Un «traitement-choc» pour le lac Champlain

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Un montant de 7,5 millions de dollars, pour les cinq prochaines années, apparaît dans le budget fédéral pour améliorer les eaux du lac Champlain et de la rivière Richelieu.

Janick Marois, archives La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Venise-en-Québec) L'amélioration de la qualité de l'eau du lac Champlain passe par un «traitement-choc immédiat», soutient Denis Paradis. Le député fédéral de Brome-Missisquoi veut utiliser une partie des 7,5 millions de dollars annoncés dans le budget pour le lac Champlain pour administrer une telle solution au plan d'eau.

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Le député Denis Paradis suggère de faire la liste de toutes les techniques et technologies pour filtrer l'eau douce et d'en choisir une ou deux pour s'attaquer au phosphore dans le lac Champlain. 

Christophe Boisseau-Dion, archives La Voix de l'Est

M. Paradis ignore quelle solution retenir. Il propose de recenser toutes les techniques et technologies connues pour assainir les eaux douces et d'en choisir une ou deux qui peuvent être appliquées au lac Champlain. «Je ne veux pas qu'on fasse de nouvelles études pour trouver des problèmes. On en trouve depuis 20 ans des problèmes. Ce qu'il faut maintenant, c'est passer à l'action», a-t-il affirmé en entrevue à La Voix de l'Est.

Le vétéran politicien, qui a retrouvé en octobre son siège à la Chambre des Communes après 10 ans d'absence, déplore que le lac Champlain soit toujours la proie d'algues bleues. «C'était de la soupe aux pois l'été dernier dans la baie Missisquoi. Il y en a eu aussi dans la baie de Venise. On dirait qu'on n'a pas évolué. On ne peut pas laisser ça comme ça.»

Des solutions existent pour lutter contre les algues bleues, croit M. Paradis. «Ce n'est pas le seul lac au monde avec des problèmes de phosphore. Y a-t-il une expertise pour régler ce problème? Il faut qu'on voie ce qui se fait ailleurs au Canada, aux États-Unis et en Europe. Qu'on trouve une ou deux solutions, qu'on en invente. Je suis tanné de faire du surplace.»

Dans son budget, le ministre des Finances, Bill Morneau, a débloqué un budget de 19,5 millions de dollars en cinq ans pour améliorer le bilan de lacs transfrontaliers, soit le lac Champlain et la rivière Richelieu, le secteur supérieur des Grands Lacs, le lac des Bois (qui coule en Ontario, au Manitoba et au Minnesota) et la rivière Souris (qui passe par la Saskachewan et le Dakota du Nord). Du montant, 7,5 millions de dollars sont mis de côté pour le lac Champlain et la rivière Richelieu.

L'argent est confié à la Commission mixte internationale, un organisme où siègent des représentants canadiens et américains. Le député Paradis entend rencontrer le président de la CMI, Gordon Walker, d'ici peu. Il lui fera état de la situation du lac Champlain et de son plan pour trouver une solution. «Ce comité a une expertise. On va travailler avec eux et avec nos collègues au Vermont pour identifier des solutions et mettre en place un échéancier.»

Affaires étrangères

Les discussions pour identifier une solution impliqueront le ministère des Affaires étrangères, a dit M. Paradis. La présence de ce ministère peut étonner dans un dossier environnemental, convient-il, mais elle est indispensable puisque la CMI relève de lui.

Concevoir une grille de solutions pourrait se faire assez rapidement, selon M. Paradis. D'ici l'été 2017, pense-t-il. Le plus difficile sera de passer à travers tous les processus des ministères de l'Environnement du Canada et du Québec pour obtenir l'autorisation d'intervenir physiquement dans un cours d'eau. «Ça, c'est le côté politique. On va faire le travail pour que ça soit accepté. On a une responsabilité que l'eau dans nos lacs et rivières soit propre», dit-il.

Des interventions pourraient être réalisées également dans les rivières Aux-Brochets et Missisquoi, les deux principaux tributaires du lac Champlain du côté québécois, a indiqué M. Paradis. Les deux rivières affichent de hauts taux de phosphore.

Filtrer l'eau en amont

Le lac Champlain est saturé de phosphore, souligne Jacques Landry. Il faut stopper les sources pour espérer venir à bout des algues bleues, pense le maire de Venise-en-Québec. Est-ce possible de filtrer l'eau des principaux tributaires du lac? demande-t-il.

«Il faut que l'eau qui entre dans le lac soit propre. Sinon, on travaille pour rien. Est-ce qu'on peut trouver une façon de l'intercepter avant, de la filtrer ? Est-ce que c'est réalisable? Il faut qu'on s'en parle et qu'on détermine comment on peut le faire», explique M. Landry.

L'amélioration des bandes riveraines et de meilleures pratiques agricoles ne suffiront pas à réduire la charge de phosphore dans les cours d'eau liés au lac Champlain, croit-il. D'où son penchant pour une solution physique dans ceux-ci.

Porte-étendard de la campagne No more phosphore l'automne dernier, en pleine campagne électorale fédérale, M. Landry estime qu'elle a atteint ses objectifs. Il est temps de lancer la deuxième phase, dit-il. «On a réussi la première étape en sensibilisant les gens et les élus. Que fait-on maintenant pour les solutions? Il faut que les gens restent regroupés et proposent des solutions. C'est à eux de porter ça maintenant, avec notre appui bien sûr. Plus on est, plus d'impact on aura.»

Les efforts seront éventuellement récompensés, croit-il. «On ne pourra pas régler tout ça en six mois. Oubliez ça. C'est un problème qui n'est pas facile à régler, qui est très gros. Ça va prendre de petites victoires. Là, on va avancer.»

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