Québec tolère toujours des écoles illégales

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, soutient qu'il... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

Agrandir

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, soutient qu'il faut continuer à financer et «accompagner» les écoles privées délinquantes.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, soutient qu'il faut continuer à financer et «accompagner» les écoles privées délinquantes, même si elles ne se conforment pas au régime pédagogique depuis des années.

L'opposition péquiste et l'opposition caquiste ont dénoncé jeudi les cas d'écoles privées juives qui conservent leur permis année après année, ou encore qui fonctionnent sans permis, tout en bafouant les règlements du ministère.

Comme chaque année, le plus récent rapport annuel 2014-2015 de la Commission consultative de l'enseignement privé révèle des cas d'écoles juives de Montréal qui ne répondent pas aux normes, de manière récurrente.

«C'est effectivement un problème qui dure depuis très longtemps», a convenu le ministre, interpellé en Chambre, jeudi.

«Accompagner» ces écoles

Le ministre Proulx a dit qu'il fallait «accompagner» ces écoles, dans l'espoir de les amener le plus tôt possible à se conformer aux normes et à corriger les divers «manquements» observés.

«Si on ne faisait pas l'accompagnement, s'il n'y avait pas de permis dans ces écoles-là, le ministère de l'Éducation pourrait perdre complètement la trace de ce qui se fait à l'intérieur de ces écoles-là», a fait valoir M. Proulx, disant faire primer «l'intérêt des enfants».

Le porte-parole péquiste en éducation, le député Alexandre Cloutier, avait demandé au ministre comment expliquer «que l'Académie Beth Esther à Montréal accueille 304 élèves, même si elle n'a aucun permis» du ministère de l'Éducation.

Écoles juives sans permis

L'Académie Beth Esther compte 24 enseignants, dont seulement deux sont qualifiés, note la Commission dans son rapport. Contrairement à ce qu'exige la loi, cette école n'a pas vérifié les antécédents judiciaires de tout le personnel ayant à côtoyer les élèves.

De plus, le nombre d'heures de services éducatifs prodiguées aux élèves ne répond pas aux exigences. L'école fonctionne sans permis du ministère de l'Éducation. Malgré cela, elle accueille 304 élèves, au primaire et au secondaire.

«C'est du laxisme, c'est carrément du laxisme, on se ferme les yeux», a jugé M. Cloutier, en point de presse.

Une autre institution, l'école Yeshiva Gedola-Merkaz Hatorah, à Montréal, présente des «manquements récurrents» quant à l'application du programme de formation et du nombre d'heures de services pédagogiques requis, selon la Commission.

Dans ce cas, le ministère de l'Éducation a renouvelé son permis, contrairement à l'avis défavorable de la Commission, qui jugeait que cette école avait eu tout le temps de s'amender au cours des ans, mais ne l'avait jamais fait.

Cette école faisait partie d'un groupe de cinq écoles juives qui s'étaient engagées en 2009 à se conformer à toutes les règles du ministère avant l'année scolaire 2012-2013.

La députée caquiste de Montarville, Nathalie Roy, a demandé elle aussi au gouvernement «de cesser de tolérer les écoles religieuses qui ne respectent pas le régime pédagogique du Québec».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer