Quand Québec se désengage: Paradis vante les partenariats

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«Ça doit faire une trentaine d'années que le monde municipal est impliqué pour sauver nos écoles de villages. Et c'est tant mieux. Parce que quand les municipalités sont dans le coup, ça permet un accès à la communauté», soutient le député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Cowansville) La participation financière des municipalités aux projets du ministère de l'Éducation bénéficie à l'ensemble de la population, soutient Pierre Paradis. Le député de Brome-Missisquoi et ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation espère qu'elles continueront dans cette voie.

Ce n'est pas d'hier que les municipalités sont appelées à payer une partie des rénovations ou agrandissements d'écoles, dit-il. Ce fut le cas à Sutton, Frelighsburg et Saint-Armand ces dernières années. «Ça doit faire une trentaine d'années que le monde municipal est impliqué pour sauver nos écoles de villages. Et c'est tant mieux. Parce que quand les municipalités sont dans le coup, ça permet un accès à la communauté.»

De tels partenariats ouvrent la porte à une utilisation accrue des bâtiments, souligne M. Paradis. «On a des écoles, des gymnases qui sont utilisés aujourd'hui par les citoyens. On a des bibliothèques aussi. Si on n'a pas de partenariat entre les commissions scolaires et les municipalités, ça veut dire qu'on barre les écoles dès 16 h et personne n'en profite.»

Le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, n'était pas disponible hier pour répondre à nos questions. Dans une réaction par courriel, son attachée de presse, Anne-Catherine Couture, a réitéré que le gouvernement libéral a annoncé des «réinvestissements dans le secteur de l'éducation dans le dernier budget, notamment en matière d'infrastructures scolaires (...).»

Mme Couture a écrit que plus de 700 millions de dollars seront investis sur trois ans, soit 1,2 milliard de dollars de plus investis sur trois ans. L'argent «servira à bonifier les milieux d'apprentissage des élèves, afin qu'ils évoluent dans un environnement sain».

La faute aux Pères de la Confédération?

 L'étau financier dans lequel les municipalités se trouvent est une répercussion des discussions entourant la création de la Confédération en 1867, selon Louise Leblanc, professeure d'histoire et de science politique au Cégep de Granby-Haute-Yamaska.

En départageant les compétences entre le fédéral et les provinces, les Pères de la Confédération ont statué qu'Ottawa pourrait taxer pratiquement tout ce qu'elle veut pour financer ses activités, indique Mme Leblanc. Les pouvoirs de taxation accordés aux provinces ont été plus timides. Quant aux municipalités, les créatures de ces provinces, elles en ont eu encore moins, rappelle-t-elle.

«Les municipalités n'avaient pas beaucoup de responsabilités à l'époque. Mais elles se sont développées avec le temps, sont devenues plus urbaines. Leurs citoyens ont demandé d'avoir des services, mais les municipalités n'avaient pas nécessairement l'argent voulu pour offrir des services», explique Mme Leblanc. Elles ont commencé à prélever des taxes foncières. «C'était et ça demeure leur seule source de revenus», dit-elle.

Les municipalités écopent des difficultés financières des provinces, soutient Mme Leblanc. Ça se voit dans les secteurs de l'éducation et de la santé, dit-elle, où l'offre de services est réduite. «Les citoyens s'adressent à leur ordre de gouvernement le plus proche: les municipalités», souligne-t-elle. «L'enjeu majeur pour les municipalités est de garder leurs citoyens. Elles doivent être attirantes pour le faire, avoir des services sur leur territoire. Ça crée une pression pour qu'elles dépensent pour des services normalement offerts par le gouvernement (provincial).»

Il est clair, aux dires de la professeure Leblanc, que Québec doit permettre aux municipalités de varier ses sources de revenus pour répondre aux besoins de ses citoyens. C'est ce que revendique depuis plusieurs années l'Union des municipalités du Québec, fait-elle remarquer.

Le temps presse, dit-elle. «On est rendus à un carrefour. On peut s'attendre à ce que l'État se désiste encore plus de ses responsabilités et que les municipalités les prennent. Elles n'ont pas vraiment le choix de le faire. Mais à un moment donné, ça va éclater si les municipalités n'ont pas d'autres revenus.»

 

- Avec la collaboration de Marie-Ève Martel

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