L'asclépiade à l'assaut de l'Everest

L'alpiniste Jean-François Tardif portera une combinaison élaborée à... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

Agrandir

L'alpiniste Jean-François Tardif portera une combinaison élaborée à partir de la fibre d'asclépiade pour affronter les conditions climatiques extrêmes de l'Everest.

Alain Dion, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Test ultime pour la fibre d'asclépiade, développée à Granby par l'entreprise Protec-Style. L'alpiniste Jean-François Tardif prendra vendredi la direction du mont Everest, au Népal, où il mettra à l'essai une combinaison confectionnée avec cet isolant naturel qui suscite beaucoup d'intérêt dans le milieu du plein air.

L'objectif: tester le vêtement dans des conditions climatiques extrêmes. «Si ça fonctionne sur la plus haute montagne du monde, d'après moi, quelqu'un qui s'achète un manteau pour aller à Saint-Sauveur devrait être pas pire», a laissé tomber mardi M. Tardif dans un sourire. Celui-ci était de passage dans les locaux de Protec-Style pour y régler les derniers détails avant son départ.

Le mercure oscille autour de -55 ° Celsius, ces jours-ci, à partir du camp quatre de l'Everest, selon Jean-François Tardif. «J'espère avoir une journée de sommet à -10, mais c'est rare», dit-il.

Qu'à cela ne tienne, la fibre d'asclépiade, aussi baptisée soie d'Amérique, devrait le garder au chaud. Si elle tient ses promesses, la technologie pourrait révolutionner le marché, selon l'alpiniste. «Depuis le Gore-Tex, c'est ce qu'il y a de plus gros», dit-il.

Selon lui, il n'y avait pas d'alternatives autres que le duvet et les matières synthétiques pour les vêtements de plein air; le premier étant le plus chaud. «Là, on a quelque chose de pratiquement aussi compressible, de plus léger, et aussi chaud - ou même plus chaud - que ce qu'il y a sur le marché», dit celui qui a eu l'occasion de tester des prototypes de sa combinaison par des températures de -28 degrés.

Bien entouré

Le périple de Jean-François Tardif devrait durer deux mois. Il croit atteindre le camp trois de l'Everest (7000 mètres) au début mai. À partir de cette étape, il se départira de son sac de couchage et dormira dans sa combinaison - orange comme les monarques -, avec une couverture d'asclépiade, pour réduire le poids de son matériel.

S'il atteint le sommet, ce pourrait être vers le 15 mai. Il compte réaliser cet exploit sans oxygène, ce qui serait une première pour un Québécois.

Sur place, Jean-François Tardif pourra entre autres compter sur l'expertise du Cowansvillois d'origine, familier avec l'Everest, Gabriel Filippi. Ed Viesturs, une sommité américaine de l'alpinisme qui s'intéresse aux propriétés de la soie d'Amérique, sera aussi de passage au camp de base durant l'expédition de M. Tardif.

Rayonnement

À Granby, l'équipe de Protec-Style et de Monark, l'entreprise créée pour commercialiser la fibre, suivra avec intérêt le périple de l'alpiniste, qu'il atteigne ou non le sommet.

«C'est un exploit important pour notre région qui rejaillit sur nous. Ça part de Granby et il faut s'en enorgueillir parce que le rayonnement sera planétaire», estime le président de Protec-Style, François Simard.

La production industrielle de l'isolant d'asclépiade, cette plante affectionnée par les papillons monarques et longtemps considérée comme une mauvaise herbe, devrait débuter en juin, en quantité limitée pour le moment, souligne Nathalie Morier, directrice générale de Monark.

La «vraie» récolte à échelle industrielle de la plante est prévue pour septembre 2016. Le nombre de producteurs agricoles intéressés à cultiver l'asclépiade est en hausse. «À ce moment, la machine va être partie», affirme Mme Morier.

Selon elle, le marché du plein air démontre beaucoup d'intérêt, non seulement pour la fabrication de vêtements, mais aussi d'accessoires, comme des sacs de couchage, des chaussures et des bottes. Les appels proviennent du Québec, mais aussi de l'Europe et des États-Unis, dit-elle.

«On veut devenir la référence mondiale en matière d'isolant naturel», renchérit la présidente de Monark, Janique Scott.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer