Une saison des sucres record

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«Le 26 mars 2015, on n'avait pas une goutte de sirop de faite et, cette année au 26 mars, on avait l'équivalent de la dernière saison complète», raconte James Bond, propriétaire de l'érablière Hilltop depuis deux ans. Il est accompagné de sa fille, Monica, avec qui il gère la cabane à sucre.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Dunham) Les acériculteurs se souviendront longtemps du printemps 2016. La saison des sucres qui se termine a été exceptionnelle dans les Cantons-de-l'Est. Et elle est encore loin d'être finie dans l'est du Québec.

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« J'ai fait du sirop 29 fois, évoque Pierre Cormier, copropriétaire de l'érablière Le Murmure du printemps. Habituellement, c'est entre 22 et 24. Ma meilleure année, c'a été 28 fois en 2013. » 

Julie Catudal, La Voix de l'Est

Acériculteur depuis 16 ans, Pierre Cormier était déjà enthousiaste quant à la récolte qui s'amorçait lorsque La Voix de l'Est l'a rencontré, en février dernier. De retour sur place près de deux mois plus tard, le journal a eu l'occasion de constater à quel point il avait raison.

«Ça n'a jamais été des booms incroyables, mais c'était très constant, explique celui qui est copropriétaire avec sa conjointe, Marie-Josée Potvin, de l'érablière Le Murmure du printemps, à Dunham. J'ai compté le nombre de fois que j'ai allumé les équipements: j'ai fait du sirop 29 fois. Habituellement, c'est entre 22 et 24. Ma meilleure année, c'a été 28 fois en 2013.»

Seulement en février, M. Cormier a fait du sirop à quatre reprises. «Ça s'est éternisé jusqu'au 15 avril. Ça représente 75 jours. Normalement, le maximum de journées est de 50 à 65 jours, enchaîne-t-il. C'est exceptionnel.»

Cependant, l'eau d'érable coulant des 22 000 entailles était moins concentrée en sucre, nécessitant un peu plus de traitement pour arriver au taux essentiel pour le sirop. Heureusement, la technologie s'est grandement améliorée au fil des ans, ce qui permet aux acériculteurs d'optimiser leur travail et de le faire de façon plus écologique.

La qualité du produit est également hors pair, assure Pierre Cormier. Cette année, Le Murmure du printemps a produit 45% de sirop clair, 22% d'extra clair, 20% de médium, 10% d'ambré et 3% de sirop foncé.

34 000 livres de sirop

Même son de cloche du côté de James Bond, acériculteur depuis deux ans. L'homme d'affaires a fait l'acquisition de l'érablière Hilltop à Dunham pour compléter ses productions agricoles.

«Il y en a dans la région qui ont fait du sirop durant la dernière semaine de janvier. Les grandes érablières commencent à entailler en décembre, donc ils ont pu attraper les premières coulées. Nous, on entaille en février», raconte-t-il. Son érablière compte 6300 entailles.

Tout comme M. Cormier, M. Bond observe que la coulée a duré longtemps. Le temps froid du printemps a favorisé le phénomène, avec des nuits sous le point de congélation et des journées plus douces.

Dans les circonstances, difficile pour le nouvel acquéreur de savoir à quand remontait le dernier record de production pour l'érablière. Cependant, «c'est beaucoup plus que l'an passé. Pour donner une idée, le 26 mars 2015 on n'avait pas une goutte de sirop de faite et, cette année au 26 mars, on avait l'équivalent de la dernière saison complète. On a peut-être fait 34 000 livres de sirop.»

Sa récolte s'est terminée vendredi. La semaine précédente, une importante coulée a fait courir les employés de M. Bond. Un tracteur avec une citerne a dû être utilisé, le système de pompage ne fournissait pas.

«Je bats des records»

Président de la section de Saint-Hyacinthe de la Fédération des acériculteurs du Québec, David Hall connaît aussi une saison record. Ses érables ont produit 5 livres à l'entaille. Son érablière en compte 10 000.

Son érablière, à Lac-Brome, est perchée sur une montagne en arrière de la station de ski de Bromont. «C'est plus haut et plus froid, note-t-il. Quand on fait du sirop de bonne heure, normalement, ça fait du bon sirop. J'ai commencé le 4 février. Ça aussi, c'est un record.»

La récolte s'est terminée, pour sa part, samedi. Mais le boulot n'est pas fini pour autant. Reste maintenant à nettoyer tous les équipements et les tubulures.

Pas fini partout

À la Fédération des acériculteurs du Québec, le président, Serge Beaulieu, constate que les érablières dans l'ouest, jusqu'à Québec, ont terminé leur saison ou sont sur le point d'arrêter la production. Dans l'est de la province, toutefois, la saison commence, dit-il. En Gaspésie, par exemple, les acériculteurs viennent d'allumer les fours pour faire bouillir le précieux liquide.

Si leur saison ressemble à celle qui s'est déroulée ailleurs, elle sera parfaite, dit-il.

«Je ne suis pas loin de Valleyfield et c'est la meilleure année en trente ans, expose M. Beaulieu. Pour plusieurs producteurs dans notre région, c'est comme ça. On a eu des températures idéales. L'érable a répondu. Des températures pas trop chaudes, il n'y avait pas beaucoup de neige, donc c'est parti de bonne heure. Quand ça a commencé à être critique pour que ça arrête de couler, on a eu de la neige. Ça a saisi les érables et ça a recommencé. C'est rare que toutes les planètes soient bien alignées. J'ai commencé le 10 février et j'ai fini jeudi soir.»

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