«Il y avait des filles et des garçons en larmes»

Mobilier Philippe Dagenais s'est placé à l'abri de... (photo Julie Catudal)

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Mobilier Philippe Dagenais s'est placé à l'abri de ses créanciers. Le magasin de Bromont a fermé ses portes il y a environ un mois. Une fermeture dite temporaire, mais les planchers sont aujourd'hui vides de tout meuble et accessoire.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Bromont) Mobilier Philippe Dagenais se retrouve en bien mauvaise posture. L'entreprise fondée à Granby en 1981 s'est placée à l'abri de ses créanciers. La direction a annoncé la nouvelle vendredi matin aux employés réunis pour l'occasion au magasin de Laval. L'annonce, qui aurait été faite en présence du syndic de faillite, a créé une onde de choc chez le personnel.

«On n'avait pas les mêmes idées de développement,... (photo gracieuseté Sophie Thibeault) - image 1.0

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«On n'avait pas les mêmes idées de développement, M. St-Georges et moi, on n'avait pas le même thinking de Mobilier Philippe Dagenais et du chemin que le magasin devait prendre», indique le designer Philippe Dagenais, qui a vendu son entreprise en 2003. 

photo gracieuseté Sophie Thibeault

«Le magasin était saisi, tout le monde est rentré chez eux, rapporte Philippe Dagenais, celui qui a mis au monde l'entreprise avec son partenaire financier Pierre Loiselle. Les employés étaient très sous le choc. Il y avait des filles et des garçons en larmes. Ils ont des familles ces gens-là, et des responsabilités. C'est un dur coup.»

Le designer bromontois a été informé par des employés renvoyés à la maison, puisqu'il n'est plus propriétaire. MM Dagenais et Loiselle ont en effet vendu leur entreprise en 2003 à Pierre St-Georges, qui n'a pas répondu à notre demande d'entrevue.

Le magasin de Bromont a quant à lui fermé ses portes il y a environ un mois. Sur le site Internet de l'entreprise, qui a été suspendu samedi en milieu de journée pour être remis en ligne des heures plus tard, on indiquait que le magasin était fermé temporairement. C'est également ce qu'on avait dit aux employés mis à pied. Or, les locaux du boulevard de Bromont sont vides et aucune affiche ne laisse croire à une réouverture. L'enseigne arborait précédemment une bannière de vente de fermeture.

Le bail n'a pas encore été résilié. Les propriétaires des bâtiments en sauront plus dans les prochains jours, mais il s'agirait d'une question de temps, fait savoir l'un d'eux. Le restaurant Dame Tartine s'est par ailleurs installée dans une partie des deux bâtiments qui logeait le magasin.

Encore récemment, une offre d'emploi avait été affichée pour un poste de commis d'entrepôt au centre de distribution installé dans le parc industriel de Granby.

Deux fermetures

Avec la fermeture du magasin de Drummondville à la fin du mois de janvier après trois ans d'opération, la dégringolade s'est faite rapidement, remarque M. Dagenais.

«On n'avait pas les mêmes idées de développement, M. St-Georges et moi, on n'avait pas le même thinking de Mobilier Philippe Dagenais et du chemin que le magasin devait prendre. C'était un magasin plus spécialisé en décoration et ameublement et c'est devenu une grande surface comme Brault et Martineau et la Maison Corbeil. Je pense qu'il faut être différent. J'ai fait ma réputation dans les années 70 comme designer parce que ce que je faisais était très différent, ajoute le designer qui oeuvre toujours dans son domaine. Même dans le meuble, on ne copie pas le voisin, on essaie d'être différent. L'idée du président actuel, c'était d'être un petit peu tout le monde.»

M. Dagenais confie avoir été attristé d'apprendre la nouvelle, même s'il s'y attendait un peu après la fermeture du magasin de Drummondville.

Selon La Presse, Mobilier Philippe Dagenais serait aux prises avec des dettes d'environ 6 M$ et une centaine de travailleurs perdent leur emploi. Les succursales seront fermées jusqu'à ce qu'une stratégie de relance soit mise en place.

Sur la page Facebook de l'entreprise, un message visant à rassurer les clients a été publié, samedi en après-midi.

«Chers clients, veuillez prendre note que nous sommes actuellement fermés et ce, pour une période temporaire. Nous rouvrirons nos portes sous peu pour une vente de liquidation. Si vous avez effectué un achat dans l'une de nos succursales et que vous attendez votre commande, une lettre vous sera acheminée sous peu afin de vous expliquer la situation et la suite des événements. Nous sommes désolés des inconvénients et merci de votre compréhension.»

Un employé résidant à Granby a indiqué, sur Facebook, que les commandes des clients seraient finalisées d'ici juin, après quoi les quelques employés restants se retrouveront au chômage. Une information que La Voix de l'Est n'a toutefois pas été en mesure de valider.

Sur le site Internet de l'entreprise, aucune mention n'est faite quant à la situation. On y annonce même une promotion du 31 mars au 3 avril.

Défi du magasinage en ligne

Les défis sont grands pour les entreprises, croit la mairesse de Bromont. «Je crois qu'entre autres, tout le magasinage en ligne est un grand défi pour les magasins traditionnels, expose Pauline Quinlan, attristée par la nouvelle. C'est tellement facile d'aller sur le web, de regarder les choix et de commander. Je pense que les entreprises doivent certainement se réaligner à ce niveau. Certains tirent leur épingle du jeu, d'autres non.» Bromont a perdu son dernier magasin d'ameublement avec la fermeture de Mobilier Philippe Dagenais.

Pascal Bonin, maire de Granby, où se trouve le centre de distribution, n'avait pas de détails supplémentaires à fournir quant à la fermeture de ce qu'il considère être un «fleuron québécois». Il dit espérer qu'une solution soit trouvée pour sauver l'entreprise.

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