La faute aux Pères de la Confédération?

Louise Leblanc est professeure d'histoire et de science... (Archives, La Voix de l'Est)

Agrandir

Louise Leblanc est professeure d'histoire et de science politique au Cégep de Granby-Haute-Yamaska.

Archives, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Michel Laliberté
La Voix de l'Est

L'étau financier dans lequel les municipalités se trouvent est une répercussion des discussions entourant la création de la Confédération en 1867, selon Louise Leblanc, professeure d'histoire et de science politique au Cégep de Granby-Haute-Yamaska.

En départageant les compétences entre le fédéral et les provinces, les Pères de la Confédération ont statué qu'Ottawa pourrait taxer pratiquement tout ce qu'elle veut pour financer ses activités, indique Mme Leblanc. Les pouvoirs de taxation accordés aux provinces ont été plus timides. Quant aux municipalités, les créatures de ces provinces, elles en ont eu encore moins, rappelle-t-elle.

«Les municipalités n'avaient pas beaucoup de responsabilités à l'époque. Mais elles se sont développées avec le temps, sont devenues plus urbaines. Leurs citoyens ont demandé d'avoir des services, mais les municipalités n'avaient pas nécessairement l'argent voulu pour offrir des services», explique Mme Leblanc. Elles ont commencé à prélever des taxes foncières. «C'était et ça demeure leur seule source de revenus», dit-elle.

Les municipalités écopent des difficultés financières des provinces, soutient Mme Leblanc. Ça se voit dans les secteurs de l'éducation et de la santé, dit-elle, où l'offre de services est réduite. «Les citoyens s'adressent à leur ordre de gouvernement le plus proche: les municipalités», souligne-t-elle. «L'enjeu majeur pour les municipalités est de garder leurs citoyens. Elles doivent être attirantes pour le faire, avoir des services sur leur territoire. Ça crée une pression pour qu'elles dépensent pour des services normalement offerts par le gouvernement (provincial).»

Il est clair, aux dires de la professeure Leblanc, que Québec doit permettre aux municipalités de varier ses sources de revenus pour répondre aux besoins de ses citoyens. C'est ce que revendique depuis plusieurs années l'Union des municipalités du Québec, fait-elle remarquer.

Le temps presse, dit-elle. «On est rendus à un carrefour. On peut s'attendre à ce que l'État se désiste encore plus de ses responsabilités et que les municipalités les prennent. Elles n'ont pas vraiment le choix de le faire. Mais à un moment donné, ça va éclater si les municipalités n'ont pas d'autres revenus.»

 - Avec la collaboration de Marie-Ève Martel

GRANBY

2006

Pour garder l'école primaire Saint-Benoît ouverte, la municipalité a dû s'engager financièrement.

-Coût: 50 000$

2010

La Ville a donné un terrain d'une valeur de 200 000$ à la commission scolaire du Val-des-Cerfs. En 2011,  l'école Eureka a été construite.

2011 à 2014

Granby a financé une clinique médicale de sans rendez-vous.

-Coût: 120 000$ par année, soit la moitié du budget annuel de la clinique

COWANSVILLE

2006-2007

La Ville de Cowansville a versé 70 000 $ à la commission scolaire du Val-des-Cerfs pour maintenir ouverte l'école primaire Curé-A.-Petit pour deux ans. La CSVDC voulait la fermer en raison d'une baisse d'élèves. L'école est toujours ouverte et affiche presque complet.

SAINT-CÉSAIRE

2015-2016

Pour éviter le transfert d'élèves vers Ange-Gardien, la municipalité a dû exproprier neuf résidences pour permettre l'agrandissement de l'école Saint-Vincent.

-Coût: plus de 3 millions$

ANGE-GARDIEN

2015-2016

La municipalité a financé une partie de l'agrandissement de l'école Jean-XXIII afin de la doter d'un gymnase double.

-Coût: 1,2 million$

FARNHAM

Projet en cours depuis 2012

La municipalité souhaite doter l'école Saint-Romuald d'un nouveau gymnase.

-Coût: 400 000$

2015-2016

La municipalité souhaite aider le CPE Le Colibri à déménager dans des installations plus sûres.

-Coût: don du terrain et frais d'une partie de la construction

BROMONT

2014 à 2016

Pour éviter qu'une cinquantaine d'élèves de l'école Saint-Vincent-Ferrier soient transférés à Saint-Alphonse-de-Granby, Bromont a investi dans des locaux temporaires.

-Coût: 70 000$

2014

Bromont a financé la mise en place d'un terrain de soccer synthétique.

-Coût: 700 000$ en plus du terrain estimé à 45 000$, qu'elle n'a pas encore cédé à la CSVDC

1992

La Ville a participé à la construction de l'école Chantignole et à l'aménagement d'une bibliothèque scolaire et municipale.

1986

Bromont a investi, en partenariat avec la commission scolaire et le ministère de l'Éducation de l'époque, pour doter l'école St-Vincent-Ferrier d'un gymnase senior accessible à sa population.

-Coût: 400 000$

ROXTON POND

Depuis 2009

La municipalité participe au financement d'une coopérative de santé.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer