Un nuage dans le ciel

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De nombreux acériculteurs sont sortis dans la rue, en février dernier, pour dénoncer les recommandations du rapport Gagné.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

Malgré une saison des sucres extraordinaire, une ombre se dessine au tableau. Le rapport de Florant Gagné, un ancien sous-ministre, a été déposé durant la saison. Ses recommandations ont fait sortir près de 1000 acériculteurs inquiets dans la rue, à Québec.

«Mon plus gros nuage de tous les sucres, c'est le rapport Gagné, lâche Pierre Cormier, copropriétaire de l'érablière Le Murmure du printemps, à Dunham. Qu'est-ce que fera le ministre de l'Agriculture (Pierre Paradis) avec ça? M. Paradis est venu nous rencontrer ici le lundi de Pâques, ma femme Marie-Josée Potvin, mon fils Alexis (P.-Cormier) et moi. On lui a expliqué nos points de vue. Ça nous interpelle encore énormément.»

Son fils était présent, car il représente les jeunes au sein du syndicat des acériculteurs de Saint-Hyacinthe et il est membre actif de la Fédération de la relève agricole du Québec.

«C'est le bout dont on n'avait pas besoin, renchérit Serge Beaulieu, président de la Fédération des acériculteurs du Québec. Surtout avec une grosse saison comme cette année.»

Parmi les 21 recommandations de son rapport, M. Gagné propose la fin des quotas et de la réserve stratégique qui sert de coussin de sûreté pour les mauvaises années. Une très mauvaise idée, juge Pierre Cormier.

Avec le système en place, «chaque année, on connaît le prix du sirop à l'avance, explique-t-il. On n'est pas payés pour les surplus qu'on a. Les surplus sont mis dans la réserve stratégique et l'année où je vais faire moins de sirop, je prends ce sirop-là. Je n'ai pas besoin de bloquer l'autoroute 20 pour dire que je ne fais pas d'argent. J'ai une forme d'assurance récolte. Ma réserve va aussi servir à développer de nouveaux marchés ou, si on a une mauvaise année partout au Québec, on ne manquera pas le sirop. On devient une production mature, on est capables de gérer les surplus pour aller en croissance.»

Les propositions du rapport menacent cette stabilité dans les prix et la croissance, craint l'acériculteur.

Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation a démontré une certaine ouverture, confie M. Cormier, avec une certaine hésitation. «S'il veut participer, c'est parfait. Qu'il participe financièrement à soutenir la réserve stratégique, parce que ce sont les producteurs qui la soutiennent à 100%. On n'a jamais demandé une cenne au ministre de l'Agriculture. Là, il veut s'impliquer. On a un projet pour lui. Au lieu de tout détruire ou ébranler ce qu'on a bâti, qu'il nous aide à aller plus loin.»

«Ça a amené de l'incertitude parmi les producteurs qui investissent dans la Fédération depuis plusieurs années pour le développement du marché, laisse tomber pour sa part Serge Beaulieu. J'ai des producteurs qui avaient des investissements à faire et qui les ont retardés parce qu'il y a eu de l'incertitude. Pourquoi ils dépensaient? Parce qu'ils avaient une stabilité de revenu.»

Pour le moment, la suite des choses après la publication de ce rapport est inconnue.

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