Des tablettes électroniques pour des classes spécialisées

De gauche à droite, Lucie Thibault, technicienne en... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

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De gauche à droite, Lucie Thibault, technicienne en éducation spécialisée (TES), Daniel Beaupré et Caroline Daviau (à l'arrière), enseignants, Marie-Élaine Brousseau, TES, Caroline Beaulac, directrice de l'école de la Moisson-d'Or, Nancy Ménard-Cheng, cofondatrice de la Fondation Justine et Florence, Geneviève Nadeau, enseignante, Nathalie Dubuc, TES, et Caroline Van Winden, enseignante.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Saint-Alphonse) Les enseignants et éducateurs des trois classes spécialisées de l'école primaire de la Moisson-d'Or, à Saint-Alphonse-de-Granby, ont vu leurs techniques de travail s'améliorer depuis septembre. Sélectionnée par la Fondation Justine et Florence pour un don de six tablettes électroniques, l'école, par le biais de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, a pu en faire l'acquisition. Le chèque a été remis vendredi dernier.

L'école compte deux classes d'enseignement structuré individualisé (ESI) et une classe orchidée, un projet pilote démarré en septembre. Cette classe de développement, autrefois ESI, accueille des élèves qui ont le trouble du spectre de l'autisme (TSA) ou qui ont besoin d'un accompagnement particulier. Au bout de deux ans maximum, l'enseignante et l'éducatrice spécialisée ont appris à connaître les élèves et peuvent cibler la classe qui convient le mieux à leurs besoins par la suite.

Garder le focus

Enseignant d'une classe ESI dont la moyenne d'âge est plus élevée, Daniel Beaupré est à même de témoigner de l'apport que les deux iPad offerts à son groupe ont eu pour l'apprentissage de ses élèves. Les autistes ont souvent de la difficulté à décoder les sensations et à garder le focus. «Le visuel est le sens qui leur permet d'anticiper, de prévoir et de comprendre, dit-il. Les tablettes leur permettent de focaliser et de capter leur attention pour apprendre.»

Dans sa classe, on est loin de l'application des oiseaux fâchés. Des applications, bien choisies par M. Beaupré et approuvées par un comité, proposent des matières de tous les niveaux scolaires et sont projetées sur le tableau blanc interactif.

«Aujourd'hui, c'est difficile d'être plus stimulant qu'une console de jeux. Il faut rester interactif avec les élèves. Avec un accès rapide à l'information avec les iPad et l'ordinateur, le sens visuel de nos élèves est rapidement accroché et peut être maintenu», confie l'enseignant. Il a pris l'habitude de se placer en dehors du champ de vision de ses élèves pour ne pas être une source de distraction. Ainsi, ils entendent sa voix tout en assimilant l'information diffusée sur le tableau blanc.

Dans sa position, il peut aussi observer si ses élèves se déconcentrent. Si c'est le cas, il change d'application, de matière ou lance une vidéo reliée au cours.

«Oui, la tablette peut être perçue comme un jouet, mais ça nous aide à transmettre de l'information et à apprendre.» Que ce soit une application de dictionnaire - ce qui permet aux enfants de chercher rapidement plutôt que de tourner les pages du dictionnaire une à la fois jusqu'au bon mot, ce que font les jeunes atteints d'un TSA selon M. Beaupré - ou une application pour des fractions, il y a aujourd'hui de tout pour l'école.

La lecture, par exemple, se fait sur un sujet qui, pour les enfants, a du sens et représente de l'intérêt. Dans sa classe, il y a des fanatiques d'écologie et de dinosaures: une application propose une foule de volets d'apprentissage autour du dinosaure, comme l'histoire. Ils font aussi la lecture de l'actualité. «Ça nous a donné un sacré bon coup de main.»

Nancy Ménard-Cheng, cofondatrice de la Fondation Justine et Florence et maman de Florence, tient à remettre des tablettes électroniques dans des classes spécialisées pour faciliter la scolarisation des jeunes autistes. «La scolarisation de ma fille s'est très mal passée. Encore aujourd'hui, elle a besoin d'un ratio un pour un, c'est-à-dire un intervenant pour elle durant les journées d'école.»

La fondation a vu le jour grâce à Mme Ménard-Cheng et Catherine Chevrette en 2013 afin de faire la différence dans la vie des enfants autistes et leur développement. La décision de donner des tablettes électroniques dans les classes a été prise après de nombreuses discussions avec des enseignants et éducateurs spécialisés.

Dans le cas de l'école de la Moisson-d'Or, un montant de 6000$ a été remis à la commission scolaire du Val-des-Cerfs pour rembourser l'achat des tablettes et des logiciels adaptés, au bénéfice de 21 élèves autistes.

En juin 2015, la fondation avait annoncé la remise de 100 tablettes dans 49 classes spécialisées de 14 écoles publiques québécoises.

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