Aréna de Bedford: le partenariat municipal en péril

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L'avenir de l'aréna de Bedford se jouera dans les prochains mois.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Bedford) Les négociations sur un partenariat financier pour gérer l'aréna de Bedford sont dans une impasse. Des 12 municipalités impliquées depuis un an dans les pourparlers avec la Ville de Bedford, quatre n'acceptent pas les conditions quant au partage des coûts. Faute d'une entente, l'aréna pourrait fermer.

Ce refus désole le maire de Bedford, Yves Lévesque, d'autant plus que le Canton de Bedford fait partie du groupe des récalcitrantes. «C'est vraiment triste quand on regarde ça de près. Depuis des années, les gens qui habitent le Canton de Bedford profitent de tous les services communautaires, sportifs, culturels de la Ville. Ils ont accès à tout ça sans payer plus que nos citoyens. On leur demande maintenant de nous aider à payer les coûts de l'aréna et la municipalité ne veut pas. On ne peut plus continuer comme ça.»

La Ville de Bedford propose aux municipalités dans sa grande couronne de partager les frais d'entretien et de gestion de son aréna. Comme tous les arénas municipaux, celui de Bedford génère plus de dépenses que de revenus. Chaque année, un déficit de 215 000 $ à 220 000 $ se dégage des opérations. L'offre, basée sur la richesse foncière des municipalités concernées ainsi que leur nombre d'habitants, stipule que Bedford s'engage à payer 20 % des déficits d'opération de l'aréna. Les 12 municipalités paieraient 80 % de ces montants.

Dans son partenariat, la Ville de Bedford assumera seule la partie non subventionnée des coûts de rénovation de l'aréna ainsi que les imprévus. Deux projets sont à l'étude: un de 5,4 millions de dollars (avec système de réfrigération à l'ammoniac), l'autre de 3,2 millions de dollars (système de réfrigération moins écologique). Une subvention du gouvernement provincial couvrirait 50 % des coûts.

Au final, en considérant les travaux de rénovation et les frais d'entretien et de gestion, la Ville paierait 62 % de l'ensemble des coûts, calcule M. Lévesque. «On a déposé une proposition très équitable.»

Les signes de vieillissement de l'aréna sont bien visibles, soutient M.  Lévesque. Des fissures dans la dalle de béton sur laquelle la glace repose font que certaines parties ne sont pas au niveau. Des élévations anormales de 18 à 20 cm se produisent parfois aux extrémités de la patinoire en raison des problèmes avec la dalle. Cette année, une élévation de 10 à 12 cm au centre de la patinoire s'est produite, a dit M. Lévesque.

Il est temps, soutient le maire, d'investir dans l'aréna pour corriger plusieurs lacunes. Le système de réfrigération, les bandes ainsi que les baies vitrées doivent être remplacés. Des rénovations sont aussi urgentes dans les vestiaires et une toilette pour les personnes handicapées doit être aménagée. «On voulait faire ces travaux en printemps 2016. C'est presque impossible maintenant. On regarde maintenant pour les faire au printemps 2017. Mais est-ce qu'on va se rendre là? Je ne le sais pas. On est chanceux d'avoir pu terminer la saison», explique M. Lévesque.

En vertu du partenariat sur la table, la facture annuelle envoyée au Canton de Bedford serait de 15 000 $, selon les données fournies par M. Lévesque. Lors de la dernière saison de hockey mineur, 25 jeunes du Canton de Bedford étaient inscrits au hockey mineur et au patinage artistique, a-t-il indiqué. «On veut seulement que tout le monde paie sa part, rien de plus», a réaffirmé le maire.

Ultimatum

Les administrations municipales du Canton de Bedford, Henryville, Pike-River et Saint-Sébastien devront réfléchir sur leur refus d'endosser l'offre de partenariat, a dit M. Lévesque. Si elles n'y adhèrent pas dans les prochaines semaines, leurs citoyens ne pourront s'inscrire aux activités de l'aréna cet automne, a averti le maire. Cet ultimatum inclut les usagers des ligues de hockey pour adultes, a-t-il précisé. «On ne voulait pas en arriver à ça, mais on n'a pas le choix. On a besoin d'une entente pour assurer la survie de l'aréna.»

De son côté, le maire de Pike-River, Martin Bellefroid, a tenu des propos nuancés. «Je ne souhaite pas faire de confrontation. Ça a été un dossier difficile. On a donné notre façon de penser [à M. Lévesque], mais il n'avait pas la même vision que nous. On n'était pas d'accord avec les premières manières de séparer [les coûts]. On voulait continuer de discuter. C'est certain qu'on est accoté au pied du mur», a-t-il dit, précisant au passage qu'une résolution a été adoptée par les élus, jeudi, allant dans le sens «des grandes lignes» de la proposition de Bedford. «On aimerait juste discuter de quelques petits points pour compléter le dossier», a poursuivi M. Bellefroid. La question des droits de glace en fait partie.

Le maire du Canton de Bedford, Gilles St-Jean, s'est dit prêt à adhérer au partenariat avec Bedford. Une résolution a été adoptée en ce sens, lundi. Selon M. St-Jean, le document aurait été envoyé par courriel à la municipalité de Bedford, mercredi. «On accepte d'embarquer à trois conditions, a-t-il indiqué. Le hockey mineur et le patinage artistique doivent s'autofinancer. Deuxièmement, on veut que les utilisateurs de 7 à 77 ans soient considérés de la même façon [pour le partage des coûts]. Troisièmement, il faut que toutes les municipalités soient là. Sinon, ça fera gonfler la facture.»

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