Investissement du Fonds vert: du méthane pour propulser les camions ?

David Heurtel, ministre du Développement durable, de l'Environnement... (photo Janick Marois)

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David Heurtel, ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, a annoncé un investissement de 210 000 $ du Fonds vert pour un projet pilote visant à réduire les émissions de GES dans les fermes laitières. Il était aux côtés de Pierre Paradis, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, et de Jean Nolet, président et directeur général de Coop Carbone.

photo Janick Marois

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Pike River) Les ministres Pierre Paradis et David Heurtel se sont retrouvés sur le plancher des vaches, lundi, pour faire l'annonce d'un investissement de 210 000$ - première phase d'un projet pilote visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les fermes laitières. Coop Carbone lançait du même coup son projet Agro Carbone.

L'aide financière, provenant du Fonds vert, permettra à Coop Carbone de se pencher sur des solutions visant à réduire l'émission de gaz à effet de serre (GES) dans le secteur de la production laitière. Plus tard, l'exercice pourra être étendu à d'autres secteurs, comme ceux de la production porcine, de la volaille ou des grandes cultures.

«C'est une première où l'on tente de réunir les acteurs de la chaîne de valeur au complet pour voir comment réaliser ensemble les projets qui ne sont pas réalisés individuellement par les producteurs ou les entreprises, explique en entrevue Jean Nolet, président et directeur général de Coop Carbone. Le but sera d'identifier des projets qui vont réduire les émissions de gaz, et de faire en sorte de lever les obstacles à leur réalisation.»

L'enveloppe de 210 000$ semble bien mince sur le 1,2 G$ que contient le Fonds vert, mais David Heurtel, ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, assure qu'il s'agit là d'une première étape. Le ministère pourrait s'engager de nouveau si les solutions qui en ressortent le nécessitent. Pierre Paradis, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, renchérit. Si un projet est mis sur pied chez un producteur laitier, plusieurs programmes pourront être appliqués pour l'aider à sa réalisation.

Le projet pilote est doté d'un financement global de 400 000$, la balance provenant d'investissements privés.

Crédits-carbone

Propulser des camions-citernes de lait ou chauffer les édifices de la ferme avec du méthane? Les solutions ne sont pas bien loin. Mais avant tout, il faut analyser et diagnostiquer.

«La première chose est d'explorer le potentiel dans le secteur, évoque M. Nolet. On sait que les émissions proviennent du fait que les vaches ruminent, que ça vient des lisiers, que ça peut venir de la culture dans les champs et des équipements qui consomment les énergies fossiles. En partant de là, l'idée est de voir comment on pourrait faire pour les réduire. Il y a un potentiel théorique de réduction de gaz à effet de serre. Pourquoi ce potentiel théorique ne se réalise pas? On va poser un diagnostic.»

Certaines technologies existent déjà, mais sont peu accessibles aux petits producteurs laitiers. Par ces technologies, il est possible de capter le méthane provenant des fosses de lisier, le brûler et se faire reconnaître, par un tiers parti, des crédits-carbone qu'ils peuvent ensuite revendre sur le marché du carbone. Mais les coûts associés sont si importants que seuls les grands producteurs peuvent y adhérer.

Les opportunités qui se présenteront pourraient permettre aux fermes de se regrouper et d'avoir ainsi un meilleur pouvoir de négociation.

«Très concrètement, la Coop Carbone pourrait réunir les producteurs agricoles, négocier pour eux des équipements qui seraient installés sur leur ferme, négocier pour eux la vérification des réductions de gaz par un tiers parti, mais à un prix avantageux, de sorte qu'on s'organiserait pour qu'il reste de l'argent dans les poches du producteur agricole, donne en exemple M. Nolet. La coop pourrait se charger de vendre, pour tous les producteurs agricoles, les réductions de gaz qui seraient réalisées et qui, une fois mises en commun, pourraient générer un meilleur prix au producteur.»

La première phase du projet pilote Agro Carbone proposera de comprendre pourquoi les mesures envisageables pour réduire les émissions de GES ne sont pas appliquées. Il peut être question de coûts, de technologies et d'accompagnement.

Coop Carbone se propose d'offrir cet accompagnement avec ce projet, né de quelques constats et d'une intuition, mentionne M. Nolet. Le projet en coûtera près de 400 000$ grâce à l'implication gouvernementale et aux investissements privés.

Des rots... maîtrisés

Les producteurs laitiers font depuis plusieurs années des efforts pour réduire les émissions de GES produites dans leurs fermes.

Le producteur laitier Réal Gauthier explique que le carbone émis par une vache provient surtout de son rot. Le Québec se classe en meilleure position que la France et les États-Unis, en produisant 0,93 kg de carbone pour produire un litre de lait. La France génère 1,30 kg de carbone pour un litre de lait et les États-Unis, 1,35 kg pour un litre.

«Depuis 1990, on a diminué les émissions de carbone par les rots des vaches» en changeant et en contrôlant la nourriture, de la terre jusqu'à l'assiette, explique-t-il.

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