Le DPB croit que les libéraux ont gonflé les déficits à prévoir

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Le directeur Jean-Denis Fréchette croit «probable» que le PIB nominal réel soit supérieur aux chiffres utilisés par le ministre fédéral des Finances pour sa planification budgétaire. Ceci conduirait donc à de plus petits déficits que prévu.

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La Presse Canadienne
Ottawa

Le directeur parlementaire du budget (DPB) corrige au crayon rouge le budget fédéral déposé le 22 mars.

Celui qui a pour rôle de surveiller les calculs du gouvernement fédéral a publié, mercredi matin, un rapport critique du premier budget du gouvernement de Justin Trudeau. Selon ce rapport, le gouvernement fédéral s'est livré à un ajustement «excessif» des prévisions économiques du secteur privé. Les déficits budgétaires annoncés pour 2016-2017 et 2017-2018 seront donc plus modestes que prévu, de l'avis du DPB.

Le directeur Jean-Denis Fréchette croit «probable» que le PIB nominal réel soit supérieur aux chiffres utilisés par le ministre fédéral des Finances pour sa planification budgétaire. Ceci conduirait donc à de plus petits déficits que prévu.

«À la lumière de l'expérience des années passées, cet ajustement de la prévision formulée par le secteur privé en février 2016 est excessif» et «sape l'élément d'indépendance que confère au plan financier l'utilisation de ces prévisions», soutient le DPB. «Toutes autres choses étant égales, les déficits budgétaires en 2016-2017 et 2017-2018 seront donc plus modestes que prévu.»

Interrogé là-dessus mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a soutenu qu'au cours des dernières années, les prévisionnistes avaient raté la cible à l'égard du PIB nominal d'environ 40 milliards $. Alors, pour éviter ce type d'erreurs, son gouvernement a préféré cette année rectifier le tir immédiatement, par souci de transparence et de véracité, a dit M. Trudeau, de passage à Montréal.

Le DPB corrige également l'estimation de Finances Canada quant à l'impact sur l'emploi des mesures prises dans le budget de mars. Ottawa s'attend à une hausse du PIB réel de 0,5 pour cent en 2016-2017 et de 1,0 pour cent en 2017-2018, ce qui mènerait à la création ou au maintien de 143 000 emplois entre 2016 et 2018. Le DPB estime plutôt qu'il y aura gain net de 86 000 emplois pendant cette période.

M. Fréchette reproche également au budget 2016 d'avoir ramené de cinq à deux ans la période de prévision des coûts du gouvernement.

Par ailleurs, le DPB déplore le fait que le budget de Bill Morneau n'ait pas clairement séparé, comme il était d'usage, les décisions purement discrétionnaires des libéraux - comme les nouvelles mesures et les hypothèses de planification - des variations de la situation économique. Selon le DPB, cette nouvelle façon de présenter les choses complique le travail des parlementaires, qui veulent analyser les comptes publics.

Dans son budget déposé le 22 mars, le gouvernement libéral prévoit cinq années de déficits, totalisant plus de 110 milliards $, afin de soutenir l'économie canadienne. Le DPB estime que le gouvernement aurait pu être plus clair à plusieurs chapitres, et faciliter ainsi la compréhension générale.

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