Rougemont: Alix nie s'être placé en conflit d'intérêts

Jeannot Alix... (Photo Janick Marois)

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Jeannot Alix

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Montréal) Jeannot Alix jure s'être toujours retiré de la table des discussions quand le projet de développement domiciliaire dans lequel il était actionnaire était à l'ordre du jour du conseil municipal de Rougemont. Le conseiller se présentait mercredi devant la Commission municipale du Québec (CMQ), qui a le mandat de déterminer s'il s'est placé en conflit d'intérêts en 2012.

Aux juges administratifs Sylvie Piérard et Thierry Usclat, le pomiculteur a martelé avoir quitté la salle du conseil entre 11 et 15 fois, «peut-être même plus», sachant qu'il ne devait pas se prononcer sur le développement en question. Depuis 2010, M. Alix est impliqué à titre d'actionnaire aux côtés de l'ancien conseiller Mario Côté et de Francis Lavoie au sein de l'entreprise 9225-4713 Québec Inc, aussi appelée Développement ALC.

La plainte formulée à l'endroit de M. Alix concerne sa présence et un vote allégué lors de la séance du conseil d'octobre 2012, le tout en lien avec une entente survenue à la même période. Celle-ci encadre la phase deux du développement de la rue Jean-Baptiste-Jodoin. La première phase du projet avait fait l'objet d'un contrat similaire en 2010.

Contradictions

Le témoignage de M. Alix a débuté un peu avant 17h, mercredi. Il contredisait parfois les déclarations de la directrice générale de Rougemont, Kathia Joseph, de son adjoint et directeur des services techniques, Damien Sanschagrin, et du maire Alain Brière, qui ont défilé devant la Commission avant lui.

Quatre procès-verbaux rédigés entre 2010 et 2015 indiquaient que M. Alix était présent et avait voté, dont celui d'octobre 2012. Or, ce n'était pas le cas, s'est défendu le principal intéressé, qui admet ne pas avoir consulté lesdits procès-verbaux avant leur adoption, à l'époque. «On se fiait à sa bonne parole. On avait confiance», a-t-il dit, faisant référence à la directrice générale, à qui il attribue les erreurs.

Or, si son retrait n'a pas été noté au procès-verbal, c'est que Jeannot Alix est fort probablement demeuré assis, ont soutenu en substance M. Sanschagrin et Mme Joseph, dont le témoignage a duré près de cinq heures.

Confronté par la suite par le juge Thierry Usclat à propos de la déclaration du maire Brière, qui affirmait que le pomiculteur ne quittait pas toujours les séances quand son projet était discuté, M. Alix a allégué que le premier magistrat vivait une période trouble à l'époque et que c'était pour cette raison que certaines informations étaient inexactes. Lors de son témoignage, M. Brière a effectivement évoqué le cancer et le décès de sa conjointe pour justifier sa difficulté à se souvenir de certaines séances et de certaines dates.

«On s'est toujours retirés», a répété à plusieurs reprises Jeannot Alix, en faisant référence à son partenaire d'affaires Mario Côté, qui était aussi conseiller à l'époque.

Des promoteurs pressés

Au cours de l'audience, on a aussi pu apprendre que des changements de zonage ont été nécessaires pour faire avancer le projet, comme c'est le cas de plusieurs développements. Cela s'est toutefois fait «plus vite qu'à la normale», a pris soin de souligner Kathia Joseph. «On était pressés. Les promoteurs semblaient pressés», a affirmé l'employée-cadre, expliquant que les règlements avaient été en partie adoptés lors de séances extraordinaires.

En l'absence de citoyens, ces séances ont parfois été tenues dans la salle de caucus, là où ont lieu les rencontres préliminaires (plénières) du conseil, où Développement ACL a été abordé «à plusieurs reprises». Cela aurait pu expliquer le fait que M. Alix, et M. Côté du temps qu'il était conseiller, ne se sont pas éclipsés, ont fait valoir certains témoins.

Le passage de M. Alix au Comité consultatif d'urbanisme de Rougemont a aussi été abordé. En y siégeant de 2009 à 2011 - le maire l'en a retiré juste avant que n'entre en vigueur le Code d'éthique et de déontologie de la municipalité -, le conseiller pouvait «faire des recommandations au conseil de même qu'étudier des dérogations, des projets de développement et des modifications au règlement de l'urbanisme», a énuméré M. Sanschagrin.

À l'époque, M. Lavoie présidait le CCU, dont il a toutefois démissionné, étant partie prenante de Développement ACL. Questionné par le procureur de la CMQ, Me Nicolas Dallaire, à savoir pourquoi il n'avait pas fait de même, M. Alix a répondu que le CCU «n'était pas formel. C'est subjectif, ce n'est pas décisionnel. C'est au conseil que se prennent les décisions.»

La journée s'est conclue avec le témoignage de France Giard, ancienne conseillère municipale. L'audience reprendra jeudi matin avec celui de l'ancien conseiller et associé de M. Alix, Mario Côté. Les plaidoiries suivront.

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