Le Canada ne versera jamais de rançon à des terroristes, soutient Trudeau

Justin Trudeau a plaidé que céder au chantage... (Adrian Wyld, Archives PC)

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Justin Trudeau a plaidé que céder au chantage mettrait en péril la vie de Canadiens qui habitent, travaillent ou voyagent à l'étranger.

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Associated Press
KANANASKIS, Alberta

Justin Trudeau a fermement rappelé, mardi, que le Canada ne versait jamais de rançon à des terroristes, que ce soit directement ou indirectement.

Le premier ministre du Canada a même encouragé ses homologues des autres pays à adopter la même approche intransigeante.

À l'issue de trois jours de retraite avec son Cabinet au pied des Rocheuses en Alberta, M. Trudeau a été interrogé par les journalistes, mardi, sur l'exécution, lundi, du Canadien John Ridsdel par l'organisation islamiste philippine Abou Sayyaf, après six mois de captivité.

Appelé à commenter sur la possibilité que le Canada paie la rançon pour libérer les deux autres otages - le Canadien Robert Hall et le Norvégien Kjartan Sekkinstad, qui est résident permanent au Canada - le premier ministre a tenu à mettre les choses au clair : le Canada ne paie pas et ne paiera pas les rançons.

Selon lui, celles-ci «constituent une source importante de financement pour les organisations terroristes qui leur permet ensuite de continuer de perpétrer des actes violents et meurtriers contre des innocents à travers le monde».

Il a ajouté que cela encouragerait les terroristes à capturer plus de Canadiens. «Payer une rançon pour des Canadiens mettrait en péril la vie de tous les millions de Canadiens qui vivent, travaillent ou voyagent dans le monde chaque année», a-t-il tranché.

John Ridsdel, âgé de 38 ans, était parmi les quatre touristes - avec MM. Hall et Sekkinstad, ainsi qu'une Philippine - qui ont été kidnappés par les militants d'Abou Sayyaf, le 21 septembre, au sud de l'île de Samal.

Questionné sur l'implication du Canada dans les négociations visant à libérer M. Ridsdel, M. Trudeau a répondu qu'il avait vu plusieurs articles «erronés» et «faux» dans les médias.

Certains pays alliés au Canada, dont la France et l'Italie, se sont montrés ouverts à payer des rançons pour libérer leurs citoyens. M. Trudeau a dit qu'il avait parlé avec son homologue britannique, David Cameron, qui adhère à la même approche ferme contre le versement de rançons et ils se sont mis d'accord pour encourager les autres pays à faire de même.

«Nous devons nous assurer que les terroristes comprennent qu'ils ne peuvent pas continuer de financer leurs crimes et leurs violences en kidnappant des otages innocents», a-t-il déclaré.

Un million pour un diplomate

Cette position semble toutefois être à géométrie variable à Ottawa, selon les situations particulières.

Dans une lettre d'Al-Qaïda obtenue par l'Associated Press il y a trois ans, on croit comprendre que l'organisation terroriste a obtenu 1 million pour la libération du diplomate canadien Robert Fowler au Niger en 2009. M. Fowler, le plus haut diplomate des Nations unies en poste en Afrique, et son collègue Louis Guay avaient été enlevés quatre mois auparavant.

L'Associated Press n'a pas indiqué d'où provenait l'argent; dans ses mémoires, M. Fowler soutient qu'il ignore même si une rançon a été versée. Selon le quotidien Globe and Mail, l'entente, négociée par plusieurs pays occidentaux par l'entremise d'intermédiaires africains, prévoyait un échange de «prisonniers» et le versement de plusieurs millions de dollars.

Un câble diplomatique américain de février 2010, qui a fait l'objet d'une fuite, laisse aussi croire que le Canada verse effectivement des rançons. L'ambassadeur américain d'alors au Mali y explique qu'«il serait malvenu de blâmer des pays comme le Mali ou le Burkina Faso pour leur rôle dans les négociations, alors que les pays qui sont prêts à verser de telles rançons, comme l'Autriche et le Canada, ne sont pas ennuyés».

La journaliste albertaine Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Brennan avaient été enlevés par de jeunes hommes armés près de Mogadiscio, en Somalie, en août 2008, en pleine guerre civile. Ils avaient été libérés 15 mois plus tard, en novembre 2009, lorsque leurs proches ont versé une rançon.

La nouvelle a dominé la conférence de presse mettant fin à la retraite ministérielle, qui a porté sur les enjeux économiques mondiaux et le bilan du gouvernement après six mois au pouvoir, selon M. Trudeau.

Selon le premier ministre, cette réunion était un exercice important pour «sortir de la bulle d'Ottawa» et sensibiliser tous les ministres aux défis économiques auxquels fait face l'Alberta.

M. Trudeau n'a toutefois rien annoncé de nouveau pour la province de l'Ouest, qui est frappée de plein fouet par la chute des prix du pétrole.

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