Procès d'Anthony Tristan Bernard: ce que le jury n'a pas su

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Certaines informations ont été cachées au jury afin de respecter les règles de droit.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Sherbrooke) Le jury au procès d'Anthony Tristan Bernard - accusé du meurtre prémédité de son père en 1987 - est séquestrédepuis mardi après-midi. La Voix de l'Est présente ici certains détails dont les jurés, pour des raisons d'ordre juridique, n'ont pas eu connaissance.

1) L'accusé a voulu retarder (encore) son procès...

 Au premier jour du procès, le 23 mars, l'avocate d'Anthony Tristan Bernard a demandé à ce que les audiences soient reportées à la semaine suivante, car son client venait de subir une énième opération chirurgicale. Le juge Martin Bureau a refusé, indiquant que le jury et les avocats étaient prêts. La cause traînait aussi depuis sept ans. Le magistrat a toutefois accepté que les deux premières journées d'audience se terminent à 12 h 30 afin de permettre à l'accusé de se reposer. En plus de problèmes liés à son opération de changement de sexe, Anthony Tristan Bernard souffre de problèmes de dos et de rétention d'eau ce qui, selon son avocate, explique son visage bouffi. Les médicaments qu'il prend le font aussi somnoler.

2) ...et a déjà été arrêté à la suite d'une querelle

 Le jury sait que la relation tumultueuse entre l'accusé et son ex-conjointe Marie-Pierre Mathieu s'est terminée de façon abrupte. Mais il ignore que la police a dû intervenir lors d'une querelle en Floride, en 2001. Le couple s'est séparé peu après. M. Bernard a aussi fait l'objet d'une accusation pour avoir appelé son ex-conjointe au téléphone alors que cela le lui était interdit. Selon Mme Mathieu, il l'aurait menacée de mort si elle révélait qu'il lui avait confessé avoir tué son père.

3) Alain Béliveau a craint pour sa sécurité et sa demande d'appel

 De loin le moment le plus bizarre de tout le procès, le présumé complice Alain Béliveau a commencé à témoigner du bout des lèvres... pour ensuite se raviser le lendemain. En l'absence du jury, le détenu de 51 ans a affirmé qu'il risquait d'attiser la colère de ses codétenus s'il témoignait contre un accusé qui est lui aussi incarcéré. Sa procédure d'appel en cours pourrait aussi en pâtir, a-t-il laissé entendre. Résigné, le juge Martin Bureau lui a fait savoir que son refus était illégal et qu'il «y aura une suite», soit une accusation d'outrage au tribunal. Déjà condamné à 25 ans de prison pour sa participation au meurtre d'Alain Bernard, M. Béliveau n'a  pas eu l'air trop inquiété.

4) Une preuve plus précise a été écartée

 Les parties ont débattu hors jury de la possibilité que la Couronne puisse se rabattre sur le témoignage enregistré qu'Alain Béliveau a fait aux policiers lors de son arrestation - communément appelée «preuve KGB» - et dans laquelle il décrit sa version des faits du 30 août 1987 avec beaucoup de détails. Le juge a refusé étant donné que ce présumé complice a déclaré, la veille, que ses déclarations à son procès constituaient la vérité et non son «KGB». C'est donc un enregistrement de la version qu'il a donnée à son propre procès qui a été diffusé au jury.

5) Une comédienne québécoise a assisté aux audiences

Les cinéphiles ont pu remarquer un visage familier parmi le public. Il s'agit de Rosie Yale, une comédienne qui a notamment fait partie de la distribution de la série Les Boys ainsi que du film Les trois petits cochons. Questionnée par La Voix de l'Est, Mme Yale a indiqué être une amie de l'accusé, qu'elle a connu lorsqu'il étudiait en théâtre et portait encore le nom de Chantal Bernard.

6) L'accusé a eu un enfant alors qu'il était une femme

Sans avoir été expliqué clairement au jury, il est ressorti de la preuve que l'accusé a eu une fille, en 1990, alors qu'il était toujours une femme. Anthony/Chantal aurait ensuite amorcé son changement de sexe et subi une phalloplastie. La jeune fille prénommée Gabrielle fait d'ailleurs une apparition dans les enregistrements effectués par l'agent double. On peut entendre Alain Béliveau la saluer alors qu'il rend une deuxième visite à Anthony Tristan Bernard, en 2009, accompagné de l'homme qu'il croyait être un criminel.

7) Les journalistes ont demandé accès à plusieurs pièces, certaines leur ont été refusées

Peu avant la fin du procès, les journalistes présents dans la salle d'audience du palais de justice de Sherbrooke ont demandé au juge qu'il rende disponibles différentes pièces présentées par la Couronne: les enregistrements audios faits par l'agent double, leur transcription écrite ainsi que les photos de la scène de crime. Le juge Bureau a accepté que les transcriptions soient données aux journalistes, mais pas l'audio afin de protéger l'identité de l'agent d'infiltration. Quant aux photos de la scène, il a accepté que soient diffusées uniquement celles où on ne voit pas le corps de la victime, par souci de dignité humaine.

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