Bromont et les animaux dangereux: la police se référera à une «autorité compétente»

Cinq citoyens, quelques invités et les conseillers municipaux... (photo Julie Catudal)

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Cinq citoyens, quelques invités et les conseillers municipaux de Bromont se sont réunis pour une séance d'information sur les modifications apportées au règlement sur les animaux, qui devrait être adopté lundi soir.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Bromont) Les modifications au règlement sur les animaux de Bromont suscitent des questionnements chez certains résidants. Cinq citoyens étaient présents lors d'une rencontre d'information tenue samedi matin à ce sujet. Ils ont fait part de leurs inquiétudes concernant les autorités compétentes qui pourront appliquer des dispositions du règlement, qui devrait être adopté lundi soir.

Rappelons que le règlement, qui avait soulevé la controverse, a subi plusieurs modifications et ajouts pour répondre à la grogne populaire. Carl Girard, éducateur canin, a participé à son élaboration en s'inspirant des expériences vécues dans les autres villes qu'il dessert avec la SPA des Cantons.

L'article qui interdisait la possession d'un chien de race bull-terrier, staffordshire terrier, american pit-bull terrier et american stafford terrier et leurs croisements a ainsi été abrogé. La définition d'un «animal dangereux» a été ajoutée. Un nouveau processus pour les médailles, qui seront valables pour une période d'un an, a été ajouté. Le service policier sera responsable d'intervenir pour faire appliquer le règlement, mais peut se référer à une autorité compétente concernant les animaux dangereux.

«Il n'y a pas eu de discussions encore sur qui sera l'autorité compétente, a indiqué M. Girard. Si j'exclus Bromont, je suis pas mal l'autorité compétente pour le territoire. La plupart des règles qu'il y a ici sont les mêmes que dans plusieurs municipalités.»

Les craintes

Instigatrice de la pétition et porte-parole du club canin, la Bromontoise Marie-Claude Barrette souhaite ardemment que l'évaluation de la dangerosité des animaux ne soit pas faite par les policiers. «Je fais de la réhabilitation avec des foyers d'accueil, précise-t-elle. J'ai eu besoin d'un maître canin pour savoir c'était quoi, l'agressivité. À mon avis, jamais un policier ne devrait pouvoir prendre la décision tout seul si un animal est dangereux.»

Les citoyens présents craignent aussi que les policiers abattent les chiens s'ils montrent des signes d'anxiété, qui peuvent être confondus avec de l'agressivité.

«Les commentaires ont été pris en note. Il faut comprendre que nous n'abattrons pas un animal qui est considéré comme dangereux, répond la sergente Caroline Langlois, du service de police de Bromont. Il peut se faire abattre par un policier seulement s'il y a un danger grave et immédiat. Ça, c'est très clair. (...) Nous serons les premiers intervenants et on verra qui d'autre sera l'autorité compétente pour nous assister dans quelque chose qui n'est pas notre premier mandat.»

Des règles à suivre

Dans le cas d'un chien qui montre certains signes d'agressivité, définis dans le règlement, des déclarations avec les constatations des policiers et des déclarations des témoins et de la victime seront remises à un spécialiste qui évaluera la situation. Si l'animal est déclaré dangereux, le maître devra se conformer à différentes mesures, comme l'identification de celui-ci par micropuce ou tatouage, la stérilisation, la vaccination et le maintien en laisse en tout temps. Toutes les mesures ne sont pas obligatoires. Si les conditions imposées au propriétaire de l'animal ne sont pas remplies, l'euthanasie pourrait être nécessaire. Cependant, il s'agit d'une option de dernier recours, assure Mme Langlois.

«Je vais être honnête avec vous, ajoute M. Girard. En cinq ans, je n'ai jamais recommandé l'euthanasie. J'ai donné des règles à suivre. Pour me rendre à l'euthanasie d'un chien, il faut vraiment que le chien représente un danger immédiat en tout temps. Et je couvre 17 villes sur cinq MRC.»

La question des médailles et de leur distribution préoccupe aussi Marie-Claude Barrette puisqu'elle ne croit pas que les citoyens soient au courant du changement. Pour le moment, c'est le service de police qui applique cette disposition, mais la tâche pourrait être effectuée par des animaleries ou des vétérinaires, par exemple. «On est en cours de réflexion là-dessus parce que le règlement n'est pas adopté encore, explique la greffière Joanne Skelling. L'année 2016 en sera une d'adaptation.»

Les policiers profitent généralement des plaintes citoyennes pour s'assurer que l'ensemble du règlement, comme le port d'une médaille de la Ville, est respecté.

Dans la bonne direction

La mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, croit qu'il y a eu un bon moment de partage d'informations, samedi matin. Elle estime que les échanges ont été positifs.

«J'ose espérer que les gens comprennent bien qu'on a un grand avantage. Nos policiers peuvent intervenir rapidement. S'il y a des incidents, on comprend que la première instance en matière de sécurité, ce sont les policiers. Certaines compétences pourront venir en aide dans des cas particuliers.»

Mme Quinlan s'attendait, comme d'autres élus, à ce qu'il y ait davantage d'engouement dans la salle du conseil. «Il y avait très peu de citoyens par rapport à la soirée où les gens s'étaient manifestés concernant la règle qui visait certaines races de chiens. Dans l'ensemble, les citoyens comprennent que la Ville a revu son projet de règlement. Quand il y a très peu de gens qui viennent, ça démontre que la direction qu'on prend est la bonne.»

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