La CPTAQ donne le feu vert à DJL

La gravière-sablière exploitée par Construction DJL près de... (archives La Voix de l'Est)

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La gravière-sablière exploitée par Construction DJL près de trois sources d'eau potable de la Ville de Lac-Brome poursuivra ses activités pour un autre cinq ans, a décidé la CPTAQ.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Cowansville) La compagnie DJL pourra continuer à exploiter sa gravière-sablière à côté des puits d'eau potable de la Ville de Lac-Brome, tranche la Commission de protection du territoire agricole du Québec.

L'exploitation du site ne menace pas les sources d'eau potable de la Ville, concluent les commissaires Me Hélène Lupien et Yves Baril. Des traces de contaminants aux hydrocarbures ont été retrouvées dans des échantillons d'eau prélevés pour la Ville de Lac-Brome, soulignent-ils, mais rien ne prouve qu'elles proviennent du site à l'étude.

Si une menace existe pour ces sources d'eau potable, elle vient plutôt des équipements utilisés, signalent Me Lupien et M. Baril. «(...) les équipements, machines et outils utilisés plus que l'extraction elle-même peuvent conduire à une contamination de l'eau souterraine. (...) il appartient aux instances appropriées (municipales et MDDELCC) de veiller à ce que les opérations respectent les règlements en vigueur», écrivent-ils dans une décision rendue le 7 mars, près d'un an et demi après la fin des procédures pour entendre la demande.

DJL a demandé à l'été 2012 à la CPTAQ de renouveler pour dix ans son autorisation d'exploiter sa gravière-sablière qui donne sur le chemin Baileys à Bolton-Ouest. La compagnie l'opère depuis 1992.

La Ville de Lac-Brome, dont les limites de territoire bordent le site, s'est opposée à la demande arguant que trois de ses sources d'eau potable sont situées à moins de 150 mètres de l'endroit. L'administration municipale a fait valoir que la contamination de ses puits aurait des conséquences humaines et économiques désastreuses pour sa population.

Les résultats d'échantillons démontrant des traces d'hydrocarbures font que leur indice de vulnérabilité se situe de 160 à 166, a soutenu devant la Commission l'ingénieur de la Ville, Carl Fiset. Une cote de 180, selon les barèmes du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, est considérée très élevée, avait-il fait valoir.

Mesures de protection

DJL pourra donc poursuivre l'exploitation de 7,8 hectares du site qui en compte 13,2. Mais seulement pour cinq ans et non pour dix années comme le demandait l'entreprise. DJL, exige cependant la CPTAQ, doit d'abord déposer dans les six prochains mois 96 000 $ au ministère des Finances. L'argent servira à remettre le terrain en état dans cinq ans. Il devra ensuite procéder au reboisement du site.

Par ailleurs, les travaux d'excavation devront être faits sous la supervision d'un agronome, ordonnent les commissaires. Le sol arable (5 à 10 cm) et le sous-sol meuble (environ 1 mètre) excavés devront être conservés en tas puis remis sur le terrain une fois toutes les activités terminées.

Finalement, les travaux d'excavation ne pourront s'approcher à moins d'un mètre de la nappe phréatique.

La compagnie Construction DJL Bromont, propriétaire du site, ne nous a pas rappelés hier.

Déception et huile végétale

«On a fait une bonne présentation à la Commission avec des documents étoffés. Mais ils (DJL) peuvent continuer d'exploiter la gravière. C'est clair qu'on est déçus. On veut protéger nos sources d'eau», soutient Gilbert Arel, directeur général de la Ville de Lac-Brome.

Permettre l'exploitation de tels sites près de sources d'eau potable de municipalités est périlleux, pense M. Arel. La logique commande la prudence, dit-il. «Ce sont des endroits stratégiques pour les municipalités. Il faut faire très attention à ce qui se passe dans les alentours.»

La bonne nouvelle dans ce dossier est que les dernières analyses de sol près des sources d'eau, réalisées l'automne dernier, n'ont révélé aucune trace d'hydrocarbures, souligne-t-il.

L'ingénieur de la Ville, Carl Fiset, a par ailleurs communiqué avec l'entreprise pour les inviter à augmenter leurs mesures de sécurité pour éviter toute contamination. La direction de DJL utiliserait de l'huile végétale dans ses équipements. «Ça nous encourage», laisse tomber M. Arel.

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