Procès d'Anthony Tristan Bernard: l'accusé « a tout orchestré»

«Il a ouvert son coeur et m'a tout... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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«Il a ouvert son coeur et m'a tout dit, a déclaré Marie-Pierre Mathieu, ex-conjointe de l'accusé. Il voulait me dire un secret qu'il trouvait lourd à porter.»

Spectre Média, Jessica Garneau

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Sherbrooke) Bourré de remords, Anthony Tristan Bernard aurait confessé son crime à sa conjointe au milieu des années 1990.

«Il m'a avoué qu'il avait tué son père, a affirmé au tribunal Marie-Pierre Mathieu, ex-amie de coeur de l'homme de 48 ans accusé de meurtre prémédité.

«Il a ouvert son coeur et m'a tout dit. Il avait de la peine, il pleurait. Il voulait me dire un secret qu'il trouvait lourd à porter.»

La victime, Alain Bernard, avait été retrouvée morte dans son salon le 31 août 1987 à Granby. Selon Mme Mathieu, l'accusé «a tout orchestré» parce qu'il avait des problèmes avec son père, des problèmes d'argent et des problèmes de consommation» de cocaïne.

«Il avait fait une planification chronométrée, a ajouté l'ex-danseuse nue de 48 ans. Il a calculé le temps entre Montréal et Granby et il est parti au milieu d'un spectacle au Saint-Sulpice comme alibi.»

Plan

Selon le plan, son ami Alain Béliveau devait appuyer sur la gâchette et son cousin Patrice Bernard devait ramasser la douille. Mais au dire de Mme Mathieu, les choses se sont bousculées et c'est finalement Patrice qui a tiré.

«Il est entré en disant: "Bonjour mononcle, est-ce que je peux aller chercher quelque chose dans la chambre à Chantal (NB: l'ancien nom d'Anthony Tristan)? Il a marché un peu, s'est retourné et a tiré», pendant que l'accusé et son ami attendaient dans la voiture.

Patrice Bernard et Alain Béliveau ont déjà été trouvés coupables de meurtre prémédité lors de deux procès séparés.

«On ne pense jamais que celui qu'on aime pourrait être capable de commettre un crime», a dit Marie-Pierre Mathieu, appelée à la barre par le ministère public, représenté par Me Claude Robitaille.

 «Comment vous viviez avec ça?», lui a demandé le procureur.

 «J'étais un peu sous le choc, mais je l'aimais, c'était mon conjoint, a répondu le témoin. Je ne l'ai pas jugé. Il l'avait fait, on est passés à autre chose.»

Relation

L'interrogatoire principal terminé, Me Alexandra Longueville, à la défense, s'est attaqué à la crédibilité du témoin. Par ses questions, elle a relevé que Mme Mathieu consommait aussi de la cocaïne à l'époque. Elle a de plus menti en disant qu'elle n'avait parlé qu'aux policiers de ce que l'accusé lui avait confié.

Mme Mathieu, a souligné la défense, entretenait aussi une relation particulière avec M. Bernard. Étudiante à l'université, elle l'avait rencontré dans le cadre d'un reportage sur les transgenres. Le coup de foudre aurait été immédiat.

«Il m'a raccompagnée à mon auto et a tout déblayé ma voiture, a-t-elle dit. C'était un vrai gentleman.»

Ce n'est que quelques semaines plus tard qu'elle a réalisé qu'il était, physiquement, toujours une femme, l'accusé n'ayant subi une phalloplastie qu'à la fin des années 1990. Ce qui n'a pas entamé leur relation, au contraire. Elle a couché avec lui alors même qu'elle s'apprêtait à marier un autre homme.

«Pour moi, l'amour, ce n'est pas la sexualité, a expliqué Mme Mathieu. On a eu une période heureuse. On avait deux filles, j'étais la maman, il était le papa.»

Séparation

Mais Anthony Tristan consommait plus de cocaïne qu'elle, en plus de se l'injecter. Leur couple n'a pas survécu à cette dépendance et ils se sont séparés en 2001. Mme Mathieu lui reprochait aussi d'être violent. L'accusé l'aurait menacée de mort si elle révélait son secret.

Elle a tout déballé à la police en 2001. Les enquêteurs ont toutefois pris sept autres années avant de pouvoir accuser le trio. Le procès d'Anthony Tristan Bernard reprend jeudi, au palais de justice de Sherbrooke.

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