La CMQ tranche en faveur de Cowansville

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La Commission municipale du Québec estime que la Ville de Cowansville peut permettre la construction d'un édifice de 150 logements dans le secteur patrimonial de la rue Principale. Le terrain choisi par les promoteurs est celui où se trouve la maison Robinson.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Cowansville) La Ville de Cowansville ne contrevient pas à son plan d'urbanisme en autorisant la construction d'un édifice de 150 logements sur quatre étages dans un secteur patrimonial de la rue Principale, conclut la Commission municipale du Québec.

Dans son jugement, la juge administrative Sylvie Piérard écrit que bien que des contradictions existent dans les règles et visions d'urbanisme de la Ville, le zonage où l'édifice doit être érigé permet de telles constructions.

La modification de zonage du secteur, qui ouvre la voie à la réalisation de ce projet sur le terrain où se trouve la maison Robinson, était contestée par un groupe de citoyens. Quelque 420 personnes avaient demandé à la CMQ d'analyser le processus et de statuer sur sa légalité. Autoriser un tel projet, ont-elles plaidé, va à l'encontre du plan d'urbanisme qui propose plutôt de protéger l'aspect et l'ensemble patrimoniaux du secteur.

La juge Piérard ne le voit pas ainsi. Citant des décisions de la CMQ dans d'autres causes, elle soutient que « (...) la Commission doit chercher l'intention du conseil municipal en tenant compte des éléments précis du Plan d'urbanisme comme affectation du sol (...).»

La juge ajoute à sa pensée: «Or, le choix clairement exprimé du conseil municipal d'autoriser ce projet à cet endroit constitue une question d'opportunité qui relève strictement de celui-ci.»

Le plan d'urbanisme doit être pris comme un tout, dit-elle en substance. «Elle (la Commission) ne doit pas isoler différentes dispositions du Plan d'urbanisme ou du PPU (NDLR: plan particulier d'urbanisme) qui, prises séparément, pourraient démontrer une non-conformité. Elle doit tenir compte de toutes les dispositions dans leur ensemble et de l'intention claire, précise et spécifique de la Ville comme celle de créer une zone de forte intensité résidentielle au coeur de son PPU.»

Du côté de la Ville, la décision a été accueillie avec joie. «On est très satisfaits, c'est certain», a indiqué la mairesse suppléante, Sylvie Beauregard, jointe mardi soir. «On avait confiance. On avait confiance en notre personnel à l'urbanisme. Ils ont fait un bon travail pour préparer notre nouveau plan.»

Mme Beauregard croit que le projet de résidence pour personnes âgées a mal été compris par une partie de la population. «Un cas isolé», a-t-elle dit à propos de l'ensemble du plan d'urbanisme.

Pas de craintes

Contrairement aux opposants, Mme Beauregard ne croit pas que des problèmes d'achalandage automobile nuiront au secteur. Le projet ne nuira pas non plus au lac Davignon, situé tout juste à côté du site lorgné par les promoteurs, ni aux nombreux arbres centenaires sur le terrain. Des règles strictes, comprises dans le PPU, encadreront la construction de l'édifice. «On n'a pas décidé ça en cinq minutes. On a vraiment évalué le projet, assure-t-elle. «Il va y avoir une surveillance; il n'y a pas de craintes à avoir.»

La construction de l'édifice répond à un besoin de logements pour personnes âgées, a affirmé la mairesse suppléante.

Le conseil peut donc maintenant adopter son nouveau plan d'urbanisme. Il devra tenir un registre pour les citoyens souhaitant qu'un référendum soit organisé. Pour ce faire, 500 signatures devront être recueillies.

Les opposants évaluent leurs options

Membre du groupe d'opposants, Ghyslain Vallières s'est dit déçu de la décision. Il maintient que la Ville a tout mis en oeuvre pour favoriser des promoteurs immobiliers au détriment de la population.

«On s'est arrangé pour que la scène et le décor permettent d'accueillir une pièce de théâtre montée par des hommes d'affaires», a-t-il lancé en guise de métaphore.

Comment le conseil peut-il affirmer protéger le patrimoine du secteur en autorisant un tel projet? se demande M. Vallières. «On sacrifie notre seule rue patrimoniale. Que restera-t-il à protéger maintenant? C'est insensé.»

L'ancien conseiller municipal soutient que l'affaire n'est pas entendue. Des options de contestation restent disponibles, notamment un recours devant la Cour supérieure. Des fonds sont amassés dans cette optique, a-t-il indiqué.

Le groupe de citoyens se rencontrera dans les prochains jours pour analyser le jugement et décider de la suite des choses, a dit M. Vallières.

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