Meurtre d'Alain Bernard: l'arme du crime n'a pas été trouvée

Anthony Tristan Bernard est accusé du meurtre prémédité... (illustration Serge Paquette)

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Anthony Tristan Bernard est accusé du meurtre prémédité de son père, Alain.

illustration Serge Paquette

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Plusieurs raisons ont contribué au piétinement de l'enquête sur le meurtre d'Alain Bernard, commis à Granby en 1987.

D'abord, le fusil n'a jamais été trouvé, a révélé jeudi l'enquêteur de l'époque, Noël Bolduc. Le retraité de la SQ de 73 ans a poursuivi son témoignage au procès d'Anthony Tristan Bernard, accusé du meurtre de son père.

Alain Bernard avait été tué d'une balle dans la tête à son domicile de la rue Noiseux. Il n'y avait pas de trace d'effraction et «on n'a pas trouvé d'arme à feu», a indiqué M. Bolduc lorsque contre-interrogé par la défense, représentée par Me Alexandra Longueville et Me Stéphanie Marier.

Suspects

Ensuite, tous les suspects avaient des alibis et un nombre impressionnant de personnes bénéficiaient de la mort du prospère homme d'affaires. Ses filles Chantal et Linda ont chacune hérité de 300 000$, ses frères touchaient une assurance-vie de 1 M$, ses deux fils, nés d'une union précédente, recevaient aussi un montant, tout comme la fille que M. Bernard a eue avec sa maîtresse.

Deux mois avant son assassinat, M. Bernard avait vendu ses parts dans l'entreprise familiale de pneus à ses frères Sarto et Michel, et il avait récemment modifié son testament. La défense a aussi souligné que le jour même du crime, un cambrioleur qui avait déjà sévi chez la victime a obtenu son congé de prison.

Pour ajouter aux difficultés, la scène de crime a été étonnamment peu protégée. Noël Bolduc a fait remarquer qu'à son arrivée, les agents sur place avaient permis à des membres de la famille de se promener dans la luxueuse maison et même, de se faire du café.

«Il y a eu beaucoup de va-et-vient», a reconnu l'ex-enquêteur. Le père de la victime est notamment monté à l'étage avant d'être invité à sortir, mais sans être fouillé.

Complices

Me Longueville a donc soulevé, par ses questions, que plusieurs suspects auraient pu commettre le crime. Pas seulement Chantal, qui s'appelle aujourd'hui Anthony Tristan et est accusé d'avoir organisé le meurtre avec l'aide de deux autres personnes.

Ceux-ci, son cousin Patrice Bernard et un ami, Alain Béliveau, ont déjà subi leur procès et purgent présentement une peine de prison à vie pour meurtre prémédité. Tous avaient été arrêtés 22 ans après le crime, en 2009, à la suite d'une enquête policière d'envergure de type «cold cases».

Selon la Couronne, représentée par Me Claude Robitaille, l'accusé a planifié le meurtre de son père et conduit l'automobile qui a mené les trois hommes au lieu du crime. Ce serait toutefois le neveu de la victime qui a appuyé sur la gâchette. Le trio s'est ensuite rendu à Montréal «pour se créer un alibi».

Le procès de M. Bernard reprend le mardi 29 mars au palais de justice de Sherbrooke où le procès a été transféré par souci d'avoir des jurés objectifs et de limiter les déplacements de l'accusé. M. Bernard, qui est détenu à Sherbrooke, souffre de problèmes de santé. Au moins quatre semaines ont été réservées pour ce procès.

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