'il nous manque de l'argent pour faire les Jeux?», a fait valoir M. Fournier, précisant qu'il n'écrit pas encore à l'encre rouge. «Mais on est proche!», a-t-il renchéri.

D'une seule voix

Un différend majeur entre la Société d'agriculture du comté de Shefford (SACS), qui chapeaute le volet des infrastructures des jeux équestres, et le COJEM, mine aussi la progression du projet de longue haleine, a soutenu le PDG démissionnaire. Celui-ci a précisé qu'une gestion commune est au coeur du bras de fer qui traîne en longueur. «Depuis le début, ça tourne carré entre les deux organisations. Il faut parler d'une seule voix, avoir la même vision. On est obligés de se marier [jusqu'à l'événement], mais la SACS ne veut pas. On ne peut pas travailler en parallèle.»

Le président de la SACS, Marcel Bundock, n'a pas rappelé La Voix de l'Est.

Luc Fournier affirme néanmoins ne pas partir amer. «Je suis triste. Je savais que j'arrivais dans un contexte difficile, mais j'étais venu ici parce que je voulais livrer la marchandise. Tout ce que j'espère, c'est que l'électrochoc fasse son effet. Et surtout que la situation actuelle ne polarise pas les gens contre le projet.»

La mairesse «y croit encore»

De son côté, la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, tente de garder le cap malgré la tempête que traverse l'organisation.

«Les Jeux équestres mondiaux, j'y croyais et j'y crois encore. On va espérer que ce choc amène l'ensemble des intervenants à s'asseoir et à voir s'il est possible de réaliser ces Jeux.»

Questionnée à propos d'un éventuel soutien financier de la Ville à la SACS malgré le litige avec le COJEM, Mme Quinlan n'a pas voulu s'avancer.

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