Manège équestre: la SACS pourrait relancer l'appel d'offres

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Luc Fournier, directeur général du COJEM

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) La Société d'agriculture du comté de Shefford (SACS) pourrait devoir relancer le processus d'appel d'offres pour la construction du manège équestre. Ceci parce que plusieurs conditions n'ont pas été respectées, tant par l'entrepreneur que par la SACS, qui pilote le dossier des infrastructures de la compétition à grand déploiement, prévue à Bromont en 2018.

«La SACS a voulu bien faire dans le dossier en présentant un manège qui plairait aux gens de Bromont. Mais ça a allongé les délais. L'entrepreneur a manqué de temps pour évaluer les changements et du côté de la SACS, ils ont manqué de temps pour confirmer le financement du projet. Alors on va vraisemblablement devoir retourner en appel d'offres», a indiqué en entrevue le directeur général du Comité organisateur des Jeux équestres mondiaux (COJEM), Luc Fournier. Celui-ci a précisé que le contrat ratifié le 8 janvier entre la SACS et Construction C.A.L, la compagnie qui a remporté l'appel d'offres, prévoyait un délai de 60 jours pour remplir ces deux conditions, soit au plus tard le 8 mars.

L'objectif budgétaire pour construire le manège est de 8 325 000 $. Le contrat a été octroyé à Construction C.A.L pour la somme de 8 194 866 $.

Or, pour éviter d'avoir à relancer l'appel d'offres, la variation des coûts de construction ne doit pas dépasser 10 % du montant de la soumission initiale. «Dans un contexte comme ça, l'entrepreneur a le droit de se retirer complètement du projet. Il peut aussi faire une entente de gré à gré [avec la SACS] et rester. Ce qui serait très surprenant», a fait valoir M. Fournier.

Financement

En ce qui concerne le budget des Jeux équestres mondiaux (JEM), le COJEM prévoit environ 72 M$ pour les opérations. Une somme de 20 M$ est estimée en immobilisations, entre autres pour la construction du manège équestre. «Avec une partie d'imprévus, ça devrait tourner autour de 95 M$», a-t-il mentionné.

Rappelons que le budget global présenté initialement était de l'ordre de 68 M$. Plusieurs données ont pesé dans la balance pour faire grimper cette estimation, notamment la chute du huard, a expliqué M. Fournier. «La faiblesse du dollar canadien nous fait très mal. Si on prend les juges pour les compétitions, je dois les payer en euros, a-t-il cité en exemple. Alors je n'ai pas le choix de faire avec. C'est la même chose pour une foule d'autres choses.»

Pour sa part, Bromont a contribué aux Jeux à hauteur de 2 M$. Du côté des bailleurs de fonds privés, l'horloger suisse Longines, commanditaire de la Fédération équestre internationale (FEI), a accordé 3 M$ pour la tenue de l'événement en sol bromontois.

Là où le bât blesse, c'est que le COJEM et la SACS fondent beaucoup d'espoir sur Investissement Québec pour soutenir financièrement les JEM. La société parapublique semble toutefois frileuse à emboîter le pas en octroyant plusieurs millions de dollars. «Investissement Québec a deux dossiers avec les Jeux. Un avec le COJEM, qui garantit les paiements à la FEI [Fédération équestre internationale], puis un autre pour les infrastructures. Les deux ont été regroupés et je ne sais pas où ça bloque. Ce sont eux qui ont le gros bout du bâton, alors on attend. Mais c'est certain qu'on a hâte que ça bouge», a concédé M. Fournier.

Délais

De son côté, le DG du COJEM ne souhaite pas relancer l'appel d'offres «tant qu'il n'aura pas de garanties de financement d'Investissement Québec». «On ne veut pas faire travailler les gens pour rien», a-t-il dit.

M. Fournier a estimé à près de deux mois et demi les délais supplémentaires advenant un «retour à la case départ». «Au COJEM, on est capables de vivre avec un nouvel appel d'offres. On n'aurait pas le manège pour cet été, mais on serait prêts à le tester en 2017.»

Il n'a pas été possible d'obtenir les commentaires de la SACS dans le dossier.

Des citoyens remettent les Jeux en question

Un comité de citoyens de Bromont, chapeauté par François Bachand et Pierre Lizotte, inquiets de la gestion du dossier des Jeux équestres, a poussé l'analyse de celui-ci un cran plus loin. Après des mois à colliger les informations, le groupe a déposé officiellement un mémoire à la dernière séance du conseil.

«Depuis le début, on nous lance des chiffres à droite et à gauche. On nous fait miroiter un legs incroyable après la tenue des Jeux pour les Bromontois. Mais quand on se met à fouiller le dossier, à creuser, on se rend compte qu'on est en train de se faire passer un sapin. La population a le droit de savoir la vérité», a indiqué François Bachand, qui suit le dossier depuis le tout début.

«Et du côté des chiffres, ça ne tient pas plus la route», a poursuivi Pierre Lizotte.

Le collectif déplore principalement le manque de «transparence, d'éthique, de gouvernance et de respect» des dirigeants qui pilotent le dossier des JEM.

«Il y a tellement eu de désinformation depuis le début, a fait valoir M. Bachand, précisant que le mémoire a notamment été présenté aux dirigeants de la Caisse Desjardins de la Haute-Yamaska et envoyé à Investissement Québec, tous deux liés au financement du projet. On nous a parlé que Montréal et Bromont étaient coorganisatrices des Jeux pour nous en mettre plein la vue. Pourtant, on a reçu une lettre de la Ville de Montréal nous disant qu'ils ne participent pas au projet.»

De son côté, le directeur général du COJEM, Luc Fournier, tend à minimiser la valeur d'un tel mémoire. «C'est clairement des gens qui veulent faire tomber les Jeux. Quand on dit que Montréal ne fait pas partie du dossier, ce n'est pas vrai. Je fais affaire avec Tourisme Montréal, alors c'est assez évident que la Ville est dans le coup. Les gens ont droit à leur opinion, mais il faut dire la vérité.»

Le mémoire est disponible via le lien fichier-pdf.fr/2016/02/26/memoire-jem-2018-1/

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