Projet à Farnham: la CSVDC se défend d'entretenir le flou

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Le directeur général par intérim de la CSVDC, Éric Racine

Christophe Boisseau-Dion, archives La Voix de l'Est

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Farnham) La commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) est formelle: elle agit avec transparence et a déjà clairement signalé ses intentions quant au mouvement d'élèves en provenance des écoles de Farnham prévu l'an prochain. Tout au long d'un entretien avec La Voix de l'Est jeudi après-midi, le directeur général par intérim Éric Racine a martelé que les plans ont été clairement identifiés à la fin de l'année dernière et qu'il a, depuis, eu de nombreuses communications avec la Ville à ce sujet.

M. Racine s'explique donc très mal la teneur des propos véhiculés mardi soir, lors de la séance d'information de Farnham concernant le projet de 4,8 M$ incluant six classes neuves, un CPE et la rénovation du Centre d'arts.

«J'ai peine à expliquer comment les données peuvent être remises en question alors que ce sont les mêmes chiffres qui circulent depuis le 7 décembre. J'extrapolerais là: c'est sûr que dans certains dossiers, les gens posent des questions et puis tant que tu n'auras pas donné la réponse qu'ils veulent entendre, ça ne sera jamais la bonne», lance Éric Racine, qui a tout de même spécifié que «le canal de communication est ouvert» et qui a qualifié le ton utilisé entre les deux entités de «cordial».

Maux de croissance

Le boom de nouvelles familles sur le territoire exerce clairement une pression sur les capacités des établissements en place, d'où les prévisions d'élèves excédentaires. De plus, Québec oblige les commissions scolaires à regarder pour des locaux inutilisés dans un rayon de 20 km avant d'investir dans de nouveaux locaux. Il y en a justement à Bedford et à Notre-Dame-de-Stanbridge.

Au départ, il était donc question de graduellement déplacer 140 élèves au cours des prochaines années. Pour absorber environ 45 d'entre eux, la CSCVD a décidé d'aménager deux nouvelles classes dans les locaux actuels de l'école Saint-Romuald. Les travaux de mise à niveau des sorties extérieures ont été devancés et seront réalisés cet été. Cela signifie que pour la prochaine année scolaire, ce sont des élèves habitant à Sainte-Sabine - au sud des rangs Tringle et de la Gare - qui seront relocalisés si la Ville de Farnham ne va pas de l'avant avec son projet de 4,8 M$. Dépendamment du nombre de déménagements au début du mois de juillet, ils pourraient être de 40 à 50 à être redirigés.

«Plan D»

Aux dires de M. Racine, il s'agirait cependant d'un «plan D». Son «plan A» serait d'avoir les nouveaux locaux dans le nouveau projet de 4,8 M$ disponibles à la rentrée scolaire, son «plan B» serait de vivre avec 4 à 6 semaines de retard dans les travaux et le «plan C» serait de tolérer un retard légèrement supérieur. Cependant, il avoue douter fortement que le projet ne soit livré dans d'aussi cours délais et envisage le «plan D» comme étant le plus probable. La décision finale du conseil des commissaires sur le sort de ces élèves sera prise au plus tard le 26 avril prochain.

Par ailleurs, le directeur général par intérim de la CSCVD semble lui aussi loin de se réjouir de l'incertitude qui plane.

«Il est certain que pour moi, je commence à sentir une grande pression. Parce que pour être capable de faire une planification scolaire efficace, j'aurais dû normalement avoir une décision finale depuis le 8 décembre dernier. Et là, quatre mois plus tard, je suis obligé peut-être de virer la barque à 180 degrés. Donc j'ai perdu quatre mois d'organisation scolaire d'élèves. On parle ici de routes d'autobus, de trouver les locaux, de déplacer les enseignants le cas échéant, des contraintes de conventions collectives. [...] Je vous dirais que je suis drôlement impacté par une décision municipale s'ils font volte-face avec le projet.»

Rappelons que mardi soir, le maire de Farnham Josef Hüsler avait ouvertement suggéré que le projet de 4,8 M$ pouvait être abandonné s'il était confirmé que de nouvelles classes étaient aménagées dans l'école Saint-Romuald.

Absence remarquée

À la CSVDC personne ne regrette de ne pas avoir participé à la séance d'information de mardi. Le directeur général par intérim et le président Paul Sarrazin jugent fermement qu'ils n'avaient pas à se mêler des affaires de la municipalité, pas même pour dissiper les doutes les concernant dans la salle.

«Si j'avais été là l'autre soir, ou qu'on s'était présenté, moi je n'avais rien à dire. Tout avait été dit à la Ville de Farnham. La Ville de Farnham, elle, son obligation si on peut dire ainsi, c'était de présenter le dossier à sa population, à savoir si elle est prête à investir», opine M. Sarrazin.

Lorsqu'on lui fait remarquer que la Ville a pourtant à se mêler d'un dossier lié à l'éducation, il répond qu'il s'agit là de la décision de Farnham.

«Au départ, il n'y avait aucune obligation de la municipalité d'aller embarquer dans un processus de faire des locaux. Nous, en réalité, on a fait notre travail et des locaux, on en avait. Ça fait que toute la population de Farnham, Sainte-Sabine, elle aurait eu un endroit approprié, convenable, comme il est convenu par la loi sur l'instruction publique pour ces jeunes-là en septembre», plaide le président de la CSVDC, qui est également maire de Sainte-Cécile-de-Milton.

Il croit d'ailleurs que les différents cadres réglementaires entre les commissions scolaires et les municipalités sont à l'origine des «divergences» dans ce dossier en dépit des «bonnes relations» avec Farnham.

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