Règlement municipal sur les pesticides: une contrainte pour les exterminateurs

Luc Jean, de Gestion parasitaire de l'Estrie à... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Luc Jean, de Gestion parasitaire de l'Estrie à Granby, souhaite que les exterminateurs soient exclus du Règlement sur les pesticides et les matières fertilisantes.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Les commerces des exterminateurs locaux sont menacés par la nouvelle mouture du Règlement sur les pesticides et les matières fertilisantes, adoptée par la Ville de Granby en décembre 2015, selon Luc Jean, de Gestion parasitaire de l'Estrie. Son souhait: que les exterminateurs soient exclus de ce règlement qui restreint davantage l'utilisation des pesticides et des produits chimiques, a-t-il formulé lors de la séance du conseil, lundi soir.

«On est tous formés (les exterminateurs). On est suivis par le ministère de l'Environnement. On est suivis par le Code de gestion et par Santé Canada. Je pense qu'on n'a pas besoin d'être suivis par la Ville par-dessus ça», a fait valoir M. Jean aux médias au terme de la séance du conseil municipal.

L'exterminateur granbyen, qui dit oeuvrer dans le domaine depuis 21 ans, a tenté de faire valoir son point de vue au maire, Pascal Bonin, une fois la séance terminée. Mais ce dernier s'est montré peu enclin à faire preuve d'ouverture sur ce point, bien qu'il ait affirmé, lors de l'intervention de Luc Jean, un peu plus tôt durant la période de questions, que le comité environnement de la Ville se pencherait sur sa demande.

«La Ville a choisi d'y aller avec ce que les citoyens souhaitaient. Est-ce qu'il y a des améliorations qui peuvent être faites? Peut-être que oui, peut-être que non. Mais il y a une tangente qui se prend à travers la planète: on est tannés de retrouver les pesticides et les produits chimiques. (...) Les gens cherchent des solutions vertes. Et il va falloir s'adapter, n'en déplaise à ceux qui aiment les produits chimiques», a laissé tomber le maire Bonin.

Luc Jean assure être en accord avec la «lutte intégrée» et une utilisation limitée des pesticides, mais il vient parfois un temps, selon lui, où les produits chimiques sont nécessaires pour venir à bout d'une infestation d'araignées ou de fourmis, par exemple.

Exception demandée

Avec le nouveau règlement adopté, un exterminateur joint par un Granbyen aux prises avec des fourmis à sa résidence devra d'abord s'assurer que le citoyen a pris tous les moyens biologiques ou naturels pour venir à bout de son problème. Ensuite, il pourra l'encourager à appeler à la Ville pour signaler que sa propriété a besoin d'un traitement chimique, explique M. Jean. Selon lui, un permis de 25$ sera nécessaire pour avoir l'autorisation d'aller de l'avant.

Les commerces granbyens d'extermination sont ainsi menacés, croit Luc Jean. Cela ouvrira du coup la porte aux exterminateurs qui proviennent de l'extérieur de Granby, et qui ne sont pas au fait du règlement local. «Ils vont arriver ici avec leurs chars pas lettrés et ils vont le faire», dit-il. Selon lui, les inspecteurs de la Ville ont déjà beaucoup de travail et ne pourront rien y faire.

La Ville de Granby ne serait par ailleurs pas la seule à aller dans cette direction et à vouloir limiter, voire bannir, l'utilisation des pesticides. «Il y a 130 municipalités au Québec qui s'en vont de ce côté-là. Mais il y a des municipalités, dont Lac-Brome, qui ont exclu les exterminateurs de leur règlement», affirme Luc Jean de Gestion parasitaire de l'Estrie. D'où sa demande afin que Granby pose pareil geste.

M. Jean assure qu'au bout du compte, les exterminateurs utilisent peu de pesticides. «À Granby, toutes les compagnies ensemble utilisent quatre contenants de quatre litres par année. (...) C'est à 99,7% de l'eau. Parce qu'on a besoin de 0,2%, 0,3% pour tuer un insecte», déclare-t-il.

Le maire Bonin n'a pas renchéri, il a quitté la salle du conseil avant que Luc Jean ait fini de répondre aux questions des journalistes.

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