Dissensions concernant l'entrée du mont Yamaska

Une barrière bloque actuellement l'accès au chemin Jodoin... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Une barrière bloque actuellement l'accès au chemin Jodoin à Saint-Paul-d'Abbotsford.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Paul-d'Abbotsford) Des propriétaires de terrains situés dans le mont Yamaska craignent que le projet de la municipalité d'acquérir un lot orphelin à l'entrée de la montagne ne nuise à leur quiétude.

Lors de la séance publique du 8 mars dernier, le conseil a unanimement résolu d'acquérir auprès du ministère du Revenu du Québec, pour la somme symbolique de 1$, une partie du chemin Jodoin situé au bas de la montagne afin d'en faire un chemin public.

Cette décision n'a pas réjoui certains propriétaires montagnards, qui oeuvrent depuis plusieurs années à préserver la paix sur leurs terrains. Plusieurs se sont présentés à la séance de mardi soir pour manifester leur mécontentement.

 «Ça fait environ 130 ans que le lot est utilisé par les propriétaires qui paient pour les travaux d'entretien», a allégué Martin Poirier, qui représentait bon nombre de ces propriétaires.

Le citoyen a par ailleurs dénoncé l'unilatéralité de la décision municipale, déplorant que les propriétaires n'aient pas été consultés. Ceux-ci souhaiteraient acquérir le lot ou travailler en collaboration avec la Ville à ce sujet.

«Ça reste une propriété privée et nous avons un mot à dire», a-t-il soutenu, avant de demander à la municipalité si l'achat du lot par un regroupement de propriétaires était envisageable. «On pense que ça nous revient», a-t-il souligné.

Le citoyen Robert Vyncke a renchéri un peu plus tard. «Le droit des propriétaires ne peut être usurpé. Si comme conseil, vous continuez à prendre des décisions unilatéralement, et c'est dans votre droit, ça bascule beaucoup d'énergie et de travail qui ont été investis pour s'entendre», a-t-il dit, ce qui lui a valu des applaudissements dans la salle.

Une question de sécurité

«Notre décision est unanime», a répondu le maire Jacques Viens en guise de refus. Il évoque des raisons de sécurité publique et d'accessibilité pour justifier la démarche du conseil. «S'il arrive une urgence en haut, il faut que les ambulances ou les policiers soient capables de s'y rendre», a-t-il expliqué.

Le sort de la barrière en place ne faisait pas l'unanimité non plus, les propriétaires souhaitant la maintenir pour empêcher la visite d'intrus. Selon eux, elle aurait aussi permis d'amoindrir la problématique de vols, de vandalisme, en plus de décourager certains adeptes de motocross et de véhicules tout-terrain de se promener sur les terrains privés. De plus, a souligné M. Poirier, les nombreuses érablières qu'on retrouve en montagne constituent des millions de dollars en investissements qu'il faut protéger.

Les propriétaires sont toutefois ouverts à doter la barrière d'un code de sécurité qui serait partagé avec les services d'urgence et la municipalité, a proposé M. Poirier.

Climat de terreur

Le maire Viens s'est toutefois montré rassurant face aux craintes des propriétaires, qui craignaient que la création d'un chemin public au bas de la montagne permette à quiconque de la gravir. «On ne veut pas donner accès à la montagne à n'importe qui», a-t-il affirmé, ajoutant qu'un projet de chemin public n'empiéterait pas sur les terres privées.

Ce qui inquiète la municipalité est un climat de terreur perpétré par une minorité de propriétaires, qui auraient menacé des gens venant visiter leurs voisins. «C'est géré comme une réserve indienne, il y a des gens qui décident pour les autres», a reconnu le citoyen Mario Plouffe, appuyé par d'autres.

«La problématique, ce sont ces propriétaires qui décident qui monte et qui ne peut pas monter, a renchéri M. Viens. En tant que maire, je ne peux pas tolérer ça.»

Opposition

Au terme de ces échanges, la municipalité s'est dite ouverte à rencontrer les propriétaires pour discuter de la suite des choses.

Mais la fin de non-recevoir qu'elle oppose à la possibilité de permettre aux propriétaires d'acquérir le lot en a laissé plusieurs sur leur faim. Des démarches seront entamées afin d'obtenir des avis juridiques sur la question afin de tenter d'obtenir gain de cause, a indiqué M. Poirier à La Voix de l'Est, mercredi.

Un premier avis obtenu conclut que pour enlever ou régir la barrière située à l'entrée de la montagne, la municipalité devra adopter un règlement en ce sens qui pourrait toucher toutes les barrières, a ajouté le porte-parole.

 «Un recours aux tribunaux coûtera de l'argent aux propriétaires et aux payeurs de taxes de Saint-Paul. Une entente avec la Ville serait beaucoup plus simple», a-t-il fait savoir.

«La Ville a son point de vue, mais elle ne nous consulte pas et les gens en sont mécontents», a-t-il ajouté.

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