Procès d'Anthony Tristan Bernard: l'accusé est-il coupable?

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«Il n'a pas pris le pistolet, mais il a eu un rôle à jouer, a insisté Me Claude Robitaille, de la Couronne. Il a planifié, comploté, fourni l'arme, prévu un transport et un alibi.»

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Sherbrooke) La preuve présentée au procès d'Anthony Tristan Bernard, accusé d'avoir tué son père Alain à Granby en 1987, est-elle suffisante pour le condamner de meurtre prémédité?

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À la défense, Me Alexandra Longueville a suggéré que la preuve avait des failles. «Je vous invite à la prudence, à la critique et à un certain scepticisme», a-t-elle dit. 

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Pour la Couronne, il ne fait aucun doute que l'homme de 48 ans a orchestré l'assassinat de l'ex-homme d'affaires retrouvé tué d'une balle dans la tête dans sa maison de la rue Noiseux, a déclaré Me Claude Robitaille, lundi, dans sa plaidoirie finale.

«Il n'a pas pris le pistolet, mais il a eu un rôle à jouer, un rôle de participant, a dit l'avocat. Il a planifié, comploté, fourni l'arme, prévu un transport et un alibi.» Ce n'était «pas un geste impulsif». Me Robitaille a rappelé au jury sa «pièce maîtresse»: les aveux que l'accusé a faits à un agent double qui l'a piégé, avec un présumé complice, en 2009.

«Je crois que c'est une preuve forte, mais c'est à vous de l'analyser. Regardez dans quel contexte elles [ces déclarations] ont été faites. C'est rare qu'on a ça.»

Confessions

Dans ces enregistrements diffusés au procès, Anthony Tristan Bernard reconnait avoir participé au crime et acquiesce aux détails fournis par l'un des hommes qui l'aurait accompagné le soir du meurtre, Alain Béliveau.

L'autre était son cousin, Patrice Bernard. Ces deux présumés complices ont déjà été condamnés pour leur participation.

La Couronne a aussi rappelé la confession que l'accusé aurait faite à une ex-conjointe. «Regardez les aveux qu'elle a eus et comparez-les aux autres éléments de preuve. C'est à vous d'évaluer.» Aussi, le témoignage d'Alain Béliveau à son procès, déposé en preuve, corrobore la théorie qu'Anthony Tristan Bernard a joué un rôle important ce soir-là. Me Robitaille a ensuite enjoint les jurés à considérer l'ensemble de la preuve plutôt que ses éléments distincts.

«Un procès, c'est comme un gros casse-tête, a-t-il dit. Il faut regarder l'image que ça donne. Chaque témoignage doit être vu par rapport aux autres, pour donner de la fiabilité à la preuve.»

Détails

À la défense, Me Alexandra Longueville a, au contraire, exhorté le jury à examiner les détails qui ne concordent pas.

L'accusé n'évoque jamais clairement avoir participé au crime dans les enregistrements faits par l'agent d'infiltration, a-t-elle souligné. Tout au plus, il acquiesce.

«Est-ce que Anthony Tristan Bernard l'a fait ou il est au courant de ce qui s'est passé?», a demandé Me Longueville.

Le jury doit aussi se méfier du témoignage de l'ex-conjointe de M. Bernard: elle s'est contredite sur plusieurs points, était toxicomane et a probablement dénoncé son ancien ami de coeur, qui était jadis une femme, par souci de vengeance, a dit la défense.

Prudence

Me Longueville a rappelé que plusieurs personnes ont profité de la mort d'Alain Bernard, dont sa maîtresse et les autres membres de sa famille. «Personne n'a d'alibi, mais tout le monde a un motif.» Les membres du jury ne doivent non plus rien inférer du fait que l'accusé n'ait pas témoigné à son procès.

«C'est son droit, a dit Me Longueville. Vous devez vous baser sur ce qui s'est passé devant vous. Je vous invite à la prudence, à la critique et à un certain scepticisme. L'incertitude, le doute, la confusion sont des alertes dont vous devez tenir compte. Si vous n'êtes pas certain, vous devez l'acquitter.»

Et s'il est coupable, l'accusé n'a pas nécessairement planifié ni prémédité son geste, a dit la défense. Dans ces cas, les verdicts de meurtre au 2e degré et d'homicide involontaire coupable sont à considérer.

Le juge Martin Bureau, de la Cour supérieure, doit terminer ses directives au jury mardi. Celui-ci sera ensuite séquestré jusqu'à ce qu'il en arrive à un verdict.

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