De l'amiante dans la Maison Robinson

Des immenses clôtures entourent ce qui reste de... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

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Des immenses clôtures entourent ce qui reste de la maison Robinson. Le propriétaire, Raymond Lessard, les a fait installer jeudi pour pouvoir reprendre les travaux de démolition.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Cowansville) Les travaux de démolition de la maison Robinson à Cowansville ont été arrêtés en raison de la découverte d'amiante dans les débris. Les propriétaires ne l'ont pas fait inspecter avant d'entreprendre sa démolition ni n'ont avisé les autorités compétentes qu'ils entreprendraient de tels travaux comme le prévoit la loi.

Il n'y avait aucune raison de croire que de l'amiante se trouvait dans la maison, soutient Raymond Lessard, l'un des deux propriétaires du terrain. La maison a été bâtie il y a plus de cent ans, a-t-il dit. L'amiante n'était pas beaucoup utilisée à cette époque, a-t-il dit. «C'est une erreur de bonne foi», assure-t-il.

Un inspecteur de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (l'ancienne CSST devenue en janvier la CNESST), a visité le chantier mardi après-midi après avoir reçu une plainte. Il a aussitôt ordonné l'arrêt des travaux après avoir découvert des traces d'amiante dans certains matériaux, a expliqué Nathalie Dufour, responsable des communications du bureau de Saint-Jean-sur-Richelieu à la CNESST.

«Lorsqu'il y a de l'amiante, c'est tolérance zéro», a-t-elle affirmé en entrevue jeudi. «Le danger ne semble pas imminent parce qu'on ne le voit pas, on ne le sent pas. Mais il y a des fibres d'amiante dans la poussière. C'est majeur comme danger.»

Aucun avis d'ouverture de chantier n'a été signalé à la Commission, a dit Mme Dufour. Un tel avis est obligatoire pour tous les chantiers, a-t-elle souligné. Habituellement, les entrepreneurs chargés des chantiers font parvenir un avis à la CNESST. Sauf que M. Lessard n'a pas embauché d'entrepreneur. Il s'est occupé lui-même de superviser les travaux. «J'ai embauché les opérateurs de pépines et les menuisiers», a-t-il confirmé à La Voix de l'Est.

Les propriétaires n'ont pas produit non plus d'étude de caractérisation des matériaux se trouvant dans la maison. Une telle étude sert à déterminer si de l'amiante est présente. Elle est obligatoire pour tous les chantiers de démolition.

M. Lessard ne croit pas que la qualité de l'air sur le site et dans les environs ait été affectée par des poussières d'amiante. Le lac, qui sert de source d'eau potable de la Ville, n'a pas non plus été affecté, dit-il. Même chose pour les personnes présentes lundi et mardi sur le chantier. Aucune ne portait de masque ou de vêtements spéciaux. «Il ne faut pas virer fou avec ça», a affirmé l'homme d'affaires. (voir le texte ci-bas) lorsque nous avons abordé la question.

Pas responsable

Joint en fin d'après-midi, le maire Arthur Fauteux n'était pas d'humeur à discuter de la situation. La surveillance de chantiers de construction ne tombe pas sous la responsabilité des municipalités, a-t-il insisté. C'est le message qu'il a livré aux nombreux citoyens qui l'ont appelé durant la journée. «On ne se mêlera pas de ça. C'est la CSST qui doit s'en occuper. S'il (propriétaire) n'a pas pris les bonnes précautions, il vivra avec ça.»

Le fait que la Ville n'ait aucune réglementation sur la démolition n'aurait rien changé, croit M. Fauteux. «On n'a pas d'affaire sur un chantier pour ça (amiante)», a-t-il dit.

L'inspecteur de la CNESST devait retourner sur les lieux en fin d'après-midi jeudi. Il allait faire le tour des mesures de protection installées au cours de la journée par des employés de M. Lessard. Une firme spécialisée, Enviro Option, a suggéré une procédure de travail pour minimiser les dangers, a-t-il dit.

M. Lessard espère que les travaux pourront reprendre vendredi matin.

Vies en danger

Rodney Keer n'en est pas à une mauvaise surprise près cette semaine. Samedi, il s'est réveillé au son de travailleurs enlevant les portes et fenêtres de la maison Robinson. Puis, lundi, il a entendu des rétrocaveuses fracasser les parois de la maison puis celles des garages.

La nouvelle que de l'amiante se trouve dans les débris inquiète ce voisin de la propriété. «C'était incroyable. Toute cette poussière qui s'échappait. Personne sur le site n'avait de masques. Il y avait des gens qui se promenaient pour ramasser des poutres. Ils n'en portaient pas non plus.»

«Tout ça s'est fait de façon téméraire, sans mesures de sécurité pour les travailleurs et pour les résidants du coin», déplore l'homme. «Ils mettent nos vies en danger.»

Son voisin Philippe Gallino s'explique mal qu'aucune mesure n'était en place pour faire face à la réelle possibilité que de l'amiante se trouvait dans le bâtiment. «On ne rigole pas avec l'amiante. C'est un matériau très dangereux. C'est très inquiétant.»

M. Gallino ne comprend pas non plus que les autorités n'aient pas informé les citoyens de ce qui se passait. «Il n'y a eu personne pour nous dire ce qui se passait, personne pour nous rassurer que notre santé n'était pas en danger. On nous a abandonnés.»

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