Un verdict 29 ans après le crime

Me Alexandra Longueville représente Anthony Tristan Bernard avec... (Spectre Média, Archives La Tribune)

Agrandir

Me Alexandra Longueville représente Anthony Tristan Bernard avec Me Stéphanie Marier.

Spectre Média, Archives La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Sherbrooke) Trois procès et 29 ans après le crime commis dans une luxueuse demeure de la rue Noiseux à Granby, le meurtre de l'homme d'affaires Alain Bernard peut enfin être classé.

Avant son fils Anthony Tristan Bernard, Alain Béliveau a lui aussi été trouvé coupable de meurtre prémédité en 2013 et Patrice Bernard, le neveu de la victime, a été déclaré coupable l'an dernier de meurtre au 2e degré.

Selon ce qui est ressorti de la preuve, l'accusé, qui avait 19 ans à l'époque et s'appelait Chantal, entretenait beaucoup de ressentiment envers son père. Elle lui reprochait de l'avoir battue étant jeune et d'exercer un contrôle financier sur elle. M. Bernard était aussi alcoolique.

Alibi

De son côté, Chantal aimait beaucoup faire la fête et consommer de la cocaïne. Avec ses deux complices, elle s'est forgé un alibi à la faveur d'un spectacle de David Bowie au Stade olympique de Montréal, le soir du 30 août 1987. Durant la prestation, le trio est revenu à Granby, a immobilisé sa voiture sur le boulevard Pierre-Laporte.

Pendant que la victime, un comptable de 44 ans, était assoupie sur son divan devant le téléviseur allumé, comme c'était son habitude depuis qu'il avait vendu ses parts dans l'entreprise familiale de pneus, Patrice Bernard a fait feu sur lui. M. Béliveau attendait alors dans le garage. Chantal Bernard est restée dans la voiture.

La victime serait morte dans son sommeil. C'est l'autre fille de M. Bernard, Kim, qui a fait la macabre découverte le lendemain après-midi. L'arme utilisée, un Colt 45, appartenait à la victime. Elle n'a jamais été retrouvée. Les auteurs du crime l'auraient lancée aux abords de l'autoroute 10.

Chantal a hérité d'un demi-million. Malgré plusieurs interrogatoires à l'époque, la police n'avait pas eu de preuve pour accuser les suspects. Le coup de filet n'a eu lieu que 22 ans plus tard.

Opération

À la faveur d'une opération de type «Mister Big», la SQ a fait croire à Alain Béliveau qu'il adhérait à une organisation criminelle.

Un agent double a alors pris les traits d'un filou d'envergure et réussi à l'appâter. Il a laissé courir le bruit que «quelqu'un avait parlé» concernant le meurtre d'Alain Bernard et qu'il pouvait aider les trois suspects à s'en sortir en laissant un mourant prendre la responsabilité du meurtre.

Mais pour ce faire, ils devaient lui décrire comment ils avaient procédé. Leurs aveux ont été enregistrés et les trois hommes ont été arrêtés en 2009.

Neuf personnes ont témoigné pour la Couronne au procès d'Anthony Tristan Bernard, dont son complice Alain Béliveau, qui s'est ravisé le lendemain. La défense n'a pour sa part pas présenté de preuve et l'accusé n'a pas témoigné.

Alain Béliveau et Patrice Bernard ont interjeté appel de leur condamnation.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer