«Ils n'arriveront pas à éteindre notre flamme»

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Selon l'entraîneur-promoteur de Shefford, Dirk Waardenburg, les tensions entre les groupes ethniques sont bien palpables dans la capitale belge.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

Les attentats revendiqués par l'État islamique qui ont frappé Bruxelles, mardi matin, ont plongé la population et les touristes dans un amalgame de terreur, de consternation et d'incertitude. L'onde de choc était bien palpable lorsque La Voix de l'Est s'est entretenu avec des gens touchés de près ou de loin par la tragédie.

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La Belge Anne Bomblet vit dans l'incertitude depuis les attentats qui ont fait des dizaines de morts, mardi.

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Le propriétaire du Speedy Gym de Granby, Dirk Waardenburg, se trouve à Bruxelles avec deux jeunes boxeurs pour perfectionner leur technique. Jamais il n'aurait pensé vivre une telle montagne russe d'émotions en remettant les pieds dans sa ville natale. L'entraîneur-promoteur raconte qu'il était déjà sur le qui-vive, à peine quelques heures après être descendu de l'avion, vendredi. Il a alors été plongé bien malgré lui au coeur des opérations policières ayant mené à l'arrestation de Salah Abdeslam, un des principaux suspects des attentats du 13 novembre à Paris.

«Notre arrivée, vendredi, a été mouvementée, a-t-il indiqué au journal via Facebook, les lignes téléphoniques étant saturées. On s'entraîne dans le quartier Molenbeek. La police a capturé un terroriste. On a vu toute la scène. Puis ce matin (mardi), en se levant, on a vu les attentats qui ont eu lieu à l'aéroport et dans le métro. La police et l'armée sont partout dans les rues. Le trafic est fou vu que le transport public est [paralysé].»

Selon le résidant de Shefford, les tensions entre les groupes ethniques sont bien palpables. «Il y a ceux qui blâment les islamistes [pour les attentats], a-t-il fait valoir. Là où on s'entraîne, il y a beaucoup de Maghrébins. Eux aussi, ils en ont ras le bol, car ils sont ciblés, mais ils sont aussi [victimes] que tout le monde.»

Et comment se sent-on en voyant son patelin frappé de la sorte par des terroristes?

«Ça fait bizarre. On pense toujours que ça arrive ailleurs. Mais là, c'est chez nous. Parfois, on ne veut pas voyager dans certains pays à cause des problèmes politiques ou la guerre. Mais là, on voit qu'on n'est plus à l'abri nulle part. Ça peut arriver chez nous aussi, au Québec. Mais il ne faut pas vivre dans la peur, sinon [les terroristes] gagnent.»

Menace omniprésente

Les déflagrations meurtrières ayant fait des dizaines de victimes et des centaines de blessés à l'aéroport de Bruxelles et dans la station de métro, mardi, ont laissé de profondes cicatrices chez les citoyens de la capitale belge.

 Anne Bomblet est du nombre. La Québécoise d'adoption tente tant bien que mal de reprendre un «semblant de vie normale». «Je travaille à Forest, j'étais donc dans le périmètre de sécurité lors de la fusillade le 15 mars. Aujourd'hui (mardi), lorsque nous avons entendu parler des premières explosions à l'aéroport, ça a été l'inquiétude et l'incertitude. Quand on a appris qu'une explosion avait eu lieu dans le métro, ça a été la panique... et ça confirmait nos doutes. Nous avons passé la journée à tenter de contacter nos proches pour nous assurer de leur sécurité ou les rassurer sur la nôtre», a-t-elle confié.

En fait, chaque petit geste du quotidien prend une tout autre dimension. Le seul fait de devoir revenir à la maison ravive chez Anne Bomblet les images d'horreur véhiculées en boucle par les médias de la planète. «Je viens de quitter le travail et sortir du bâtiment était un stress. J'habite au centre-ville de Bruxelles et je n'ose pas rentrer chez moi. Je suis inquiète à l'idée de reprendre les transports en commun pour aller travailler. On se demande si ça s'arrêtera un jour. On se demande si on va pouvoir revivre sans cette menace permanente au-dessus de nos têtes.»

Selon Anne Bomblet, les gestes haineux envers les musulmans demeurent isolés, mais la tension est bien présente au sein de la population. «La méfiance est générale. Je ne sais pas si on peut la relier à une religion. Le problème, ce sont les islamistes, pas les musulmans», a-t-elle commenté.

Malgré le climat de terreur qui règne autour d'elle, la jeune femme a tenu à livrer un message d'espoir. «Bruxelles est vivante et animée, ils n'arriveront pas à éteindre notre flamme.»

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