Procès Bernard: la preuve de la Couronne bouclée

Alain Béliveau a donné sa version des événements... (Illustration Serge Paquette, La Voix de l'Est)

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Alain Béliveau a donné sa version des événements dans un enregistrement audio diffusé devant la cour, jeudi.

Illustration Serge Paquette, La Voix de l'Est

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Sherbrooke) La balle est maintenant dans le camp de la défense au procès d'Anthony Tristan Bernard, accusé du meurtre de son père Alain Bernard, commis à Granby en 1987.

Comme dernier témoin, la Couronne a fait entendre au jury, jeudi, des déclarations que le présumé complice Alain Béliveau avait faites à son propre procès pour ce crime, en 2013, et au terme duquel il a été déclaré coupable de meurtre au 1er degré.

M. Béliveau a annoncé mardi qu'il ne souhaitait plus témoigner, bien qu'il ait été sommé de le faire par le ministère public. Il est retourné en détention.

Version

L'enregistrement audio a permis d'entendre l'ex-paysagiste décrire sa version des faits du 30 août 1987 et dans laquelle il se désiste de toute responsabilité.

Il soutient avoir embarqué en voiture avec ses deux colocataires de l'époque, Anthony Tristan (alors Chantal) Bernard et son cousin Patrice Bernard dans le but d'aller à un spectacle à Montréal. Mais en chemin, le trio s'est arrêté derrière la maison de la victime en passant par le boulevard Pierre-Laporte.

M. Béliveau aurait accompagné Patrice Bernard jusqu'à la demeure, sans trop savoir pourquoi, et attendu que le meurtre soit commis. Le groupe se serait ensuite rendu à Montréal en guise d'alibi.

Il a dit n'en avoir jamais reparlé avec ses présumés complices, ce qu'un enregistrement fait par un agent double et diffusé devant la cour, lundi, a démenti.

Affirmation

Quelques jours plus tôt, l'accusé lui aurait aussi dit: «j'aimerais ça faire disparaître mon père». Selon plusieurs témoins, Chantal Bernard consommait beaucoup de cocaïne et ne s'entendait pas bien avec Alain Bernard.

«J'ai pris ça avec un grain de sel, a dit M. Béliveau, lui aussi ex-toxicomane. Tout ce qu'elle disait, on le prenait un peu à la légère.»

Les deux s'étaient rencontrés en travaillant au restaurant La pointe Saint-Charles. Chantal Bernard, a-t-il rappelé, prenait «beaucoup de place» et parlait «énormément». Le témoin a aussi fait état de ses nombreux antécédents criminels, dont complot, fraude et vol.

À la défense, Me Alexandra Longueville n'a pas exigé que M. Béliveau soit contre-interrogé. La Couronne a donc annoncé que sa preuve était close.

Dispositions

En tout, sept personnes ont témoigné pour le ministère public: un policier à la retraite, un expert en balistique, un pathologiste, une ex-conjointe de l'accusé, sa soeur, l'agent d'infiltration et Alain Béliveau.

La défense annoncera vendredi si elle présente des témoins. Dans la négative, les parties amorceront leurs plaidoiries finales.

Les audiences sont présidées par le juge Martin Bureau, de la Cour supérieure, au palais de justice de Sherbrooke.

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