Accueil tiède pour un projet truffé d'incertitudes

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«On nous a accotés à un mur», a affirmé le maire de Farnham, Josef Hüsler.

Julie Catudal, Archives La Voix de l'Est

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Farnham) Devant la possibilité de perdre 140 élèves sur son territoire dès le début de prochaine année scolaire, la Ville de Farnham a entrepris d'évaluer l'idée de construire - à ses frais - six classes pour s'assurer de les garder chez elle. Au passage s'est greffé au projet la rénovation complète du Centre d'arts et l'aménagement de nouveaux locaux pour le CPE Le colibri, portant la facture à plus de 4,8 M$. Par contre plusieurs éléments à la base du projet restent en suspens, ce qui est loin d'avoir rassuré les citoyens assistant à la séance d'information publique qui se tenait à l'hôtel de ville, mardi soir.

Est-ce que les élèves seront, hors de tout doute, relocalisés? Deux classes seront-elles aménagées dans l'école Saint-Romuald pour permettre d'éviter le déplacement de 46 élèves de Farnham? Est-ce que le statu quo sera observé l'an prochain? Autant de questions auxquelles la Ville ne pouvait répondre avec certitude, se disant tenue dans l'ignorance par la commission scolaire du Val-des-Cerfs. Celle-ci aurait refusé de participer à la séance d'information, selon la Ville, et brillait plutôt par son absence.

Tout au long de la soirée, le maire Josef Hüsler soufflait le chaud et le froid, répétant qu'il ne voulait pas se mettre en porte à faux face à la commission scolaire et que les deux entités avaient le même objectif; tout en déplorant ouvertement la situation à laquelle Farnham est exposée. Certaines personnes - dont une employée de la commission scolaire qui était présente en son nom personnel - ont affirmé que contrairement à ce qu'avance la Ville, les élèves ne bougeront pas.

«On nous a accotés à un mur, a répondu le maire. Comment ça se fait qu'on n'ait pas le vrai chiffre (sur les élèves touchés)? Pourquoi la commission scolaire, pourquoi les dirigeants ne nous ont pas donné un coup de fil?»

D'autres citoyens ont dénoncé le comportement de la commission scolaire. Une dame les a notamment qualifiés d'«arrogants», alors qu'un autre citoyen a proposé de se présenter en masse à la prochaine réunion du conseil des commissaires pour «les brasser» en exigeant des réponses claires.

Constats des citoyens

Tout au long de la généreuse période de questions - elle a duré près d'une heure et demie - un constat a semblé se dégager: la majorité des intervenants trouvaient que le projet était beau et étaient d'accord pour travailler à garder les élèves de Farnham sur le territoire, mais jugeaient précipité d'aller de l'avant avec un projet aussi coûteux avec des données aussi floues.

C'est qu'en plus des données pour le moins nébuleuses entourant les élèves, la Ville n'a pas pu spécifier quel serait le fonctionnement de la nouvelle école primaire, qu'elle paierait 2 305 558,50 $, mais qui serait gérée par la commission scolaire. Elle n'a pas, non plus, obtenu la confirmation officielle de l'implication financière du CPE Le colibri. Celui-ci serait, dans le projet, propriétaire de ses locaux valant 701 358,50 $. Pour sa part, la rénovation du Centre d'arts coûterait 1 671 249 $. Les citoyens semblaient convenir qu'il était nécessaire d'améliorer cette infrastructure et de doter le CPE de meilleurs locaux. Mais là encore, certains se sont montrés inquiets puisque le maire Hüsler a clairement répété tout au long de la séance que l'ensemble des travaux seraient complètement abandonnés si la Ville obtenait la confirmation officielle qu'une solution de rechange pour éviter le déplacement des élèves se présentait à elle. Cela mettrait donc automatiquement les projets pour le CPE et le Centre d'arts sur la glace.

Devant les nombreuses questions des citoyens, le maire a tenu à se montrer ouvert à toutes les éventualités.

«On va trouver des solutions, on est comme vous, on n'est pas là pour dépenser inutilement», a-t-il lancé à une participante.

500 signatures

Afin de permettre aux citoyens de s'opposer au projet de 4 867 600 $, la Ville ouvre un registre ce mercredi entre 9 h et 19 h. Si 500 personnes s'opposent au projet, la Ville de Farnham pourrait choisir d'aller en référendum ou tout simplement d'abandonner le projet. Le maire Josef Hüsler a même suggéré qu'il serait ouvert à se raviser si ce nombre n'était pas atteint. Pour lui, l'objectif de la séance de mardi soir était de présenter le projet aux citoyens de Farnham pour connaître leur opinion. Et à ce niveau, il s'est montré satisfait en fin de soirée.

«Regardez, vous avez vu la discipline de nos citoyens. C'est fantastique! C'est ça qu'on veut, le contact direct. [...] Ce soir, c'était une opportunité pour les citoyens de nous amener sur différentes pistes qu'on n'avait pas nécessairement avant.»

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