Fugues: le manque de financement pointé par un expert

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Le rapport accablant produit sur le sujet par le vérificateur André Lebon a été rendu public mardi par les ministres Lucie Charlebois et Martin Coiteux.

La Presse Canadienne

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Jocelyne Richer
La Voix de l'Est

(Québec) Les coupes budgétaires effectuées par le gouvernement libéral ont contribué à aggraver le problème des fugues de jeunes filles placées en centre jeunesse, selon un expert appelé en renfort par le gouvernement pour dresser un constat de la situation.

Le rapport accablant produit sur le sujet par le vérificateur André Lebon a été rendu public mardi par les ministres Lucie Charlebois et Martin Coiteux.

Il avait été commandé il y a un mois pour faire la lumière sur la série de fugues de jeunes filles survenues au centre jeunesse de Laval.

À Québec, on s'inquiétait de voir des adolescentes placées dans ce centre devenir des proies faciles pour les proxénètes cherchant à les entraîner vers la prostitution.

L'auteur exhorte le gouvernement à hisser au rang de priorité nationale la lutte aux fugues en centre jeunesse.

Il trace un lien de cause à effet entre l'augmentation du nombre de fugues et les problèmes de financement des centres jeunesse.

«Il est futile de penser réduire les fugues ou mieux accompagner les jeunes filles en cause s'il y a en même temps fugue/fuite du financement et des compétences», écrit-il dans son rapport, en caractères gras.

«Turbulence»

Les coupes ont entraîné une «turbulence» dans le personnel d'encadrement, des départs et des réaffectations. «Tout ceci a contribué à une certaine désorganisation des services sur le terrain», ajoute-t-il.

Un autre enjeu relié à ces fugues d'adolescentes porte sur le degré de liberté de mouvement à leur accorder. Présentement, elles peuvent aller et venir du centre jeunesse sans problème.

À ce sujet, M. Lebon recommande une voie mitoyenne entre le verrouillage des portes et la liberté de mouvement totale. Il croit qu'une «transition» devrait être prévue entre ces deux options pour les cas problèmes.

L'approche transitoire privilégiée devrait donc tenir compte «des facteurs de risque pour les jeunes dont la fugue est soit chronique, soit une façon de se mettre en danger».

M. Lebon propose aussi la création d'un observatoire qui verrait à revoir les pratiques, en réfléchissant plus particulièrement à celles visant les clientèles les plus à risque de fuguer et de se laisser séduire par les proxénètes.

Il note que le nombre de fugues est en hausse partout au Québec, donc pas seulement à Laval. Et il rappelle du même souffle que les deux tiers des jeunes, environ, ne fuguent jamais.

Toute l'attention devrait être centrée sur les 25 pour cent de jeunes qui sont «à haut risque», plaide M. Lebon.

Charlebois au travail

En point de presse, cherchant à rassurer les parents, Mme Charlebois a dit être «déjà au travail» et a promis de «se pencher de plus près là-dessus».

L'opposition péquiste n'a pas tardé à dénoncer l'inaction du gouvernement dans ce dossier et critiquer ses choix budgétaires.

Le critique péquiste, le député Jean-François Lisée, a pointé du doigt la pénurie de ressources à l'origine du problème, soit le manque d'intervenants dans les centres jeunesse, dû aux coupes effectuées par le gouvernement libéral.

«Le gouvernement Couillard a coupé 20 millions $ par année dans les centres jeunesse», a-t-il rappelé.

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