Autre victoire pour la proprio de l'ancienne garderie Loulou

En 2014, Louise Poulin (sur la photo) poursuivait... (Archives La Voix de l'Est)

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En 2014, Louise Poulin (sur la photo) poursuivait une autre ancienne employée, Julie Lavigne, pour atteinte à sa réputation. En janvier 2015, la défenderesse a été condamnée à verser 45 000 $ à Mme Poulin.

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Marieville) Encore une fois, la Cour supérieure donne raison à Louise Poulin, propriétaire de l'ancienne garderie Loulou de Marieville. Dans un verdict rendu le 5 avril dernier, le juge Louis-Paul Cullen condamne cinq ex-employées à lui verser 68 800$ - en plus des intérêts et des frais de justice - pour avoir porté préjudice à sa réputation et à celle de son établissement en déposant des plaintes basées sur des propos injustes et faux.

«Les défenderesses affirment avoir agi par souci du bien-être des enfants, écrit le juge dans sa décision étalée sur 122 pages. Il est difficile de croire qu'il s'agissait là de leur véritable motif, considérant leur manque de rigueur et leurs exagérations, leur quasi totale passivité devant les situations dénoncées, leur omission de les aborder ensuite avec Mme Poulin, leur défaut systématique d'alerter les parents des enfants en cause et, surtout, leur tardiveté à signaler ces situations aux autorités, même sous le couvert de l'anonymat.»

Mme Poulin réclamait 500 000$ pour l'ensemble des défenderesses. Le juge Cullen a condamné Isabelle Paré à lui payer 30 000$; Julie Tremblay et Josée Lacasse, 15 000$ chacune; Catherine Lapierre, 6000$; et Mélanie Phaneuf, 2800$. Du coup, il rejette leur prétention selon laquelle Mme Poulin effectuait un abus de procédure en les poursuivant.

Contactée par La Voix de l'Est, Louise Poulin n'a pas caché sa grande satisfaction à la suite du verdict, qui survient un peu plus d'un an après une victoire similaire. Le 20 janvier 2015, le juge Cullen avait en effet condamné une autre ancienne employée, Julie Lavigne, à lui verser 45 000$ pour des raisons semblables.

«Pour moi, c'était la suite logique du dossier Julie Lavigne. [...] Parce que Julie Lavigne, ses plaintes, elle les avait faites à partir des plaintes de Paré et compagnie. [...] C'est un grand soulagement, parce que là, pour moi et pour bien des gens, c'est comme clair que le Ministère m'a volé ma vie, ma carrière. Ils se sont servi de fausses plaintes pour fermer ma garderie», affirme la propriétaire de Garderie Loulou de Marieville inc.

Prochaine étape: le ministère

Mme Poulin affirme d'ailleurs ne pas en avoir terminé avec le système judiciaire. Confiante, elle entend maintenant poursuivre le ministère de la Famille. Après avoir reçu de nombreuses plaintes, celui-ci avait sévi à l'endroit de la garderie en novembre 2007, en décembre 2009, puis en octobre 2012. La garderie de Louise Poulin est d'ailleurs fermée depuis ce temps.

«Il faut que le Ministère accepte de réémettre un permis et ça, écoute, ça serait un très beau cadeau. Mais je ne m'y attends pas, parce que depuis le début, il est de mauvaise foi dans mon dossier», souligne-t-elle, disant du même souffle vouloir «poursuivre le Ministère dans les mois qui viennent».

«On est déjà en préparation de la requête. En fait, c'est plus qu'une requête, là, mais c'est clair que nous, on ne laissera pas les choses aller comme ça. Moi, je vais me battre jusqu'au bout pour retrouver ma vie qu'ils m'ont volée», martèle Louise Poulin.

Cependant, le juge Louis-Paul Cullen indique dans son jugement du 5 avril que les demanderesses (Louise Poulin et Garderie Loulou de Marieville inc.) «n'ont pas démontré par prépondérance que les plaintes des défenderesses ont causé la décision» de Québec en 2009 et qu'elles «ne se sont pas acquittées de leur fardeau» de le démontrer par prépondérance en ce qui concerne les décisions de 2007 et en 2012. Il ajoute que «les plaintes des défenderesses ne constituent qu'une fraction des plaintes reçues et mentionnées» par le ministère de la Famille dans sa décision de 2007.

Défaite face à la Commission des normes du travail

Il ne s'agit pas là des seuls démêlés de Louise Poulin avec d'anciennes employées. En décembre dernier, la Cour du Québec a condamné la Garderie Loulou de Marieville inc. à payer 4899,83$ à la Commission des normes du travail. Mme Poulin avait omis d'émettre des avis de cessation d'emploi à deux employées après avoir fermé ses portes en 2012. Louise Poulin contestait le bien-fondé de la réclamation, mais en minimise aujourd'hui l'importance, allant jusqu'à dire que «ça n'a même pas rapport» avec les poursuites contre ses ex-employées.

Elle explique qu'au moment de la fermeture, le Ministère a coupé les subventions, qu'elle n'avait plus de revenus et qu'elle avait décidé de payer un 4% à ses 24 employées. Elle prétend que plusieurs se sont placées rapidement dans une autre garderie, mais que deux ont demandé leur cessation d'emploi pour avoir droit au chômage.

«Ce n'est pas là-dedans qu'on a mis de l'énergie pour se battre. [...] S'il n'y avait que deux employées sur 24 qui voulaient obtenir, entre guillemets, du chômage, et puis qu'elles ont demandé aux normes de les défendre, écoute, c'est leur droit à eux», résume-t-elle.

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