Superclinique: pas de projet sur la table à Granby

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, estime... (Archives La Presse)

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, estime que la région de Granby et Cowansville a un nombre suffisant de médecins pour qu'une super-clinique y soit implantée rapidement.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) La municipalité de Granby est pressentie pour accueillir une des 50 supercliniques qui doivent voir le jour à travers le Québec d'ici 2018. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, prévoit que 32 de ces établissements seront implantés dès cette année. Or, contrairement à une dizaine de villes ciblées où des projets sont en branle, aucun médecin d'ici n'a pris la balle au bond jusqu'à maintenant.

Alors que les urgences des hôpitaux de la région ne dérougissent pas et que la population peine à trouver un médecin de famille, le programme de supercliniques, annoncé lundi par Gaétan Barrette, se présente comme une «bouée de sauvetage» pour l'accès aux services de première ligne. Encore faut-il que les omnipraticiens se manifestent. «Dans la région de Granby et Cowansville, il y a assez de médecins pour une superclinique. Mais je ne peux pas leur tordre un bras. Ce sera à eux d'embarquer dans le train, a indiqué en entrevue à La Voix de l'Est le ministre de la Santé. En ce moment, j'ai une dizaine de personnes [dans d'autres municipalités] qui sont prêtes à signer demain matin. Je crois qu'assez rapidement, on arrivera aux 50 [établissements] prévus.»

En fait, le concept des Groupes de médecine de famille (GMF) est à la base des supercliniques. Celles-ci devront toutefois offrir plus de services tout en respectant des contraintes. De son côté, Québec bonifiera son soutien financier puis les effectifs infirmiers.

Ainsi, pour garder leur statut de supercliniques, les établissements devront notamment ouvrir leurs portes 12 heures par jour, la semaine durant. Un minimum de 20 000 consultations par an devra être maintenu. De plus, les patients pourront avoir un rendez-vous jusqu'à trois heures avant la fermeture. Un centre de prélèvements devra aussi être aménagé sur les lieux. Les services de radiographie et d'échographie devront être offerts sur place, ou dans un édifice avoisinant.

Urgence

De son côté, le député de Granby, François Bonnardel, estime que le ministre de la Santé «est de bonne foi» dans le dossier. Selon lui, il est urgent que les omnipraticiens d'ici se mobilisent pour obtenir une superclinique.

«Je souhaite de tout coeur que nos médecins à Granby embarquent rapidement. Je viens de discuter avec le ministre, et il m'a dit premiers arrivés, premiers servis. Si Granby lève la main, on pourrait avoir une superclinique dans moins d'un an. On ne peut pas laisser passer une offre comme celle-là. Pas de doute que je vais faire des appels dans les prochains jours», a-t-il dit au bout du fil, mardi.

Bras de fer

Il y a près d'un an, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) mettait un terme à un bras de fer avec le ministre Barrette en ratifiant une entente concernant le renforcement de l'accès aux soins de première ligne. Ceci, entre autres, en s'engageant à ce que 85 % des Québécois aient un médecin de famille d'ici décembre 2017.

Or, il semble que le torchon brûle à nouveau entre les deux parties, qui ne s'entendent pas sur l'ensemble des clauses du programme de supercliniques. Principalement les heures d'ouverture prolongées la fin de semaine. «Je me questionne sur la pertinence d'être ouvert 12 heures le samedi et le dimanche, a mentionné à La Presse le Dr Louis Godin, président de la FMOQ. Les études de profil de consommation montrent que le week-end, les patients sont là plus tôt.»

Questionné à propos du scepticisme du Dr Godin, Gaétan Barrette est demeuré intraitable. «Ce genre de commentaire, c'est tout de même incroyable, a-t-il lancé du tac au tac. [Le Dr Godin] dit que tout ce qui est dans le programme fait son affaire, sauf ouvrir le samedi et le dimanche en fin de journée. Je trouve que ce n'est pas une objection qui est dans l'intérêt de la population. Les citoyens veulent des services 12 h par jour, sept jours sur sept. C'est gênant. Je crois que les gens vont poser un jugement négatif sur cette attitude.»

Clinique d'accès

Depuis son inauguration en 2011, la clinique d'accès n'a jamais atteint son objectif de 4000 visites par année, en enregistrant tout au plus 1800. D'ailleurs, jusqu'à tout récemment, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie planchait sur la refonte des services. Il était également envisagé que la clinique de la rue Saint-Jacques change d'adresse.

Qu'adviendra-t-il de ce service si une superclinique voit le jour à Granby? Les dirigeants du CIUSSS de l'Estrie sont demeurés évasifs sur le sujet, refusant de commenter le dossier. «Tout ce que je peux dire, c'est qu'il n'est pas question de fermer [la clinique d'accès], a indiqué Sylvie Vallières, conseillère aux communications pour l'organisation. Pour le reste, nous n'embarquerons pas dans la spéculation.»

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