Échanger pour la sécurité économique des femmes

Annie Boulanger, directrice de la Maison de la... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Annie Boulanger, directrice de la Maison de la famille des frontières, a présenté un projet visant à stimuler l'implication des pères de famille.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

C'était jour de première, mardi après-midi, au Hameau l'Oasis de Dunham. Le Chantier réseautage Brome-Missisquoi en égalité s'y tenait, rassemblant environ 25 acteurs - surtout des actrices - impliqués dans le milieu. Le thème central des présentations et des échanges qui ont suivi: la sécurité économique des femmes.

Organisatrice communautaire au CLSC Farnham et une des instigatrices du projet, Marie-Hélène Plante percevait un manque de rayonnement de différents services, qui peinaient à rejoindre leur clientèle cible.

«Est-ce qu'on peut s'entraider pour aller plus loin, pour que les services qu'on offre déjà se rendent aux bonnes personnes?», raconte-t-elle s'être demandé.

La démarche est issue d'un processus qui a commencé en mai 2012. D'abord, le portrait de la situation économique des femmes du milieu a été dressé. Ensuite, de nombreuses pistes de solutions ont été émises et cinq grands chantiers ont été lancés: la conciliation travail-famille; l'engagement social des femmes; la sécurité alimentaire; la sensibilisation aux causes de la pauvreté et des inégalités; et finalement, l'échange d'information.

«Le réseautage, c'est payant, affirme Andréanne Larouche, chargée de projets pour Brome-Missisquoi en égalité. [...] De connaître ce qui se fait, de pouvoir référer, d'avoir une idée [...] c'est essentiel! C'est comme ça que le maillage se fait et qu'on réussit à trouver des solutions à un problème parfois qu'on a si on reste isolés chacun dans notre organisme».

Plus qu'une pub

Parce que si les organismes se connaissent entre eux, cela ne signifie pas nécessairement que les services offerts ne demeurent pas méconnus. C'est pourquoi une douzaine de présentations ont été réalisées mardi.

«L'idée c'est que souvent, quand on fait des tables de concertation, les gens vont donner les nouvelles. [...] Tandis que là, le fait d'avoir eu le cinq minutes, contrairement à des rencontres où on a moins le temps de parler, ça permet d'aller dans le concret. [...] Je pense qu'une rencontre comme aujourd'hui permet de comprendre un peu, je dirais, l'enjeu. Ce n'est pas juste une publicité», explique Marie-Hélène Plante.

Elle se dit «très satisfaite» des échanges qui ont eu lieu au cours de l'après-midi. Et elle ne semble pas la seule puisque déjà, l'idée de remettre ça l'an prochain a été émise par des participants à la fin de l'activité.

«C'était une première tentative, il faudra voir un peu comment on peut réussir à aller chercher plus de gens. Il fallait l'essayer un peu pour le tester. On sait un peu plus ce que ç'a donné, donc je pense qu'on va être plus capables de le revendre», a mentionné l'organisatrice communautaire.

Le nerf de la guerre

La question monétaire est revenue à quelques reprises au cours des échanges. Les ponctions budgétaires du gouvernement Couillard dans le domaine communautaire n'y ont pas été abordées avec positivisme. Mme Plante dénonce les coupes qui touchent, selon elle, «les plus mal pris».

«En majorité, c'est les femmes qui se ramassent avec le fardeau», soutient-elle.

«Même au-delà des programmes, c'est encore plus sournois que ça, ajoute Andréanne Larouche. Parce que dans le fond, les coupures se font principalement dans des secteurs où les femmes sont majoritaires, c'est-à-dire en santé, en éducation [...] Les commissions scolaires, aussi, ont fait des coupures. C'est un des seuls niveaux de gouvernement où les femmes sont vraiment à parité avec les hommes. Quand on dit que ça touche à différents aspects et que oui, les femmes sont directement touchées par l'austérité, c'est ça effectivement».

Les hommes

Il a également été question des hommes lors de la rencontre. La Maison de la famille des frontières a présenté un projet visant à stimuler l'implication des pères de famille. Annie Boulanger, directrice, y a expliqué comment l'organisme avait adapté son message pour rejoindre les papas, susciter leur intérêt. Marie-Hélène Plante se désole d'avoir constaté, sur le terrain, qu'il est encore aujourd'hui plus difficile pour les hommes de s'absenter du travail pour des raisons familiales, que le réflexe reste de se tourner vers les mères de familles, ce qui a un impact sur la carrière de celles-ci.

«Pour aider les femmes, c'est l'ensemble de la communauté qu'il faut aider. [...] Quand on parle des parents, l'implication des pères dans la famille est essentielle».

Fières d'avoir abordé une foule d'autres sujets, allant de l'hypersexualisation chez les jeunes à l'implication politique des femmes, les organisatrices de l'événement croient tenir une formule intéressante, qui aura permis de créer des contacts entre intervenants. Elles prévoient une rencontre le 31 mars prochain, afin de faire bilan plus complet.

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