CINLB: le président fier du chemin parcouru

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«On a prouvé qu'on peut gérer le Centre efficacement et qu'on peut améliorer sa rentabilité. Je pense que nous avons réussi. On peut continuer d'aller de l'avant», affirme Jean-Marie Lemoy. Son mandat de président du CINLB, qu'il a assumé pendant neuf des dix dernières années, se terminera à la fin du mois.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) Jean-Marie Lemoy aime arpenter les sentiers calmes du CINLB. Il connaît pas mal tous les recoins de l'endroit et les redécouvre toujours avec joie. Il a passé des milliers d'heures à réfléchir, à discuter et à promouvoir la raison d'être de cet immense parc municipal avec les autres membres bénévoles du conseil d'administration. Le 29 mars, après six ans à la tête du Centre, il cédera sa place, comme le veulent les règles de gouvernance de l'organisation.

L'avenir s'annonce prometteur pour le Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin, croit Jean-Marie Lemoy. Président sortant de l'organisation, il est d'avis qu'elle remplit bien sa mission de conserver les 410 hectares de forêts et de marais que lui a confiés la Ville de Granby en 1980. Il souhaite que le CINLB continue de mettre sur pied des activités grand public pour assurer sa pérennité, mais également son indépendance financière.

«On a établi des bases solides depuis une dizaine d'années. Un gros travail a été fait pour mieux s'organiser, mieux planifier nos activités. On a prouvé qu'on peut gérer le centre efficacement et qu'on peut améliorer sa rentabilité. Je pense que nous avons réussi. On peut continuer d'aller de l'avant», soutient M. Lemoy qui a occupé le poste de président à deux reprises: de 2006 à 2009 puis de 2010 à aujourd'hui.

Sous sa présidence, le CINLB a notamment convaincu la Ville de construire un nouveau pavillon d'accueil au coût de 1,9 million de dollars. D'importants travaux ont aussi permis de retaper l'ensemble des sentiers et d'installer des panneaux d'interprétation des lieux.

Une tarification pour fréquenter le centre a aussi été mise en place pour les visiteurs qui ne possèdent pas une carte loisir de la Ville de Granby. Une décision contestée, convient M. Lemoy.

«Le péage a été difficile à accepter. Mais ça nous assure une bonne source de revenus», dit-il (voir encadré: L'impact de la tarification). De plus, un plan stratégique de développement a été conçu.

Une paix politique, puis un partenariat financier ont été conclus avec le conseil municipal. Des tensions existaient en effet à l'époque entre les deux groupes, des élus municipaux remettant en question la pertinence d'une administration indépendante pour le CINLB. L'arrivée à la mairie de Richard Goulet et de plusieurs nouveaux conseillers a complètement changé la donne, souligne M. Lemoy.

Elle est maintenant loin l'époque où la légitimité de l'administration du CINLB était remise en question par la Ville. Loin, reconnaît M. Lemoy, mais pas oubliée.

«Ç'a été une période très difficile pour les administrateurs. On sentait beaucoup de pression du conseil (municipal). On sentait qu'on voulait nous tasser. On était sur la défensive. Notre but était de gérer le centre, pas de plaire au conseil. On a mis nos culottes, on leur a expliqué ce qu'on voulait faire et comment on voulait le faire», a expliqué M. Lemoy.

Il s'est dit fier de la solidarité affichée par ses collègues administrateurs en ces temps difficiles. Un de ses plus beaux souvenirs, dit-il.

Indépendance financière

Aujourd'hui, le CINLB dépend moins des subsides de la Ville pour opérer. Certes, il reçoit annuellement 162 000$ de la municipalité pour boucler son budget. Mais celui-ci est de 678 585$, fait remarquer son président. Du travail a été fait pour augmenter les sources de revenus, souligne-t-il. «On ne peut pas dire qu'on s'autofinance. Mais on a plus d'indépendance financière qu'avant», soutient-il.

Le protocole d'entente liant le CINLB et la Ville arrivera à échéance à la fin de l'année. Il devra alors être renégocié. «On nous a dit que de petites modifications devaient être apportées», dit M. Lemoy.

Il est confiant que les discussions se dérouleront bien. Mieux vaut cependant être vigilant, croit-il, soulignant les discussions difficiles entre la Ville et Le Palace ainsi que celles avec l'organisme Granby Multi-Sports. «Ça nous met sur nos gardes», dit-il. «Il ne faut pas que ça soit une entente qui est restrictive, où la Ville va prendre trop de place.»

M. Lemoy présidera sa dernière assemblée générale annuelle le 29 mars.

Sous la présidence de M. Lemoy, le CINLB... (photo Alain Dion) - image 2.0

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Sous la présidence de M. Lemoy, le CINLB a effectué d'importants travaux qui ont notamment permis de retaper l'ensemble des sentiers et d'installer des panneaux d'interprétation des lieux.

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Deux gros projets sur la table à dessin

Deux gros projets sont sur la table à dessin au CINLB: une volière à papillons et un centre d'interprétation des rivières. «On cherche à innover. On veut attirer une nouvelle clientèle», explique Jean-Marie Lemoy. «Ce sont des projets qu'on doit prévoir à long terme», ajoute-t-il.

L'idée d'une volière n'est pas nouvelle. Elle fait l'objet de discussions depuis quelques années. M. Lemoy y voit toutefois une suite logique avec le Festival du monarque tenu début septembre. La volière serait ouverte au public cinq mois par année.

Sur place, plusieurs espèces de papillons seraient élevées. Outre l'aspect scientifique, un volet éducatif serait offert aux visiteurs. «On voit qu'il y a un grand intérêt dans la population pour tout ce qui touche la nature.»

Le centre d'interprétation des rivières est un autre projet de longue haleine. L'idée, explique M. Lemoy, serait de rendre en quelque sorte hommage aux rivières du Québec en rappelant leur utilité à travers notre histoire. Leur valeur écologique, faunique aussi bien qu'économique serait abordée.

Le futur conseil d'administration devra également assurer l'entretien des infrastructures existantes, note M. Lemoy. Parmi celles-ci, les passerelles et les rampes du sentier du marécage devront être rénovées à court terme, dit-il. Un petit investissement entre 40 000$ à 80 000$ est à prévoir.

Par ailleurs, le CINLB érigera bientôt une nouvelle enseigne le long de la rue Drummond. L'enseigne sera éclairée grâce à de l'électricité produite par une petite éolienne et un panneau photovoltaïque accrochés à la structure. Coût de l'installation: 35 000$.

Une telle enseigne manquait au centre, selon M. Lemoy. «Ça me fatiguait depuis longtemps. On corrige une lacune.»

L'impact de la tarification

L'imposition d'une tarification pour visiter le CINLB a toujours une influence sur le nombre de personnes qui fréquentent les lieux. En 2015, un peu plus de 150 000 visites ont été enregistrées, indique Mario Fortin, directeur général du centre.

En 2012, juste avant que l'accès au site soit tarifé, près de 200 000 visites avaient été effectuées. «La tarification a eu un impact, c'est certain. Mais on commence à avoir plus de monde», souligne M. Fortin.

L'année dernière, les revenus liés aux droits d'entrée se sont élevés à 63 417 $. Ils avaient totalisé 58 813 $ en 2014 et 60 981 $ en 2013. Michel Laliberté

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